1. Pourquoi relever ses mails en ligne de commande

Un moine tibétain de quelque 70 ans s’est dit un jour : «construire des routes, cela je n’avais jamais fait, je ne sais pas faire, j’ai donc décidé de le faire». Il a donc vendu ses terres pour acheter une pelle-mécanique et a construit une route de plusieurs kilomètres pour le bien de sa communauté. Pour celle-ci le déplacement à cheval est lent et la route permet la civilisation. La civilisation du treck, la civilisation des touristes «qui amènent les déchets plastiques et détruisent les fleurs» selon une occidentale.

La curiosité n’est pas un vilain défaut, la facilité oui. Pendant la construction de sa route, le moine voit un cycliste qui pousse péniblement son vélo dans les cailloux. Il a de la peine pour lui, car «il n’apprend rien, il est juste venu pour faire un voyage». Alors qu’avec sa route, «il y a des voitures qui vont arriver», dit avec bonheur une habitante du bout de la route. Mais pour un autre, la route apportera pollution et maladies … La route ouverte, un autre encore est fier de pouvoir dire qu’il peut  maintenant vendre aux enfants de petites pelles-mécaniques en plastiques. «Mais le progrès ne s’arrête pas là, des panneaux solaires ont pu être amenés, c’était impensable sans la route» et le moine conclut, «j’ai pu le faire, j’espère que d’autre comprendrons qu’il le peuvent aussi».

Celle qui va tout changer, « Inde du Nord, une route pour Kargyak », France5, documentaire 2017.

Alors pourquoi un maileur en ligne de commande ? Parce que la solution de facilité ne nous apprends rien et que le moine à tort, la pelle-mécanique n’apporte pas le bonheur. Il a tort aussi d’avoir pitié d’un cycliste dont le chemin de croix à travers les rochers est le même que le sien sans l’illusion de ce qu’il va apporter. Mais peut-on lui donner tort de parcourir son propre chemin.

Envoyer ses mails en ligne de commande c’est parcourir un chemin sans espoir, mais pour le seul bonheur d’apprendre que la route est la plus longue possible et qu’elle libère.

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