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Chapitre 1  Introduction

1.1  Introduction

La physique moderne, en tant que science mathématique, commence, dans son principe, avec Galilée et, dans les faits, avec Newton. Newton élabore, en partie à partir d'élément déjà existant mais épars (la notion de quantité de mouvement, par exemple, que l'on doit à Descartes (1644 ``Principes II''), philosophe et inventeur des lunettes) et en partie à partir de ses propres constructions (le calcul différentiel et intégral, inventé simultanément par Leibnitz), la première théorie physique mathématisée (1687 ``Principes mathématiques de la philosophie naturelle'' ou ``Principia mathematica ...''). Cette théorie est si puissante qu'elle va être à la base de toutes les recherches menées en physique jusqu'au XIXe siècle.

Néanmoins, après Newton, la physique va évoluer. Si, pendant près d'un siècle, la conception corpusculaire de la lumière de Newton (1672 ``Philosophical Transactions'' et 1704 ``Optique'') masque la conception ondulatoire de Huygens (1690 ``Traité de la lumière''), elle va être discréditée par les travaux de deux chercheurs : Young (travaux effectués entre 1802 et 1807) et Fresnel (travaux effectués entre 1815 et 1819). Ceux-ci établissent que la théorie ondulatoire de la lumière rend aussi bien compte que sa concurrente de tous les phénomènes optiques jusqu'alors observés. Les deux théories cohabitent alors jusqu'en 1849 où Foucault et Fizeau réalisent une expérience sur la vitesse de la lumière dans l'eau qui met en défaut la théorie de Newton. Par la suite (à partir de 1905), avec Einstein, la conception corpusculaire va reprendre vie pour finir par coexister, de nos jours, avec la conception ondulatoire sous la forme d'une compréhension simultanément ondulatoire et corpusculaire de la lumière.

Elle évolue aussi considérablement durant cette période dans la connaissance des phénomènes électriques et magnétiques. Cette évolution, dont nous allons reparler ci-dessous, se fait tout naturellement à partir de la conception corpusculaire (pour ne pas dire atomiste) de la matière de Newton et par la recherche de lois d'interaction (loi de force) entre les charges, les courants et les aimants de la même forme (en 1/(distance entre les corpuscules)²) que la loi de la gravitation universelle (de Newton). Les théories sur l'électricité et le magnétisme vont cependant nettement diverger du modèle mécanique (modèle basé sur la théorie mécanique de Newton) en raison de l'impossibilité de préserver en magnétisme la loi de l'action et de la réaction (troisième loi de Newton). Ces théories vont mener à une formulation très complète des lois régissant les phénomènes électriques et magnétiques, formulation connue sous le nom de théorie électromagnétique de Maxwell (1864). Celle-ci utilise des concepts inconnus de Newton, comme la notion de champ, et mène à une vision ondulatoire de la propagation des phénomènes électromagnétiques (comme les phénomènes lumineux) en totale contradiction avec les présupposés mécanistes newtoniens.

A l'aube du XXe siècle, les phénomènes mécaniques sont donc décrits par la théorie de Newton (ou plutôt par une théorie de Newton modernisée mais admettant les mêmes hypothèses : la théorie de Lagrange et Hamilton. Notons que celle-ci dégage un nouveau concept dont le rôle sera crucial durant le XXe siècle : celui d'énergie) et les phénomènes électromagnétiques par la théorie de Maxwell.

Le XXe siècle quant à lui sera une ère nouvelle. Avec Einstein, c'est la reformulation de la loi de la gravitation en terme de champ (de gravitation) menant à une nouvelle théorie de la mécanique. Avec Bohr (et beaucoup d'autres), c'est une fusion des concepts d'onde et de particule pour décrire la matière dans l'infiniment petit : c'est la physique quantique.

1.2  Rappels

1.2.1  Les lois de Newton

Il n'est pas inutile de rappeler les trois lois fondamentales découvertes par Newton. Elles permettent de décrire, à elles seules, l'état et l'évolution de tout système mécanique (c'est-à-dire de tout corps matériel se déplaçant à des vitesses petites par rapport à celle de la lumière).

Première loi (loi d'inertie)

``Tout corps persévère dans son état de repos ou de mouvement rectiligne uniforme, sauf si des forces imprimées le contraignent d'en changer''

Seconde loi (principe fondamental)

La somme des forces extérieures qui s'exercent sur un système est égal à la masse multipliée par l'accélération.

Troisième loi (action et réaction)

``La réaction est toujours contraire et égale à l'action'', ou encore ``les actions que deux corps exercent l'un sur l'autre sont toujours égales et dirigées en sens contraire''.

1.2.2  La loi de la gravitation universelle

Il faut, d'autre part, rappeler la loi de la gravitation universelle :
F=G·
m· M
r3
·r

ou scalairement :
F=G·
m· M
r2

avec : F : force gravitationnelle entre m et M, G : constante de la gravitation universelle et r : distance entre les deux masses.

1.2.3  Conclusion

A partir de ces trois lois fondamentales et de la loi de la gravitation universelle, la grande majorité des phénomènes physique connus au début du XVIIIe siècle pouvaient être décrits. Cela signifie que les lois connues à cette époque pouvaient être déduites des lois de Newton et on peut donc dire en substance qu'elles étaient toute la physique que l'on connaissait alors.


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