27. Git et les branches

Git est un formidable outil de suivi de version que j’utilise quotidiennement pour mes scripts (LaTeX, python, bash, …). Il n’est pas nécessaire de faire de la programmation pour l’utiliser. Je vais ici présenter la manière de réaliser un travail sur deux branches d’un script LaTeX versionné sous git.

La raison du passage sur une autre branche que « master » tient dans l’évolution du module « siunits » vers la version plus performante « siunitx ». Ces deux modules sont incompatibles, car la commande principale « \units{…}{…} » du premier a été remplacée par « \SI{…}{…} » dans le second. Or, le nombre d’occurrences de cette commande dans mon script étant important et des spécificités d’écritures propres au module « siunits » étant possibles, il était dangereux de travailler directement sur la branche « master ». On va donc créer une branche « unites », travailler sur celle-ci et quand toutes les modifications seront faites et que la compilation sera à nouveau fonctionnelle, on fusionnera les modifications faites dans la branche « unites » dans « master ».

Voici comment on peut procéder. Avant de créer une nouvelle branche, on vérifie qu’il n’existe que la branche master grâce à la commande :

git branch

qui devrait retourner « master » (en pressant sur Q on revient à l’invite de commande). On peut voir l’ensemble des branches avec leur dernier commit grâce à :

git branch -v

Avant le nom de la branche se trouve une étoile (*) qui montre la branche sur laquelle on se trouve actuellement.

On crée alors la nouvelle branche ainsi :

git branch unites

La commande « git branch » précédente retourne alors non seulement « master » mais aussi « unites ». La branche « master » reste cependant la branche de travail, comme le montre la présence de l’étoile devant celle-ci.

La branche « unites » est donc créée. Mais si on effectue des modifications sur les fichiers du dépôt, ces modifications seront reportées sur la branche « master ».

Pour changer de branches, il faut utiliser :

git checkout unites

La commande « git branch » présente alors une étoile devant la branche « unites ». On est sur la nouvelle branche.

On peut alors effectuer des modifications sur les fichiers du dépôt, comme par exemple, ajouter une ligne de commentaire : « % blabla » dans le fichier principal, main.tex par exemple.

Ensuite, on vérifie que les changements existent pour cette branche :

git status

Puis, on les ajoute pour le commit :

git add .

On effectue le commit :

git commit -m 'Ajout commentaire'

Et on verse ce commit au dépôt :

git push -u origin unites

et non :

git push -u origin master

puisque sur le dépôt « origin », on veut atteindre la branche « unites ».

Si maintenant, on veut revenir à la branche « master », il faut savoir qu’il est nécessaire d’avoir réalisé toutes les opérations de commit précédemment. Sans quoi le changement ne sera pas autorisé.


Et là on assiste à un miracle. Oui, oui, un miracle. Car en revenant à la branche « master » par :

git checkout master

et en éditant le fichier main.tex, on peut constater la disparition du commentaire.

Pour moi, c’est simplement fou, car cela signifie qu’en changeant de branche, l’ensemble des modifications réalisées sur la branche « unites » a été annulé. Toutes les modifications ont disparu. Et quand on retourne sur la branche « unites », le miracle continue, le commentaire réapparaît, ce qui signifie que toutes les modifications sont revenues.

On peut ainsi, sur la branche « unites » effectuer une compilation, qui peut bien ou mal se dérouler, quand on reviendra sur la branche « master », tous les fichiers issus de la compilation du main.tex de cette branche seront restaurés et une nouvelle compilation se déroulera correctement.

Il faut renouveler le WAHOO du miracle qui s’est accompli et évidemment les milliers de merci à tous les développeurs qui nous fournissent avec bienveillance cet outil formidable.


Après qu’une branche ait été créée, en n’oubliant pas de s’y placer par un checkout, on peut donc travailler en toute tranquillité sur celle-ci. Dans mon cas, j’ai remplacé le module siunits par siunitx dans un fichier contenant le préambule de mon fichier .tex principal. Puis, dans plein d’autres fichiers, j’ai du changer la commande LaTeX \unit{…}, propre au module siunits, par la commande \SI{…} propre au module siunitx. De plus, pour écrire un symbole d’unité pour l’ampère, par exemple, siunits permet \ampere, alors que siunitx demande \si{\ampere}. Enfin, les chiffres ne pouvant être notés comme \SI{10’000\cdot 10^3}{\metre}, par exemple, en raison du séparateur des milliers et du \cdot, il a fallu convertir cela en \SI{10000e3}{\metre} pour que la compilation fonctionne. Ce fut long.

Entre temps, je pouvais à loisir continuer de travailler sur la branche master pour avancer à la rédaction de mon cours. C’est incroyablement pratique.


Et enfin venu le moment où j’ai fini les modifications liées au module siunitx. Sur la branche unites, j’ai fait une dernière compilation pour vérifier que tout se passait bien et ai considéré la migration du module siunits vers siunitx comme terminée.

Il fallait maintenant fusionner les deux branches, ou plutôt, fusionner la branche unites dans la branche master. Pour ce faire, il faut d’abord de placer sur la branche dans laquelle la fusion doit être réalisée :

git checkout master

Puis, très simplement, faire la fusion :

git merge unites

En quelques secondes tout était prêt. Aucun conflit n’ayant été détecté, j’ai simplement compilé le fichier .tex principal de mon cours pour voir si tout avait bien fonctionné. Ce fut le cas. Tout les changements effectués sur la branche unites étaient passés dans la branche master et celle-ci compilait parfaitement.

Restait une dernière étape à réaliser. Comme aucun changement n’étaient plus à faire sur la branche unites, il fallait la supprimer :

git branch -d unites

Restait en fin à pousser tout cela sur le dépôt distant :

git status
git add .
git commit -m 'Fusion de la branche unites réalisée'
git push origin master

Ce fut une vraie partie de plaisir que je vous souhaite.

Surveillance de masse

Nous reproduisons ici un texte fondamental quant à la compréhension de l’idée qu’aucune technique n’est neutre et que chacune porte en elle-même un projet politique, une vision du monde de part son existence elle-même. Ce texte est reproduit en licence libre sur le site de La Quadrature du Net et c’est pourquoi nous nous permettons de le reproduire tel quel tout en remerciant vivement ses auteurs de la clarté de leurs propos.

EDRi demande l’interdiction de la surveillance biométrique

Posted on14 mai 2020

L’association internationale EDRi, soutenue par La Quadrature du Net, lance une campagne européenne pour faire interdire la reconnaissance faciale et plus généralement la surveillance de masse biométrique. Nous publions la traduction du communiqué de lancement.

À travers toute l’Europe, des technologies de reconnaissance faciale et d’identification biométrique, intrusives et violant les droits, se répandent discrètement dans les espaces publics. Comme la Commission européenne consulte le public à ce sujet, EDRI appelle les États membres de l’UE à garantir que de telles technologies soient totalement interdites, à la fois dans la loi et dans la pratique.

Circulez, y a rien à voir…

À la fin de l’année 2019, au moins 15 pays européens ont expérimenté des technologies de surveillance de masse utilisant l’identification biométrique, comme la reconnaissance faciale. Ces technologies sont conçues pour surveiller, suivre et analyser les individus, pour les noter et les juger dans leur vie quotidienne.
Pire, plusieurs gouvernements l’ont fait en collaboration avec des entreprises technologiques secrètes, en l’absence de débat public et sans avoir démontré que ces systèmes respectent les critères les plus élémentaires de responsabilité, de nécessité, de proportionnalité, de légitimité, de légalité ou de sécurité.

Quelques milliers de caméras pour les gouverner tous

Sans la vie privée, vous n’avez plus de conversations privées avec vos ami·es, votre famille, votre supérieur ou même votre docteur. Votre militantisme et votreengagement pour sauver la planète sont connus de tous et toutes. Si vous lancez l’alerte pour dénoncer un fait d’exploitation ou de corruption, ou si vous assistez à une manifestation politique qui déplaît à votre gouvernement, on peut vous retrouver. Vous perdez de fait le droit d’assister à une cérémonie religieuse ou à une réunion syndicale sans qu’on garde un œil sur vous, le droit d’étreindre votre partenaire sans que quelqu’un vous regarde, le droit de flâner librement sans que quelqu’un puisse trouver ça louche.

La surveillance de masse permanente supprime le droit d’être réellement seul et instaure l’obligation d’être constamment surveillé et contrôlé.

COVID-1984 ?

Les débats autour de la pandémie de coronavirus ont vu naître des idées d’applications et d’autres propositions pour étendre rapidement les systèmes de surveillance, sous couvert de santé publique. Le risque est considérable que les dégâts causés par cet élargissement des mesures de surveillance survivent à l’épidémie. On peut se demander, par exemple, si les employeurs enlèveront les caméras thermiques des bureaux une fois la pandémie passée.

Les systèmes de surveillance biométriques exacerbent les inégalités structurelles, accélèrent la création de fichiers et de « profilages » illégaux, ont un effet intimidant sur les libertés d’expression et de réunion, et limitent les capacités de chacun·e à participer à des activités sociales publiques.

Fanny Hidvegi, responsable de la politique européenne à Access Now, insiste sur ce point :

« Les droits humains s’appliquent en temps de crise et d’urgence. On ne doit pas avoir à choisir entre la vie privée et la santé : protéger les droits numériques favorise la santé publique. La suspension des droits à la protection des données en Hongrie est la preuve que l’UE doit renforcer la protection des droits fondamentaux. »

La surveillance biométrique : une architecture d’oppression

Se présentant comme une « architecture d’oppression », la capture et le traitement non ciblé de données biométriques sensibles permet aux gouvernements et aux entreprises d’enregistrer en permanence et en détail qui vous rencontrez, où vous allez, ce que vous faites. Cela leur permet aussi d’utiliser ces informations contre vous — que ce soit par les pouvoirs publics pour faire appliquer la loi ou à des fins commerciales. Une fois ces enregistrements reliés à nos visages et corps, il n’y a plus de retour possible, nous sommes marqués au fer rouge. Il ne peut y avoir de place pour de telles pratiques dans une société démocratique.

Ioannis Kouvakas, juriste chez Privacy International (PI), membre d’EDRi met en garde :

« L’introduction de la reconnaissance faciale dans les villes est une idée extrémiste et dystopique qui menace explicitement nos libertés et pose des questions fondamentales sur le type de société dans laquelle nous voulons vivre. En tant que technique de surveillance très intrusive, elle offre aux autorités de nouvelles opportunités de s’en prendre à la démocratie sous prétexte de la défendre. Nous devons interdire son déploiement dès maintenant et de manière définitive avant qu’il ne soit trop tard. »

EDRi demande donc une interdiction immédiate et permanente de la surveillance de masse biométrique dans l’Union européenne.

La surveillance de masse biométrique est illégale

Cette interdiction est fondée sur les droits et protections consacrés par la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, le Règlement général sur la protection des données (RGPD) et la Directive Police Justice. Ensemble, ces textes garantissent aux résidents de l’UE de vivre sans la crainte d’un traitement arbitraire ou d’un abus de pouvoir, et le respect de leur autonomie. La surveillance de masse biométrique constitue une violation de l’essence de ces textes et une violation du cœur même des droits fondamentaux de l’UE.

Une fois que des systèmes qui normalisent et légitiment la surveillance constante de tout le monde sont en place, nos sociétés glissent vers l’autoritarisme. L’UE doit donc veiller, par des moyens notamment législatifs, à ce que la surveillance de masse biométrique soit totalement interdite en droit et en pratique. Lotte Houwing, conseillère politique chez Bits of Freedom (BoF), membre d’EDRi, déclare :

« Les mesures que nous prenons aujourd’hui façonnent le monde de demain. Il est de la plus haute importance que nous gardions cela à l’esprit et que nous ne laissions pas la crise du COVID-19 nous faire sombrer dans un état de surveillance (de masse). La surveillance n’est pas un médicament. »

L’UE réglemente tout, des médicaments aux jouets pour enfants. Il est inimaginable qu’un médicament dont l’efficacité n’a pas été prouvée ou un jouet présentant des risques importants pour la santé des enfants soient autorisés sur le marché. Cependant, en ce qui concerne la captation et le traitement des données biométriques, en particulier à la volée dans les espaces publics, l’UE a été un foyer pour les expérimentations illégales. D’après une étude de 2020, plus de 80% des Européens sont pourtant opposés aux partages de leurs données faciales avec les autorités.

EDRi appelle la Commission européenne, le Parlement européen et les États membres à respecter leurs valeurs et à protéger nos sociétés en interdisant la surveillance de masse biométrique. S’ils s’y refusent, nous augmentons nos chances de voir naître une dystopie numérique incontrôlable.

25. Vit et taskwarrior

Voici un script permettant d’utiliser taskwarrior en ligne de commande avec une interface du type de cmus, pour la musique.

On lance vit en tapant simplement son nom.

Après avoir lancé vit , les principales commandes permettant de l’utiliser sont (cmd signifie simplement qu’il faut presser la touche qui suit) :

cmda STRINGcréer une nouvelle tâche de description STRING
cmdA STRINGcréer une annotation datée pour la tâche courante
cmdb STRINGdémarrer / arrêter une tâche
cmdm STRINGmodifie la description de la tâche courante en la renommant STRING
cmd:![rw] STRINGexecute « STRING » in shell. ‘r’ rereads, ‘w’ waits
cmdtprepend the command prompt with « :!rw task « 
cmd:s/OLD/NEW/passe OLD à NEW la description de la tâche courante
cmd:%s/OLD/NEW/change OLD to NEW in the current task’s description
cmdDsupprime l’annotation sélectionnée, supprime la tâche sélectionnée (confirmation par y)
cmdepermet d’éditer toutes les propriétés de la tâche courante dans un éditeur (vim par exemple)
cmd=voir toutes les informations concernant la tâche courante
cmd<enter>voir toutes les informations concernant la tâche courante
cmduannule le dernier changement
rpt:REPORTdisplay REPORT
rpt:REPORT FILTERdisplay REPORT with FILTER
rpt:STRING<tab>display REPORT using tab completion
rpt:<tab>display REPORT using tab completion of all defined reports
cmdqquitte après confimation
cmdQquitte
cmdZZquitte
cmd:qquitte
cmdf FILTERfilter the current report with FILTER
cmddmarque la tâche courante comme faite
navjdescend d’une ligne
navDownArrowdescend d’une ligne
navSpacebardescend d’une ligne
nav:Nva à la tâche numérotée N
nav0va à la première ligne
navggva à la première ligne
navHva à la première ligne sur l’écran
navGva à la dernière ligne
navLva à la dernière ligne sur l’écran
navMva à la ligne au milieu de l’écran
navkmonte d’une ligne
navUpArrowmonte d’une ligne
cmdNva à l’occurrence précédente d’une recherche
cmdnva à l’occurrence suivante d’une recherche
nav^lrafraîchit la liste (l’écran)
nav^fscroll down (forward) one page
navPgDnscroll down (forward) one page
nav^bscroll up (back) one page
navPgUpscroll up (back) up one page
cmd/STRINGrecherche vers le bas la chaîne STRING
cmd?STRINGrecherche vers le haut la chaîne STRING
cmdP [hmln]donne à la tâche courante la priorité H, M, L, ou none
cmdp STRINGplace la tâche courante dans le projet STRING
cmdp STRING<tab>place la tâche courante dans le projet STRING avec complétion (tab)
cmdp<tab>place la tâche courante dans un projet en utilisant la complétion (tab)
help:hprésente l’aide complète
help:h cmdprésente l’aide relative à la commande cmd
help:h helpprésente l’aide sur l’aide
help:h navprésente l’aide sur la navigation
help:h rptprésente l’aide sur les rapports
help:h PATTERNprésente les fichiers d’aide correspondants à l’occurrence PATTERN
cmdw STRINGmet en pause la tâche courante
cmdT +STRINGajoute le tag STRING à la tâche courante
cmdT -STRINGretire le tag STRING de la tâche courante
cmdT<tab>ajoute des tâches à la tâche courante avec complétion (tab)
On peut trouver la version anglaise de cette aide à l’aide de :h dans vit.

Vim et LaTeX

Voici un article amusant qui révèle la difficulté à se séparer de ses préjugés sur le bien fondé des interfaces graphiques.

Cela fait maintenant dix ans que j’utilise Latex et suis entièrement convaincu du bien fondé d’un traitement de texte basé sur un code source. Aucun autre traitement de texte en mode visuel, comme LibreOffice auquel je tire néanmoins ma révérence, ne m’a convaincu. LaTeX est un traitement de texte extraordinaire et le fait qu’il faille l’utiliser à avec un langage de script y est pour beaucoup.

Alors qu’aucun doute ne s’est jamais présenté dans ma tête sur LaTeX, il faut reconnaître que l’utilisation de différents éditeurs graphiques pour LaTeX, comme Texmaker, TexStudio ou Kile, m’a très longtemps empêché d’envisager l’utilisation d’éditeurs en ligne de commande comme vim ou emacs pour rédiger en LaTeX.

Je me lance donc aujourd’hui dans l’aventure avec vim. Pourquoi pas emacs ? Comme déjà dit ailleurs, la présence de vi par défaut sur toutes les distributions linux m’a fait considérer son utilisation avant toute chose. Mais emacs viendra un jour sans aucun doute, tant je considère les idées de RMS comme pertinentes.

Installation

On va ici supposer que LaTeX est installé et fonctionnel, car il s’agit dans cet article de montrer comment l’utiliser avec vim et son plugin vim-latex. Ce dernier est une solution standard et d’autres existent. Mais dans un premier temps, c’est à celle-ci que nous allons nous intéresser.

L’installation, sous Debian, se passe apparemment sans difficultés avec un petit :

apt-get vim-latesuite

Malheureusement, ce n’est pas aussi simple. Sous Debian, il faut encore passer par le README.debian du paquet pour y découvrir que :

… ce paquet fournit la composante latex-suite de vim, mais elle n’est pas activée par défaut. Si vous voulez l’activer sur le compte d’un utilisateur, exécutez :

vim-addons install latex-suite

Pareillement, pour l’activer pour tous les utilisateurs du système, exécutez (sous root) :

vim-addons -w install latex-suite

vim-addons est fourni par le paquet vim-addons-manager, jetez un coup d’œil à sa page de manuel pour plus d’informations.

En plus, vous devez mettre les lignes suivantes :

filetype plugin on
set grepprg)grep\ -nH\ $*
filetype indent on
let g:tex_flavor='latex'

dans ~/.vimrc (ou /etc/vim/vimrc sous root) pour une pleine utilisation. Pour plus d’informations sur ces lignes, type : « :help ls_1 » dans vim (après avoir activé ce plugin avec vim-addons).

Il est nécessaire d’activer le plugin, car la structure permettant de le gérer sera alors créée dans le répertoire ~/.vim/

En plus de cela, d’autres problèmes peuvent apparaître. Étonnamment, après l’activation du plugin, le caractère « é » n’était plus actif. Il était simplement impossible de le taper. Cela était dû au mappage de l’équivalent clavier utilisé par vim-latex pour mettre la commande \item de l’environnement itemize. Pour régler ce problème, il a fallu mettre la ligne suivante dans ~/.vimrc :

imap <buffer> <leader>it <Plug>Tex_InsertItemOnThisLine

comme cela est très bien décrit sur la page de FAQ de vim-latex :

http://vim-latex.sourceforge.net/index.php?subject=faq&title=FAQ#faq-viewing

Signalons enfin que tout au long de mes recherches, un fichier était souvent cité pour des modifications. Il s’agit de ~/.vim/tex.vim. Sous debian ce fichier n’existe pas à cet endroit. De plus, il existe dans ~/.vim/compiler et dans ~/.vim/indent. Enfin, les commandes à modifier n’étaient pas présentes dans ces deux fichiers. Je n’ai découvert le véritable fichier de configuration dans lequel celles-ci se trouvaient qu’en allant dans :

~/vim/ftplugin/latex-suite/texrc

C’est ce fichier qui permet la configuration du plugin vim-latex, mais il faut le savoir.

Utilisation

L’utilisation de vim-latex est relativement simple. En effet, vim détecte l’extension de votre fichier .tex pour modifier son comportement. Ainsi, en créant un fichier test.tex, par exemple, et en y insérant une structure de fichier LaTeX, vous pourrez constater avec plaisir que celle-ci est reconnue. En y mettant cependant quelques section, en enregistrant et quittant le fichier et en le rouvrant, vous aurez cependant la surprise de ne plus retrouver votre code. À l’intérieur de celui-ci seront présents des caractères « + » mis en évidence. C’est le pliage du code. Celui-ci étant activé par défaut, on peut être surpris, surtout si on ne sait pas comment le déplier.

Pour cela, il suffit de mettre le curseur dans la ligne où se trouve le code plié et, en mode normal de vim, de presser za. C’est une bascule. Donc pour replier le code précédemment déplié, il suffit de refaire za. Pour déplier l’ensemble du code, il faut presser zR en mode normal. Pour replier tout le code, toujours en mode normal, il suffit de presser zM.

Beaucoup d’autres commandes vont faciliter la vie pendant l’écriture en LaTeX. Le manuel les décrivant est à l’adresse :

http://vim-latex.sourceforge.net/documentation/latex-suite-quickstart/index.html

Compilation

Pour votre première compilation, il faut naturellement être attentif à avoir placé votre fichier source (.tex) dans un répertoire pour éviter de disperser les nombreux fichier qui vont apparaître.

Après cela, la compilation se fait très simplement en utilisant en mode normal la commande :

\ll

Vous verrez alors apparaître une fenêtre de compilation qui si celle-ci se déroule bien, se refermera rapidement. Une compilation en DVI aura été réalisée. Pour en voir le résultat, il faut utiliser \lv.

Si des erreurs apparaissent, vous verrez votre terminal se diviser en deux parties. L’une contiendra les erreurs et l’autre le code. Vous pourrez alors corriger le code et recompiler pour faire disparaître la fenêtre de compilation.

Configuration de la compilation

Par défaut la compilation produit à partir du code source un fichier DVI. La production de documents utilisant Gnuplot par exemple nécessitant d’une part Gnuplot et d’autre part une compilation en postscript, on peut préciser la chaîne de compilation utilisée par vim-latex dans le fichier ~/.vim/ftplugin/latex-suite/texrc. Il s’agit en réalité d’un lien vers /usr/share/vim/addons/ftplugin/latex-suite/texrc. Or, ce fichier est amené à être mis-à-jour. Il ne faut donc pas l’utiliser directement, mais le copier dans le répertoire personnel à la place de son lien. Pour cela, renommez le lien, puis copiez le fichier en lui donnant comme propriétaire et groupe celui de l’utilisateur.

La structure de compilation choisie est DVI → PS → PDF. Pour le faire comprendre à vim-latex, dans ce fichier, il faut trouver la section « Rules : specifications of programs for compiling and viewing ». Dans celle-ci figurent les lignes suivantes :

if has('macunix')
    TexLet g:Tex_DefaultTargetFormat = 'pdf'
else
    TexLet g:Tex_DefaultTargetFormat = 'pdf'
endif

Selon les plateformes, Mac ou (else) autre, assurez-vous d’abord que le fichier final est est en PDF. C’est ce type de fichier que la commande \lv appellera.

Ensuite, il faut définir la chaîne de compilation. Un peu plus bas, se trouvent les deux lignes suivantes :

TexLet g:Tex_MultipleCompileFormats = 'dvi'
" TexLet g:Tex_FormatDependency_ps = 'ps'

Le premier indique s’il est possible qu’il faille compiler plusieurs fois le fichier et le second comment s’il faut compiler en ps, par exemple (ici le commentaire (« ) indique que la compilation en ps n’est pas requise). Dans notre cas, ces deux fichiers doivent contenir :

TexLet g:Tex_MultipleCompileFormats = 'dvi,ps,pdf'
TexLet g:Tex_FormatDependency_ps = 'dvi,ps,pdf'

La première ligne vous permettra d’éviter de devoir valider après la compilation de chaque fichier. La seconde est la chaîne de compilation choisie.

Plus bas se trouvent les règles de compilation (Compiler Rules). Il s’agit de définir l’appel des logiciels en charge de chaque étape de compilation. Pour la compilation LaTeX, il faut la commande :

TexLet g:Tex_CompileRule_dvi = 'latex -enable-write18 -shell-escape -interaction=nonstopmode -file-line-error-style $*'

Les deux premiers arguments de la commande latex ont ici été ajoutés pour permettre l’utilisation de Gnuplot. C’est cette commande qui est utilisée par défaut pour une compilation en DVI.

Puis, il faut spécifier la commande postscript :

TexLet g:Tex_CompileRule_ps = 'dvips -Ppdf -o $*.ps $*.dvi'

où l’argument -Ppdf pourrait être retiré, car il récupère la configuration de l’imprimante pour optimiser la sortie postscript.

Enfin, il faut spécifier la commande pdf :

TexLet g:Tex_CompileRule_pdf = 'ps2pdf $*.ps'

Ainsi, la compilation se fera automatiquement vers DVI → PS → PDF.

Relevez que si celle-ci ne devait pas permettre le bon visualiseur PDF, il vous faudrait spécifier celui-ci dans la partie qui suit, nommée Viewer rules avec :

TexLet g:Tex_ViewRule_pdf = 'okular'

par exemple.

Enfin, un petit problème est survenu qui rendait désagréable la compilation. Par défaut, l’enregistrement du document ne se faisait pas avant celle-ci, au lancement de la commande \ll. On peut comprendre que certains préfèrent qu’il en soit ainsi. Mais un autre comportement devrait être possible sans qu’il nécessite une utilisation complexe de vim. Or, pour le régler, ce que j’ai pu trouver tout au long de mes recherches pour le faire est de placer les deux lignes suivantes dans mon ~/.vimrc :

autocmd FileType tex call Tex_MakeMap('<leader>ll', ':update!<CR>:call Tex_RunLaTeX()<CR>', 'n', '<buffer>')
autocmd FileType tex call Tex_MakeMap('<leader>ll', '<ESC>:update!<CR>:call Tex_RunLaTeX()<CR>', 'v', '<buffer>')

Je ne commente pas ces lignes qui sont certainement parfaitement évidentes pour tout le monde 🙂 … Reste qu’elle fonctionnent parfaitement.

Utilisation avancée

Verbosité

Tout d’abord, il est possible de régler ne niveau de détection des erreurs grâce à la commande :

:TCLevel numero

Par défaut le numéro 3 permet un niveau moyen de verbosité. En augmentant le niveau, on affiche moins d’erreurs. Pour n’afficher aucune erreur, le niveau à choisir est le numéro 7. Pour afficher toutes les erreurs, le niveau est le 0 ou l’utilisation du mot (sans guillemets) : strict.

En réalité, en définissant le niveau, on choisit les warning à ne pas ignorer. Dans le fichier .vim/ftplugin/latex-suite/texrc, se trouvent les lignes suivantes :

TexLet g:Tex_IgnoreWarnings =
\"Underfull\n".
\"Overfull\n".
\"specifier changed to\n".
\"You have requested\n".
\"Missing number, treated as zero.\n".
\"There were undefined references\n".
\"Citation %.%# undefined"

TexLet g:Tex_IgnoreLevel = 7

En choisissant le niveau 7, on décide de passer sur l’ensemble de tous ces avertissements.

Si, on désire que les avertissements de références définies plusieurs fois ne soient pas pris en compte, on peut ajouter la ligne :

\'Label %.% multiply defined.'

En laissant la variable g:Tex_IgnoreLevel à 7, comme la numérotation commence à 0, cela signifie les erreurs de définition multiple des labels ne seront pas prises en compte, puisque on va ignorer les 7 premières lignes. Pour que celles-ci soient à nouveau prises en compte, il faut donc passer le niveau 6 par défaut. Ainsi, en utilisant la commande :

:TCLevel 7

on élimine les erreurs de labels définis de manière multiple.

Commandes prédéfinies

Un exemple est particulièrement parlant, celui des figures. Pour obtenir facilement une structure de figure, en mode édition de texte, il suffit de taper directement : EFI. La structure qui apparaît alors est la suivante :

\begin{figure}[<+htpb+>]
    \centering
    \includegraphics{<+file+>}
    \caption{<+caption text+>}
    \label{fig:<+label+>}
\end{figure}<++>

On y voit une structure commune de figure avec des éléments à remplir qui se nomment des «Place-Holder». Il s’agit d’endroits où se trouvent les balises <+ et +> entourant un mot. À l’aide de Ctrl J, on peut passer d’un place-holder à l’autre pour remplir ces champs par ce qui est demandé. C’est très efficace. Quand tout est fini, le dernier place-holder sélectionné disparaît.

Une autre commande prédéfinie permet d’obtenir l’environnement d’équations. Il s’agit d’EEQ.

Ci-dessous le manuel de référence :

http://vim-latex.sourceforge.net/documentation/latex-suite-quickstart/

18. Processus en avant/arrière plan

Ce thème de la gestion de la ligne de commande est quelque peu plus complexe que les autres. Il est déroutant, car les raisons pour lesquelles on devrait s’y intéresser ne sont pas évidentes et il peut sembler à priori qu’elles sont même contre productives. Car, même la ligne de commande suppose l’utilisation de fenêtres graphiques. Généralement, lancer un terminal consiste à ouvrir la fenêtre d’un environnement graphique lui correspondant. Par exemple, on lance Terminator à partir du bureau LXQT ou LXDE. Un terminal apparaît donc finalement comme un simple programme particulier, à l’instar d’un navigateur qu’on lance depuis son interface graphique. Pour visiter un site internet, il ne viendrait cependant plus aujourd’hui à l’idée de lancer une instance de Firefox par site visité. Si ce fut le cas au début du net, aujourd’hui on utilise des onglets. Un navigateur apparaît donc comme un programme capable de faire plusieurs choses en même temps et cela sans qu’il soit nécessaire de le quitter.

En un sens, la gestion des processus s’apparente à la gestion des onglets d’un navigateur. Quelles sont les raisons qui poussent à l’utilisation d’onglets dans un navigateur ? On peut en voir plusieurs :

  • on peut changer de site et donc de travail sans fermer celui qui est en cours,
  • on peut grouper des tâches selon des ensembles cohérents de travaux,
  • on peut faire communiquer certains onglets et bénéficier des réglages déjà prédéfini,
  • on peut mieux gérer les problèmes de place dan la fenêtre.

Pour justifier l’intérêt qu’on peut porter à l’étude de la gestion des processus, de la même manière on peut reprendre les points ci-dessus en y ajoutant le fait que celle-ci est très importante dans deux cadres différents :

  • l’utilisation de commandes distantes comme celle de ssh et
  • l’utilisation d’un ordinateur sans aucune interface graphique.

Avant de se lancer dans les différentes méthodes de gestion des processus, remarquez qu’un terminal comme Terminator permet l’ouverture de plusieurs terminaux dans la même fenêtre et même le passage de chaqu’un d’eux en « avant plan », à l’aide de l’équivalent clavier Maj-Ctrl-X (voir l’article http://www.cvgg.org/wordpress/blog/4-terminator-pour-la-ligne-de-commande/). Plus, Terminator permet une gestion de groupement de terminaux, d’onglets, etc, qui est très puissante, mais n’est fonctionnel que dans le cadre de ce programme.


La première commande à connaître est la classique « esperluette ». Classiquement, lorsqu’on lance un programme en ligne de commande en invoquant son seul nom, on bloque le terminal qui attends l’affichage d’informations venant de celui-ci.

Pour rendre la main au terminal et faire passer la commande en arrière plan, il suffit de la terminer par une esperluette :

Texmaker &

Le terminal retourne alors entre crochets le numéro du processus en arrière plan de la console et le numéro d’identification du processus PID permettant de le tuer.

Deux problèmes persistent cependant :

  • les messages et les erreurs de la commande continuent à arriver dans la console dans laquelle on travaille sur de novelles commandes et
  • si on ferme le terminal, la commande en arrière plan est tuée.

Pour résoudre le premier problème, il suffit de rediriger les messages et les erreurs soit sur un fichier, soit à la poubelle :

Texmaker 1>/dev/null 2>/dev/null

Ci-dessus, on a redirigé la sortie standard (1>) et l’erreur standard (2>) vers la poubelle.

Pour résoudre le second problème, il faut abandonner l’esperluette.


La commande « nohup » résous automatiquement les deux problèmes ci-dessus. Elle envoie automatiquement la sortie de la commande dans un fichier nommé nohup.out et elle permet de fermer le terminal sans que la commande ne soit tuée. Attention, un Ctrl-C la tue.

Mais, malheureusement, on ne récupère pas le terminal. On peut donc fermer la fenêtre du terminal sans que l’application ne soit fermée, mais elle est alors complètement détachée du terminal.


Il est donc préférable d’avoir recours à des déplacements des processus en avant et arrière plan. Pour cela, il faut pouvoir arrêter et redémarrer les processus. En effet, il est nécessaire qu’un processus soit en mode pause pour pouvoir le déplacer.

Pour mettre un processus qui fonctionne déjà alors qu’il n’a pas été mis en arrière plan par l’action de l’esperluette, on a recours à :

Ctrl-Z

Par l’action de cet équivalent clavier, on stoppe le processus provisoirement et on rend la console à son utilisateur. Il peut alors passer le processus en arrière plan tout en le redémarrant par la commande :

bg

pour background. Le processus fonctionne alors en arrière plan, comme s’il avait été lancé directement en arrière plan par l’esperluette. Mais, il reste lié à la console et est tué si on la ferme.

Pour récupérer le processus en avant plan, il suffit d’utiliser la commande « fg » pour foreground ou si plusieurs commandes sont en arrière plan la commande suivie de son numéro dans la console :

fg %1

On voit qu’aucune de ces solutions ne sont totalement satisfaisantes, car soit on ne récupère pas la console, soit le processus se termine avec celle-ci.

Pour une solution plus complète, voyons maintenant « screen ».

Vidéo conférence – violation de domicile

J’écris ce petit billet pour faire part de mon immense étonnement face à la ruée du monde enseignant vers les vidéoconférences pour établir un travail d’enseignement à distance pendant le confinement dû au covid.

Jusqu’à présent, j’ai pensé que le domicile était pour chacun un lieu protégé du regard d’autrui, sauf en cas de circonstances si exceptionnelle qu’un juge devait statuer pour délivrer un mandat d’investigation à des policiers tenus de rendre des comptes quant à leurs fouilles.

À l’annonce de la nécessité d’un enseignement à distance, beaucoup d’enseignants ont décidé de donner des leçons en imposant clairement aux élèves le devoir d’utiliser la vidéo et cela, en période de confinement, dans leur domicile et plus particulièrement dans leur chambre. Certains on même demandé de photographier celle-ci. Tout cela avec la bénédiction implicite des départements de l’instruction publique.

Or, non seulement les outils utilisés, comme Zoom, Skype ou Team, sont des logiciels au code fermé dont aucune garantie de confidentialité n’est donnée, à part la parole de leur propres développeurs, mais leur utilisation étant faite sous l’autorité des enseignants, on peut se demander dans quelle mesure il est possible pour des enfants, des adolescents pour lesquels il est déjà difficile d’échapper à la participation à des réseaux sociaux utilisés par leur camarades, de s’opposer à une autorité scolaire qui s’introduit ainsi dans leur foyer.

Pour moi, la réponse est clairement qu’il ne leur est pas possible de refuser. Et non seulement l’élève ne peut le faire, mais sa famille non plus. Est-il normal qu’un enseignant puisse clairement écouter ce qui se passe dans une famille, se rendre compte des discussion qui s’y déroulent, des propos qui peuvent à tort ou à raison être tenu par chacun et plus encore, s’introduire dans l’intimité de la chambre d’un enfant ou d’un adolescent ?

Il est piquant de constater que des enseignants clamant haut et fort avant le covid la nécessité du respect de la vie privée, ne voient rien à redire à l’obligation qu’il donnent à leurs élèves d’utiliser la vidéo. Car, prétendre qu’ils ont le choix n’est pas honnête.

Pour moi, l’utilisation de logiciels de vidéo-conférence, libres et à plus forte raison propriétaires, est clairement une violation de domicile sans aucune justification.

Car il est totalement possible de réaliser un enseignement à distance sans utiliser la vidéo. De plus des logiciels respectueux des données de connexion ou des messages échangés par leur biais avec les élèves existent, le plus connu étant Moodle.