L’ordre de l’argent

Un livre fondamental où la critique de l’argent mène à questionner fortement sa nécessité dans un monde où il est roi. Histoire et philosophie de la notion d’argent sont présentées pour montrer que l’argent, loin de rassembler les gens, rompt le lien social qu’un échange sans son intermédiaire crée. C’est pour ne pas devoir rendre qu’on paie et c’est donc pour s’éviter un retour social qu’on le fait. L’argent en tant que tel joue donc un rôle majeur dans le développement de l’individualisme actuel.

D’autres pistes sont évoquées, comme le troc. Mais c’est surtout «le don comme fait social total» qui est mis en avant, comme il se pratique au sein de la famille où il ne viendrait à personne (bien que) de payer la maîtresse ou le maître de maison pour faire à manger. «L’ordre de l’argent» montre qu’il est tout à fait envisageable de généraliser le don comme créateur d’un lien social plus important que la capitalisation de monnaie.

On peut donc s’en passer pour autant que les conditions de vie soient garanties. Mais elles ne doivent pas l’être par l’argent et en ce sens le revenu inconditionnel n’est pas une bonne idée, bien qu’il puisse être une garantie provisoire d’existence, le temps de permettre à chacun de retrouver un lien avec la production de comestibles pour son propre usage et à donner.

Il n’est pas illusoire de pratiquer ainsi. Au moins deux initiatives sont à souligner dans ce domaine : le mouvement des incroyables comestibles et celui des logiciels libres qui tout deux donnent inconditionnellement ce qu’ils produisent. Et dans les deux cas, on sait l’immense création de lien social que ces mouvements ont amenés.

Les idées noires de la physique

Très beau livre à la croisée de la physique et de la philosophie. L’exploration de l’idée de noir est lumineuse, serais-je tenté de dire. L’interdisciplinarité assumée ici est d’une très grande richesse, même si on ne va pas jusqu’à «marcher dans la nuit noir» au sens de la biologie. Le format du livre, le choix du noir et blanc et évidemment les figures qu’il contient sont simplement magnifiques.

Les véganes vont-ils prendre le pouvoir ?

Pourquoi assujettir les animaux comme on le fit des esclaves ? Livre fondamental qui montre qu’aucune raison objective ne le justifie.

Tous les arguments généralement donnés pour se donner la bonne conscience d’une obligation de manger de la viande sont ici réfutés clairement. Un livre qui donne aux véganes le rôle des anti-esclavagistes d’une époque qui lutta autant pour maintenir l’esclavage que pour s’en débarrasser. Un livre qui en fait les promoteurs d’une éthique incontestable.

Grand ouvrage.

Main basse sur nos forêts

Livre terrible qui montre comment des entreprises malveillantes tentent de faire aux forêts ce que l’agriculture intensive, de monoculture et de pesticides, a fait dans les champs.

Les forêts sont aujourd’hui gérées par des hommes avides d’argents qui n’ont qu’un objectif : la production de bois le plus rapidement possible. Pour cela l’utilisation de machines est nécessaire et elle détruit simplement tout ce qui est nécessaire à la croissance de la forêt (organismes vivants, humus, …) et entraîne nécessairement alors l’utilisation de la chimie pour soutenir le production. La monoculture agricole s’impose alors avec tous ses problèmes dans un lieu qu’il faudrait préserver de la rapacité de ces hommes.

Une alerte lancée pour démontrer que les même mécanismes capitalistes sont à l’œuvre partout. Un livre important.

L’âge des low tech

Un livre exceptionnel qui montre que seule la décroissance est viable. Les problèmes des matières premières, celui des déchets, celui de l’emploi, etc y sont abordés sans concession. Seul petit bémol, une comparaison sans fondement entre l’éolien et le nucléaire quant à sa complexité et même si l’auteur mentionne que celle-ci est faite sans tenir compte des risques, elle les oublie un peu trop me semble-t-il. Mais cela ne doit pas occulter une profonde analyse des problèmes globaux posés à notre monde par la technologie.

Un iceberg dans mon whisky

Après un livre fabuleux sur les ludittes et la résistance aux machines, Nicolas Chevassus-au-Louis s’attaque à la science actuelle. Ou plutôt aux technologies qui n’ont pas fonctionnées. Sujet encore une fois passionnant et révélateur des dimentions idéologiques attachées à toiut technique. Autant historiquement qu’épistologiquement, ce livre éclaire la science d’un jour à la fois sombre et humain, lâche et intéressé, mais aussi passionné et enhivrant. Bel ouvrage.