Manifestement le phénomène est d'origine électrostatique1. La physique du phénomène (encore mal connue) commence à l'intérieur d'un nuage dans lequel les courants ascendants sont importants et où ...
Figure 2.5 : Éclair
US National Oceanic and Atmospheric Administration
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``... il se produit une séparation des charges électriques au sein du nuage. Depuis la première théorie, imaginée par Lenard en 1892 pour expliquer ce processus, de nombreuses autres théories ont vu le jour. Il est impossible de les citer toutes, mais aucune ne suffit à elle seule à complètement expliquer les faits observés, et il est très probable que plusieurs mécanismes contribuent simultanément à la formation des charges. C'est, par exemple, la théorie de la séparation par collision de fines précipitation avec capture sélective d'ions, envisagée en 1970 par Sartor. D'autres mécanismes sont la rupture des gouttes d'eau, proposée en 1964 par Mattew et Mason, ou encore l'électrisation due au changement de phase de l'eau, proposée en 1966 par Takahashi.La foudre ne fait pas que descendre du nuage, mais monte aussi du sol. De toute aspérité peut en effet monter un précurseur qui peut relier le sol au nuage. Les objets pointus sont des endroits privilégiés pour ces précurseurs, car à proximité des pointes le champ électrique est fort. C'est pourquoi les paratonnerres sont pointus.
Ces théories ont cependant toutes un point commun : une fois les charges séparées, leur transfert [dans le nuage] ne peut avoir lieu que parce que leur porteurs sont de nature différente. Ceux qui portent des charges positives sont assez légers pour être entraînés par les courants ascendants, ceux qui portent les charges négatives sont assez lourds pour tomber malgré ces courants.
Quoi qu'il en soit, le résultat net de ces processus de séparation est que la partie supérieure des nuages orageux , constitués de cristaux de glace, est chargée positivement, tandis que leur base est chargée négativement. Souvent, un îlot de charges positives est enserré dans la masse négative, sans qu'une explication satisfaisante de sa présence ait encore pu être donnée. Les estimations concernant la charge totale formée montrent qu'elle peut être assez variable : on peut admettre que les charges tant négative que positive, sont comprises entre quelque dizaines et le milliers de coulombs, distribuées dans un volume évalué à environ 50 km3.''2
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Coulomb a étudié cette force dans le détail. Pour cela, il a mis au point une balance (voir figure 2.8) permettant de mesurer la force exercée par une charge sur une autre au moyen d'un petit pendule de torsion, une tige horizontale isolante munie à chacune de ses extrémités d'une petite boule métallique chargée et attachée en son milieu par un fin fil de suspension vertical. A l'approche d'une charge extérieure chargée, ce pendule tournait d'un angle déterminé en ramenant le pendule dans sa position originale par torsion du fil vertical. Connaissant la force nécessaire pour tordre ce fil d'un tel angle, il déduisit l'expression de la force électrique en fonction des charges en présence et de la distance qui les séparait.
| F=k· |
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·r |
| F=k· |
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à distance, instantanée, s'exerçant le long de la droite joignant deux corps ponctuels ou sphériques, proportionnelle au produit des masses de ces corps et inversement proportionnelle à leur distance au carré.Or, tout en décrivant un domaine de la physique radicalement différent de la gravitation, la loi de Coulomb conserve les mêmes caractéristiques que celle-ci. L'analogie est si forte que les quantités q et Q sont traduites en termes de corpuscules, ce que rien n'autorisait alors à faire (rappelons que la découverte de l'électron date de 1891 avec Stoney, que la première théorie de l'électron date de 1895 avec Lorentz, que l'électron ne fut abordé par Bohr au sein d'une théorie atomique qu'en 1913 et que le proton ne fut découvert qu'en 1919). Ainsi a-t-on considéré la loi de Coulomb comme une confirmation de la théorie newtonienne en raison de son identité formelle avec la loi de la gravitation. Ainsi a-t-on aussi par la même occasion entériné les positions corpusculaires de Newton en ce qui concerne la lumière.
``Avec la théorie de Maxwell [et Faraday] de l'électricité, écrit Einstein, la théorie du mouvement de Newton, conçue comme programme valable pour l'ensemble de la physique théorique, a connu sa première mise en question. Il s'avéra que les interactions entre corps électriques et magnétiques ne sont pas dues à des forces s'exerçant à distance et à effet instantané, mais à des processus qui se propagent dans l'espace et à une vitesse finie. D'où l'apparition, dans la conception de Faraday, à côté du point matériel et de son mouvement, d'une nouvelle sorte de chose physique réelle : le champ''5.De plus, le concept de force, pensé sur le modèle de l'attraction universelle, c'est-à-dire en termes d'action instantanée, à distance et selon la ligne qui joint deux corps, ne permet pas de décrire des forces comme la force magnétique ``qui, au lieu d'agir en ligne droite, font subir une rotation (et non un déplacement en ligne droite le long de la direction de la force) aux corps qui y sont soumis''6. Le concept de champ permet donc:
``un champ réel est une fonction mathématique que nous utilisons pour éviter d'utiliser la notion d'action à distance. Si nous avons une particule chargée au point P, elle est affectée par les autres charges localisées à une certaine distance de P. Un moyen de décrire l'interaction est de dire que les autres charges créent certaines conditions - quoi que cela puisse être - au voisinage de P. Si nous connaissons ces conditions, que nous décrivons par la donnée des champs électriques et magnétiques, nous pouvons déterminer complètement le comportement de la particule - sans autre référence à la façon dont ces conditions ont été créées.
En d'autre termes, si ces autres charges ont été modifiées d'une certaine façon, mais si les conditions en P décrites par les champs électriques et magnétiques en P demeurent les mêmes, alors le mouvement de la charge sera aussi le même. Un champ ``réel'' est un ensemble de nombres que nous caractérisons de telle sorte que ce qui se passe en un point dépend seulement des nombres en ce point''7.
L'expression en terme de force F est alors :
| F=k· |
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·r |
L'expression en terme de champ électrique E est alors :
| E= |
|
| E= |
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=k· |
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Figure 2.12 : Cas a)
Figure 2.13 : Cas b)
Figure 2.14 : Cas c)
On peut conclure de la présentation de ces cas que le champ électrique produit par une charge positive a un sens ``sortant'' de la charge positive (cas c et d). Alors que le sens du champ produit par une charge négative ``rentre'' dans celle-ci (cas a et b). Par ailleurs, l'action du champ sur une charge positive, c'est-à-dire la force qu'il (le champ) exerce sur cette charge, s'exerce dans le même sens que celui du champ (cas a et d). Par contre, l'action du champ sur une charge négative s'exerce elle dans le sens contraire de celui du champ (cas b et c). On peut voir cela de la manière suivante :
Figure 2.15 : Cas d)
Notons encore que le champ électrique est une grandeur vectorielle et que deux champs électriques (ou plus) s'additionnent donc en tant que telle. Ainsi, si plusieurs charges créent chacune un champ électrique, alors le champ électrique total en un point de l'espace sera la somme vectorielle des champs créés par chacune des charges (comme pour la force on a donc un principe de superposition des champs).