18. Processus en avant/arrière plan

Ce thème de la gestion de la ligne de commande est quelque peu plus complexe que les autres. Il est déroutant, car les raisons pour lesquelles on devrait s’y intéresser ne sont pas évidentes et il peut sembler à priori qu’elles sont même contre productives. Car, même la ligne de commande suppose l’utilisation de fenêtres graphiques. Généralement, lancer un terminal consiste à ouvrir la fenêtre d’un environnement graphique lui correspondant. Par exemple, on lance Terminator à partir du bureau LXQT ou LXDE. Un terminal apparaît donc finalement comme un simple programme particulier, à l’instar d’un navigateur qu’on lance depuis son interface graphique. Pour visiter un site internet, il ne viendrait cependant plus aujourd’hui à l’idée de lancer une instance de Firefox par site visité. Si ce fut le cas au début du net, aujourd’hui on utilise des onglets. Un navigateur apparaît donc comme un programme capable de faire plusieurs choses en même temps et cela sans qu’il soit nécessaire de le quitter.

En un sens, la gestion des processus s’apparente à la gestion des onglets d’un navigateur. Quelles sont les raisons qui poussent à l’utilisation d’onglets dans un navigateur ? On peut en voir plusieurs :

  • on peut changer de site et donc de travail sans fermer celui qui est en cours,
  • on peut grouper des tâches selon des ensembles cohérents de travaux,
  • on peut faire communiquer certains onglets et bénéficier des réglages déjà prédéfini,
  • on peut mieux gérer les problèmes de place dan la fenêtre.

Pour justifier l’intérêt qu’on peut porter à l’étude de la gestion des processus, de la même manière on peut reprendre les points ci-dessus en y ajoutant le fait que celle-ci est très importante dans deux cadres différents :

  • l’utilisation de commandes distantes comme celle de ssh et
  • l’utilisation d’un ordinateur sans aucune interface graphique.

Avant de se lancer dans les différentes méthodes de gestion des processus, remarquez qu’un terminal comme Terminator permet l’ouverture de plusieurs terminaux dans la même fenêtre et même le passage de chaqu’un d’eux en « avant plan », à l’aide de l’équivalent clavier Maj-Ctrl-X (voir l’article http://www.cvgg.org/wordpress/blog/4-terminator-pour-la-ligne-de-commande/). Plus, Terminator permet une gestion de groupement de terminaux, d’onglets, etc, qui est très puissante, mais n’est fonctionnel que dans le cadre de ce programme.


La première commande à connaître est la classique « esperluette ». Classiquement, lorsqu’on lance un programme en ligne de commande en invoquant son seul nom, on bloque le terminal qui attends l’affichage d’informations venant de celui-ci.

Pour rendre la main au terminal et faire passer la commande en arrière plan, il suffit de la terminer par une esperluette :

Texmaker &

Le terminal retourne alors entre crochets le numéro du processus en arrière plan de la console et le numéro d’identification du processus PID permettant de le tuer.

Deux problèmes persistent cependant :

  • les messages et les erreurs de la commande continuent à arriver dans la console dans laquelle on travaille sur de novelles commandes et
  • si on ferme le terminal, la commande en arrière plan est tuée.

Pour résoudre le premier problème, il suffit de rediriger les messages et les erreurs soit sur un fichier, soit à la poubelle :

Texmaker 1>/dev/null 2>/dev/null

Ci-dessus, on a redirigé la sortie standard (1>) et l’erreur standard (2>) vers la poubelle.

Pour résoudre le second problème, il faut abandonner l’esperluette.


La commande « nohup » résous automatiquement les deux problèmes ci-dessus. Elle envoie automatiquement la sortie de la commande dans un fichier nommé nohup.out et elle permet de fermer le terminal sans que la commande ne soit tuée. Attention, un Ctrl-C la tue.

Mais, malheureusement, on ne récupère pas le terminal. On peut donc fermer la fenêtre du terminal sans que l’application ne soit fermée, mais elle est alors complètement détachée du terminal.


Il est donc préférable d’avoir recours à des déplacements des processus en avant et arrière plan. Pour cela, il faut pouvoir arrêter et redémarrer les processus. En effet, il est nécessaire qu’un processus soit en mode pause pour pouvoir le déplacer.

Pour mettre un processus qui fonctionne déjà alors qu’il n’a pas été mis en arrière plan par l’action de l’esperluette, on a recours à :

Ctrl-Z

Par l’action de cet équivalent clavier, on stoppe le processus provisoirement et on rend la console à son utilisateur. Il peut alors passer le processus en arrière plan tout en le redémarrant par la commande :

bg

pour background. Le processus fonctionne alors en arrière plan, comme s’il avait été lancé directement en arrière plan par l’esperluette. Mais, il reste lié à la console et est tué si on la ferme.

Pour récupérer le processus en avant plan, il suffit d’utiliser la commande « fg » pour foreground ou si plusieurs commandes sont en arrière plan la commande suivie de son numéro dans la console :

fg %1

On voit qu’aucune de ces solutions ne sont totalement satisfaisantes, car soit on ne récupère pas la console, soit le processus se termine avec celle-ci.

Pour une solution plus complète, voyons maintenant « screen ».

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