30. Systemd utilisateur

Ceci n’est pas un article sur systemd, mais la présentation d’une utilisation très pratique de systemd par un utilisateur pour lancer une commande avec systemd au lancement de la session de l’utilisateur. L’article sur lequel je me suis basé pour réaliser ce que je voulais est : https://medium.com/@alexeypetrenko/systemd-user-level-persistence-25eb562d2ea8

Mon problème était le suivant : je dispose d’un clavier bluetooth récupéré d’une tablette obsolète. Or ce clavier ne dispose pas de la touche backslash (\). C’est extrêmement désagréable pour quelqu’un qui pratique intensivement LaTeX.

Il s’agissait donc de lancer une modification du clavier à chaque lancement de session. Pour cela il fallait d’abord savoir comment affecter la touche backslash à l’une des touches libre de mon clavier. Après quelques recherches, le logiciel permettant cette modification a été trouvé et la commande suivante testée fonctionnelle :

xmodmap -e 'keycode 202=backslash' & 

Xmodmap permet d’affecter une touche physique, ici la touche 202, à un caractère, ici backslash. Pour déterminer le code de la touche, la commande suivante est nécessaire :

xev -event keyboard

Une fois lancée, en pressant sur une touche, on obtient un retours comme :

KeyPress event, serial 25, synthetic NO, window 0x3a00001,
    root 0x389, subw 0x0, time 5876177, (922,180), root:(924,260),
    state 0x0, keycode 202 (keysym 0x5c, backslash), same_screen YES,
    XLookupString gives 1 bytes: (5c) "\"
    XmbLookupString gives 1 bytes: (5c) "\"
    XFilterEvent returns: False

dans lequel figure « keycode 202 » (ici déjà affectée à backslash). L’esperluette (&) de la fin de commande permettait de lancer la commande pour une session, ce que systemd va nous permettre de faire automatiquement et cela sans aucun droits de superutilisateur.

Venons en donc à systemd. À l’instar des services lancés par systemd pour root, l’idée est de mettre dans le répertoire (à créer au besoin) :

.config/systemd/user/

un fichier de service à lancer au démarrage de la session. Dans mon cas, le nom de ce fichier sera évidemment « backslash.service » puisque ce service va me permettre de disposer de la touche backslash. Son contenu sera le suivant :

[Unit]
Description=Just for backslash character

[Service]
ExecStart= /usr/bin/xmodmap -e 'keycode 202=backslash'
Restart=always
RestartSec=60

[Install]
WantedBy=default.target

Les lignes de restart signifient qu’en cas de problème le démon est relancé au bout de 60 secondes.

Pour installer le service, il faut alors utiliser la commande :

systemctl --user enable backslash.service

Un certains nombre de liens seront créé pour que systemd puisse lancer le service au démarrage de la session.

Pour démarrer le démon sans relancer la session, il faut classiquement faire :

systemctl --user start backslash.service

Si cela ne fonctionne pas, comme ce fut le cas pour moi, lancez :

systemctl --user status backslash.service

L’état du service vous sera retourné et vous verrez apparaître un « Failure » si la commande de votre service est mauvaise. En l’occurrence, pour moi, ce fut le fait qu’il fallait mettre le chemin complet vers xmodmap, soit /user/bin/xmodmap.

Enfin, après avoir corrigé les problèmes, un :

systemctl --user restart backslash.service

ne suffit pas. Il faut encore recharger l’ensemble des démons de l’utilisateur par :

systemctl --user daemon-reload
Voilà. Systemd peut donc être très utile au niveau utilisateur pour remettre en place des fonds d'écran par exemple ou tout autre commande à lancer au démarrage de la session utilisateur.

Raspberrypi : mise-à-jour stretch-buster

Voici un petit memo pour réaliser la mise-à-jour d’un raspberrypi tournant sous Raspbian stretch vers Raspbian buster.

Tout d’abord, il faut savoir que le téléchargement des paquets nécessaires à la mise-à-jour ne peut se faire que si la place nécessaire pour les stocker est disponible. Pour un système complet, il faut prévoir 8Go. Ainsi, vérifiez avec la commande :

df -h

que celle-ci est bien disponible. Cette commande signifie « disk free -human », soit en français « quelle est la place libre sur le disque, dans un langage humain ». Vous verrez alors apparaître une colonne vous donnant la mémoire disponible directement en Go.

Il faut ensuite réaliser un audit des paquet permettant de savoir si ceux-ci sont dans un état correct pour la mise-à-jour :

sudo dpkg --audit

Puis, il faut voir si des paquet sont bloqués :

sudo dpkg --get-selections | grep hold

L’argument de dpkg permet de récupérer la liste des paquets installés dont on recherche avec grep le motif « hold ». Ce motif signifie que l’utilisateur ne veut pas modifier (mettre-à-jour) le paquet. Comme cela peut poser problème, il faut qu’aucun paquet ne soit dans cet état à moins d’une bonne raison.

Il faut ensuite mettre à jour le système à partir duquel on va faire la mise-à-jour :

sudo apt-get update
sudo apt-get upgrade
sudo apt-get dist-upgrade

La première commande fait une mise-à-jour de la liste des paquets. La seconde mets à jour les paquets non vitaux et la troisième fait la mise-à-jour des paquets vitaux.

Il faut ensuite changer le nom des dépôts pour passer les faire pointer vers la nouvelle distribution Buster :

sudo sed -i /deb/s/stretch/buster/g /etc/apt/sources.list
sudo sed -i /deb/s/stretch/buster/g /etc/apt/sources.list.d/*.list

Ce deux lignes sont complexes. L’idée est de changer toutes les ocurences « strech » en « buster » dans plusieurs fichiers. Comme avec Debian, le fichier « source.list » du répertoire /etc/apt/ est touché. Mais en plus tous les fichiers .list du répertoire /etc/apt/source.list.d/, ce qui est propre à Raspbian.

L’utilitaire permettant ces modifications automatiquement est sed. Dans le cas présent, on utilise -i pour spécifier qu’on va écraser le fichier original. Puis, on spécifie que toutes les lignes (/g) commençant par deb se verront substituer (s) le motif stretch par buster.

Cela fait, on met à jour la liste des paquets de buster :

sudo apt-get update

Puis, on met à jour la distribution :

sudo apt-get upgrade
sudo apt-get dist-upgrade

Des questions vous seront posées auxquelles il faudra répondre Y dans la plupart des cas, à moins de savoir ce que vous faites.

Reste à effacer les paquets qui ne sont plus nécessaires :

sudo apt autoremove -y
sudo apt autoclean

Normalement tout devrait bien se passer. Mais, il arrive que ce ne soit pas le cas. Lisez bien alors les messages d’erreurs, car parfois ils permettent de forcer l’installation de quelques paquets récalcitrants qui peuvent bloquer la mise-à-jour.

La machine est ton seigneur et ton maître

Un ouvrage incroyable.

Les machines ne libéreront jamais l’Homme. Les machines ne seront jamais à la hauteur de ce que peut faire ou penser un être humain.

Par contre, elles sont déjà et seront certainement de plus en plus un outil d’asservissement au service de tous les pouvoir, quels qu’ils soient.

Ce livre retrace l’histoire des esclaves d’aujourd’hui qui sont opprimés pour donner l’illusion que les machines pourraient mener à un monde meilleur. Pour une infime minorité d’exploiteurs à la tête de multinationales voyous comme les GAFAM, elle permettrons certainement d’exprimer une cupidité sans aucune limite, mais sans aucun doute au détriment du reste du monde, au mépris de toute humanité.

Ce petit livre devrait être pour chacun le rappel que les machines tuent et que ceux qui tuent pour les vendre sont à la tête de nos sociétés.

Raspberrypi : bureaux virtuels

Le monde linux connaît bien les bureaux virtuels. Sur Raspberrypi, ils ne sont pas actifs par défaut. Pour les activer, il faut avoir recours à l’interface graphique de gestion du bureau « Open Box Configuration Manager » ou « Obconf » de son petit nom, qui n’est pas présente par défaut dans le menu framboise. Pour la faire apparaître, il faut se rendre dans le préférences de ce menu pour y sélectionner « Main Menu Editor ». Ensuite, dans cet éditeur de menu, il faut sélectionner les « Préférences » est cocher l’item « Open Box Configuration Manager ». Celui-ci apparaît alors dans les préférences du menu framboise.

En s’y rendant, sous l’onglet Bureau, on peut choisir le nombre de bureaux virtuels désirés et éventuellement les nommer.

Pour pouvoir les utiliser, il faut ensuite mettre un widget dans la barre de menus permettant de sélectionner celui sur lequel on veut se trouver. Pour cela, il faut cliquer-droit sur la barre de menus et choisir « Ajouter / Enlever des éléments au tableau de bord ». Ensuite, sous l’onglet « Appliquettes du tableau de bord », il faut choisir à gauche « Ajouter » et ajouter « Gestionnaire de bureaux virtuels ». On peut ensuite, en remontant l’appliquette dans la liste, la déplacer dans le tableau de bord pour une utilisation facilitée.

Reste que la sélection du bureau virtuel doit se faire avec la souris, ce qui n’est pas très agréable. Sous Debian, par exemple, choisir des équivalents claviers pour se déplacer d’un bureau virtuel à l’autre est facilité par un interface graphique. Sous Raspberry, il va falloir passer par l’édition d’un fichier de configuration d’Open Box. Il s’agit de :

~/.config/openbox/lxde-pi-rc.xml

Si ce fichier n’est pas présent, il faut créer dans le répertoire « .config » le répertoire « openbox » et y placer une copie du fichier :

/etc/xdg/openbox/lxde-pi-rc.xml

Ne travaillez pas directement dans le fichier sous etc, car il peut être mis-à-jour. Rendez-vous donc dans celui sous « .config ». Ce fichier contient énormément de choses. Notamment la liste des équivalents claviers. Cherchez-y donc la première ligne du code qui suit :

  <keyboard>
    <chainQuitKey>C-g</chainQuitKey>
    <!-- Keybindings for desktop switching -->
    <keybind key="C-A-Left">
      <action name="GoToDesktop"><to>previous</to><wrap>no</wrap></action>
 <!-- <action name="UnmaximizeFull"/>
      <action name="MaximizeVert"/>
      <action name="MoveResizeTo">
        <width>50%</width>
      </action>
      <action name="MoveToEdge">
        <direction>west</direction>
	    </action> -->
    </keybind>
    <keybind key="C-A-Right">
      <action name="GoToDesktop"><to>next</to><wrap>no</wrap></action>
<!--  <action name="UnmaximizeFull"/>
      <action name="MaximizeVert"/>
      <action name="MoveResizeTo">
        <width>50%</width>
      </action>
      <action name="MoveToEdge">
        <direction>east</direction>
            </action> -->
    </keybind>

Comme vous pouvez le voir, il s’agit de la partie consacrée au clavier. Oubliez les trois premières lignes. La quatrième définit l’équivalent clavier Ctrl-Alt-Left, c’est-à-dire ce qui va se passer quant on va presser simultanément sur Ctrl, Alt et la flèche gauche. En commentaire (<!– … –>) se trouve que que vous pouvez effacer, soit les actions prédéfinies pour cet équivalent clavier. À la place mettez la ligne :

<action name="GoToDesktop"><to>previous</to><wrap>no</wrap></action>

qui définit l’action du changement de bureau virtuel. Pour la flèche gauche, il s’agit de revenir sur le bureau précédent. C’est pourquoi l’action est « previous » et quelques lignes plus bas pour la flèche droite, l’action est « next ». Ainsi, au final, vous devriez avoir :

  <keyboard>
    <chainQuitKey>C-g</chainQuitKey>
    <!-- Keybindings for desktop switching -->
    <keybind key="C-A-Left">
      <action name="GoToDesktop"><to>previous</to><wrap>no</wrap</action>
    </keybind>
    <keybind key="C-A-Right">
      <action name="GoToDesktop"><to>next</to><wrap>no</wrap></action>
    </keybind>

En enregistrant ces modifications, vous pourrez alors changer de bureau directement au clavier, ce qui est très pratique.

Gravelle, Zisly

et les anarchistes naturiens contre la civilisation industrielle

Comme d’habitude, François Jarrige nous livre un ouvrage extraordinaire. L’analyse préalable au recueil de textes est évidemment la bienvenue pour ne pas discréditer préalablement leur contenu comme il est aujourd’hui l’habitude de le faire pour tout opposant au dogmes du monde « moderne », mais c’est surtout la qualité de leur choix qui est remarquable.

La science, le progrès, la croissance sont fortement interpellés par ces textes de plus d’un siècle et qui résonnent pourtant aujourd’hui comme une prémonition de bon sens. Ces textes sont à la fois lumineux et tragiques de l’aveuglement de notre « civilisation actuelle ». À lire absolument.

Brisons le totem de la 5G

Je reproduis ici le texte de positionnement de la Quadrature du Net (https://www.laquadrature.net/2020/10/09/brisons-le-totem-de-la-5g/) quant à la 5G. Il va de soit que j’approuve entièrement leur position. Merci à eux d’être aussi clair et de publier ce texte sous licence libre Creative Commons CC BY-SA 4.0.

Posted on9 octobre 2020

La Quadrature du Net refuse le futur promis par les promoteurs de la 5G.

Nous refusons le rêve d’Ericsson pour qui la 5G ouvrira à la « smart surveillance » un marché de 47 milliards de dollars d’ici 2026. Nous refusons que la vidéosurveillance puisse représenter le marché le plus important des objets connectés permis par la 5G, estimé à 70% en 2020, puis 32% en 2023. Nous refusons le fantasme sécuritaire dans lequel « l’obtention d’image d’une très haute qualité ouvre la voie à l’analyse intelligente de la vidéo via l’IA ». Nous refusons l’ambition de l’ancien employé de Safran, Cédric O, de procéder au déploiement de la 5G quoi qu’il en coûte.

Peu importe que ces promesses soient crédibles ou non, nous mettons en garde contre ce qu’elles représentent. Elles sont le rappel, fait par une industrie techno-sécuritaire qui n’existe que pour elle-même et impose partout son agenda, que nous n’avons jamais eu notre mot à dire sur ces grands programmes industriels ; que cette industrie et ses relais au sein de l’État s’arrogent le droit de nous contrôler au travers de leurs innombrables gadgets, quitte à participer à la ruine de ce monde ; quitte à risquer ce qu’il nous reste d’humanité.

Si l’industrie de la surveillance a fait de la 5G le totem de son monde fantasmé, il nous faut briser ce totem. Nous l’affirmons avec d’autant plus de détermination que nous savons que les politiques en matière de télécoms pourraient avoir un visage bien différent, que les réseaux télécoms pourraient être faits pour les gens et par les gens. Partout en Europe et dans le monde, des alternatives existent. Elles se heurtent malheureusement à l’indifférence coupable et intéressée des gouvernants.

À La Quadrature, les débats sur la 5G ont commencé il y a déjà quelques temps et sont parfois très animés. Au delà de la position commune affichée ici, nous prévoyons de publier différentes tribunes qui seront recensées ci-dessous afin de donner à voir les nuances dans nos positionnements.

https://www.laquadrature.net/2020/10/09/brisons-le-totem-de-la-5g/