8. Installer un shell particulier : zsh

Après avoir installé terminator, un émulateur de terminal, on peut vouloir utiliser un shell particulier, différent de bash. Nous allons voir ici comment installer et configurer quelque peu un autre shell que bash, le shell zsh.

Sous debian des paquets sont disponibles. Il s’agit de :

zsh zsh-common zsh-syntax-highlighting zsh-theme-powerlevel9k

qu’il faut installer avec apt-get.

Ensuite, on va installer un framework permettant de gérer la configuration de zsh :

sh -c "$(curl -fsSL https://raw.github.com/robbyrussell/oh-my-zsh/master/tools/install.sh)"

Cela va installer un fichier ~/.zshrc dans lequel il faut choisir le thème que nous allons utiliser : powerlevel9k. On le fait par :

echo 'source /usr/share/powerlevel9k/powerlevel9k.zsh-theme' >> ~/.zshrc

et on recharge le fichier de configuration de zsh :

source ~/.zshrc

Si cela ne devait pas fonctionner, une autre manière d’installer le thème powerlevel9k et de le rapatrier par :

git clone https://github.com/bhilburn/powerlevel9k.git ~/.oh-my-zsh/custom/themes/powerlevel9k

Puis d’installer les fontes powerline par :

apt-get install fonts-powerline

et d’indiquer l’utilisation du thème dans le fichier ~/.zshrc par :

ZSH_THEME="powerlevel9k/powerlevel9k"

tout en n’oubliant pas de re-sourcer ce fichier :

source ~/.zshrc

On peut ensuite installer la coloration syntaxique par :

git clone https://github.com/zsh-users/zsh-syntax-highlighting.git $(ZSH_CUSTOM:-~/.oh-my-zsh/custom)/plugins/zsh-syntax-highlighting

et en déclarant le plugin dans le fichier ~/.zshrc :

plugins=( ... zsh-syntax-highlighting ... )

Enfin, pour que les indications du shell ne se trouvent pas sur la même ligne que ce qu’on va taper, il faut réaliser un passage automatique de la ligne en ajoutant au fichier de configuration de zsh (~/.zshrc) la ligne suivante :

POWERLEVEL9K_PROMPT_ON_NEWLINE=true

Beaucoup d’autres possibilités de configuration sont possibles. Une introduction intéressante a été donnée dans le numéro 217 de Linux Magazine de juillet-août 2018.

4. Terminator pour la ligne de commande

Pour générer ses mails, naviguer, mettre de l’ordre dans ses fichiers et plus encore en ligne de commande, il faut un bon émulateur de terminal. Terminator est connu pour permettre une configuration très souple et particulièrement bien adaptée à un tel travail.

Je vais ici présenter l’essentiel de ce qui est nécessaire pour pouvoir travailler confortablement avec cet outil.

Après installation par la commande :

apt-get install terminator

il faut passer par le menu de configuration. On lance donc terminator par le menu et on choisit ses « Préférences » par click droit sur celui-ci.

Ensuite, dans le menu global, sous « État de la fenêtre : », on choisit « Maximisé ». Ainsi, terminator s’ouvrira en mode plein écran.

Puis, on change l' »Arrière plan » du « Profil » par « Défaut », pour le mettre en mode « Transparent » à 0.7, soit avec 30% de transparence.

Avec un écran relativement grand, on peut demander à terminator de créer trois émulateurs au démarrage. Pour cela, on commence par ajouter/scinder nos émulateurs à l’aide des options de « Division » du menu contextuel sous le click droit. On configure donc notre fenêtre terminator comme on l’entend. Puis, toujours dans les préférences, on enregistre cette disposition comme celle par défaut dans le menu « Dispositions ». Attention, il ne faut pas ajouter une disposition, mais simplement presser le bouton enregistrer alors que la configuration par défaut est sélectionnée.

Et voilà, c’est simple, mais la configuration des dispositions peut s’avérer difficile par ajout. À vous de faire vos expériences.

5. Gérer ses fichiers en ligne de commande

Les navigateurs de fichiers utilisent des commandes texte pour permettre une gestion graphique des fichiers. Il est parfaitement possible de gérer ses fichiers directement dans un émulateur de terminal en ligne de commande pure. Entre les deux se trouvent Midnight Commander, mc pour les intimes, ou Ranger des gestionnaires de fichier en ligne de commande. Quelle différence avec une gestion directement dans la console ?

Midnight Commander

Fondamentalement, le principe de fonctionnement de mc repose sur sa présentation des fichiers dans deux volets gauche et droite. Il ne faut pas perdre cela de vue. Par ailleurs, en lieux et place de commandes texte, les touches F1, … ou même la souris prennent un rôle important.

En bas de la fenêtre, se trouvent des nombres correspondant chacun au touches F1, F2, … avec en regard un mot introduisant leur rôle. Par exemple, <1 Aide> fait comprendre que la touche <F1> permet d’obtenir l’aide. Ainsi aussi, <F2> donne accès à un menu permettant différentes opérations sur les fichiers, <F3> lance un visualiseur de fichier prédéfini, <F4> lance un éditeur de texte prédéfini sur le fichier sélectionné, <F5> copie un fichier d’un volet à l’autre (il faut au préalable sélectionner la destination dans le volet opposé à celui où est sélectionné le fichier), <F6> coupe colle un fichier sélectionné dans le volet opposé ou le renomme si on spécifie un autre nom, <F7> crée un répertoire, <F8> supprime un fichier ou un répertoire, <F9> bascule entre la barre de menu et les volets, <F10> permet de quitter les menus sélectionnés ou mc lui-même.
On peut aussi accéder à ces fonctions à l’aide de la souris.

Tout en haut, se trouvent les menus <Gauche>, <Fichier>, <Commande>, <Options> et <Droite> dont chaque élément est clairement décrit par son nom. C’est évidemment là que se trouvent les avantages de mc sur la ligne de commande pure.
Par exemple, dans le menu fichier se trouve un item «Chmod» permettant de modifier les droits des fichiers à la souris en cliquant simplement sur une liste très explicite.
Je vous laisse découvrir le reste.

Finalement, la ligne de commande est toujours accessible juste au-dessus de la barre des fonctions F1, …

Ranger

Il s’agit ici d’un gestionnaire de fichier remarquable par sa simplicité. Même s’il est configurable différemment, l’idée est de présenter l’arborescence à trois niveaux. Au centre, une colonne avec le répertoire dans lequel on se trouve, à gauche les fichier ou dossiers du répertoire supérieur et à droite ceux du répertoire inférieur. C’est tout. Aucun bandeau supplémentaire.

Pour agir sur les fichier ou dossiers sélectionnés, deux méthodes sont possibles :

  • une touche de fonction ou un équivalent clavier ou
  • la touche deux-points (:) qui donne un accès direct à la ligne de commande dans le répertoire de travail.

Dans le premier cas, il faut connaître les associations de touches-actions. Elles sont décrites dans le document ci-dessous fourni sur le site de Ranger.

Les touches spécifiques à Ranger

Quant à la seconde manière d’agir, elle nous relie directement au terminal et je ne vais pas décrire ici les commandes qui lui sont spécifiques.

Par contre, celle-ci permet d’accéder à des fonctions spécifique à Ranger. Un unique exemple suffira. Comment afficher dans Ranger les fichiers cachés ? Simplement en modifiant au vol la préférence du navigateur correspondant à l’affichage de ces fichiers. Pour cela, il faut passer en ligne de commande à l’aide de la touche deux-points (:) et écrire :

:set show_hidden true

:set show_hidden false

pour afficher ou cacher les fichiers cachés.

Il existe cependant un raccourci permettant de faire cela plus facilement :

CTRL h

Il s’agit d’une bascule : un pression et on voit les fichiers cachés, une autre et ils disparaissent

Reste à dire que Ranger dispose d’équivalents claviers qui ne dépayseront pas les utilisateurs de vi, ce qui est une très bonne chose.

Par exemple, pour couper/copier/coller des fichiers d’un répertoire à un autre, il suffit de les sélectionner avec la barre d’espace, puis pour les couper taper dd ou pour les coller taper yy, d’aller dans le répertoire de destination et de taper pp.

Lien intéressant : Ranger LE navigateur de fichier en mode terminal

6. Naviguer en ligne de commande

Le pas a réaliser pour se mettre à naviguer sur le net en ligne de commande est grand. Cela pour deux raisons. La première est qu’on imagine difficilement de le faire sans images. La seconde est que beaucoup de site ne sont clairement pas adaptés à ce type d’accès.

Pourtant, en ligne de commande, la navigation est si rapide qu’il est très agréable de le faire. J’aimerais ici montrer que bien souvent l’utilisation d’un autre type de navigateur est inutile. Dans un premier temps, il ne s’agit pas de se passer systématiquement d’un navigateur classique, mais de découvrir le réel plaisir qu’on peut avoir en ligne de commande. Nous aborderons plus tard les cas où cette navigation est assez difficile pour qu’un autre navigateur soit nécessaire.

Le navigateur que nous allons utiliser est Lynx. Pour l’installer, il suffit de faire un petit :

apt-get install lynx

Ensuite, pour lancer la navigation, on peut simplement écrire :

lynx www.duckduckgo.com

pour se rendre directement sur un site ou simplement lynx, sans arguments. Dans ce cas, il faut alors taper la lettre <g> pour pouvoir entrer une url et s’y rendre par un <return>.

La navigation est aisée en utilisant soit les flèches haut-bas pour se rendre dans un champ  de recherche, comme sur duckduckgo.com ou se déplacer dans des liens, soit la flèche gauche pour revenir à un moteur de recherche après la visite d’un site ou la flèche droite pour accéder au site à partir d’un lien.


Le premier point nécessaire à une utilisation efficace d’un navigateur est de disposer de signets.

Lynx dispose d’un mécanisme d’ajout de signets. Il suffit de presser la touche <a>. On a alors deux choix possibles :

  • la touche nous mène à ajouter l’url du document en consultation et
  • la touche nous mène à ajouter l’url du lien dans lequel se trouve le curseur.

Il suffit ensuite d’accepter ou de donner un nouveau nom au signet pour qu’il soit enregistré dans un fichier de signet unique. C’est le comportement par défaut avec le mode de multi-bookmark de lynx désactivé (OFF).

Mais il est possible d’activer deux modes permettant une gestion plus fine des signets. Il s’agit des modes STANDARD et ADVANCED.

Le choix de ces modes se fait dans les options de lynx. On se rend dans celles-ci en pressant la touche <o>. À la ligne :

Signets multiples : [OFF / STANDARD / ADVANCED]

on peut choisir le mode désiré.

En mode STANDARD, lynx offre l’accès à 26 fichiers de signets correspondant aux 26 lettres de l’alphabet. Chaque fichier doit avoir un nom et une url pointant vers lui. Pour les définir, dans les options il faut cliquer sur «Aller au menu signets multiples» en regard du texte «Revoir / Éditer les fichiers signets», puis choisir la lettre sous laquelle on veut le fichier et spécifier son nom, par exemple «Moteurs de recherche», et son url, par expemple, «./signetsLynx/recherche.html». Le «./» est nécessaire si le(s) fichier(s) de signets est/sont dans un répertoire.

Alors, pour ajouter un signet, on procède comme dans le mode OFF, sauf qu’après l’ajout <a>, il faut spécifier la lettre du fichier de signets.

Je vous laisse découvrir par vous-même le mode ADVANCED.


Finalement, pour utiliser les signets, c’est la touche <v> qu’il faut simplement presser pour accéder à l’unique fichier de signets en mode OFF. On peut alors, en mode STANDARD, choisir les fichier des signets désirés en pressant la touche correspondante.

Voilà pour cette petite introduction à Lynx. Bonne navigation.

Mot de passe raspberry perdu

Si vous avez perdu le mot de passe de votre raspberrypi, voici une méthode pour le récupérer.

La première chose à faire est d’accéder au fichier :

/etc/passwd

en sortant la carte sd du raspberry et en la mettant soit dans un adaptateur sd-usb, soit directement dans un ordinateur permettant d’utiliser une carte sd.

On peut alors avoir accès aux trois partitions de la carte et trouver le fichier en question (en cherchant un peu).

Dans ce fichier, il faut trouver la ligne :

pi:x: ...

et effacer le x de la ligne (mais pas les : de chaque côté), de manière à obtenir :

pi:: ...

On a ainsi effacé le mot de passe demandé pour la connexion en ligne de commande du raspberrypi. Il faut bien entendu ne pas oublier d’enregistrer.

Puis on éjecte la carte sd, on la remet dans le raspberry et on le démarre.

Si c’est l’interface en ligne de commande qui apparaît, on peut alors se connecter directement sous le compte pi, sans mot de passe. Si c’est l’interface graphique qui apparaît, ce n’est pas possible. Il faut alors utiliser les touches <Ctrl><Alt><F1> pour obtenir l’invite en ligne de commande et se connecter sur le raspberry sous le compte pi, sans mot de passe.

Le mot de passe pour la ligne de commande est donc maintenant vide, mais pas celui permettant de se connecter graphiquement. Cependant, on est maintenant connecté en ligne de commande sur le raspberry. On peut donc maintenant utiliser l’utilitaire de configuration du raspberry en entrant :

sudo raspi-config

Il va alors apparaître différentes options en ligne de commande permettant la configuration du raspberry, dont le changement du mot de passe. En choisissant celle-ci et en entrant deux fois le nouveau mot de passe, on peut changer définitivement celui-ci.

Il suffit alors de quitter la console par un « exit », puis de retrouver l’interface graphique par <Ctrl><Alt><F7 ou F8> et vous connecter. Si la console grahique n’est pas présente, redémarrez simplement.

Voilà. En vous souhaitant bonne chance dans vos manipulations, enjoy.

7. Lynx, midnight commander et mutt transparents dans terminator

L’un des plaisirs non négligeables de la ligne de commande est de pouvoir voir son fond d’écran pendant qu’on utilise son ordinateur.

Avec terminator, la transparence du fond et très bien gérée. Il s’agit simplement de se rendre par un clic droit dans les Préférence, puis dans l’onglet Profils sous Default, dans le sous-onglet Arrière-plan, il faut choisir Arrière-plan transparent et choisir un pourcentage de transparence (70%, soit 0.7, par exemple). Fermez enfin simplement la fenêtre. Ainsi, il sera possible de s’adonner à la ligne de commande dans un émulateur de terminal transparent.


Malheureusement, quand on lance le navigateur en ligne de commande lynx, celui-ci a une couleur de fond non transparente par défaut.

Pour rendre lynx transparent, il faut se rendre dans le fichier :

/etc/lynx/

pour y commenter les deux lignes nécessaires à l’aide d’un # (inutile de les effacer, comme dit dans le commantaire) :

# If you really want the terminal's default colors, and if lynx is built using ncurses' default-color support, remove these two line :

normal: normal: lightgray:black
default: normal: white:black

Il faut ensuite relancer lynx et le tour est joué.


Il en va de même avec midnight commander qui aborde un fond de couleur bleue particulièrement désagréable.

Pour rendre midnight commander transparent, il faut reconfigurer ses couleurs par défaut en ajoutant à la fin du fichier :

~/.config/mc/ini

sous Debian, les quelques lignes suivantes :

[Colors]base_color=normal=,default:selected=,:marked=,default:\markselect=,:menu=,:menuhot=,:menusel=,:\menuhotsel=,:dnormal=,:dfocus=,:dhotnormal=,:dhotfocus=,:\input=,:reverse=,:executable=,default:directory=,default:\link=,default:device=,default:special=,:core=,:helpnormal=,:\helplink=,:helpslink=,:editnormal=,default:

qui feront de midnight commander un navigateur de fichier sur fond transparent.


Enfin, il en va de même avec le maileur en mode texte mutt.

Pour rendre mutt transparent, il faut encore se rendre dans son fichier de configuration :

~/.muttrc

et y ajouter à la fin les lignes suivantes :

Rendre la couleur d'avant plan des messages blanche
et l'arrière plan de la même couleur que celle du terminal

color normal white default

Voilà, finalement, en divisant la fenêtre de terminator en trois parties, vous pouvez relevez vos mails, organiser vos fichiers et naviguer sur internet en ligne de commande tout en admirant votre fond d’écran. Pour autant que celui-ci change périodiquement à l’aide de Variety, l’effet est absolument magnifique.