Vim et LaTeX

Voici un article amusant qui révèle la difficulté à se séparer de ses préjugés sur le bien fondé des interfaces graphiques.

Cela fait maintenant dix ans que j’utilise Latex et suis entièrement convaincu du bien fondé d’un traitement de texte basé sur un code source. Aucun autre traitement de texte en mode visuel, comme LibreOffice auquel je tire néanmoins ma révérence, ne m’a convaincu. LaTeX est un traitement de texte extraordinaire et le fait qu’il faille l’utiliser à avec un langage de script y est pour beaucoup.

Alors qu’aucun doute ne s’est jamais présenté dans ma tête sur LaTeX, il faut reconnaître que l’utilisation de différents éditeurs graphiques pour LaTeX, comme Texmaker, TexStudio ou Kile, m’a très longtemps empêché d’envisager l’utilisation d’éditeurs en ligne de commande comme vim ou emacs pour rédiger en LaTeX.

Je me lance donc aujourd’hui dans l’aventure avec vim. Pourquoi pas emacs ? Comme déjà dit ailleurs, la présence de vi par défaut sur toutes les distributions linux m’a fait considérer son utilisation avant toute chose. Mais emacs viendra un jour sans aucun doute, tant je considère les idées de RMS comme pertinentes.

Installation

On va ici supposer que LaTeX est installé et fonctionnel, car il s’agit dans cet article de montrer comment l’utiliser avec vim et son plugin vim-latex. Ce dernier est une solution standard et d’autres existent. Mais dans un premier temps, c’est à celle-ci que nous allons nous intéresser.

L’installation, sous Debian, se passe apparemment sans difficultés avec un petit :

apt-get vim-latesuite

Malheureusement, ce n’est pas aussi simple. Sous Debian, il faut encore passer par le README.debian du paquet pour y découvrir que :

… ce paquet fournit la composante latex-suite de vim, mais elle n’est pas activée par défaut. Si vous voulez l’activer sur le compte d’un utilisateur, exécutez :

vim-addons install latex-suite

Pareillement, pour l’activer pour tous les utilisateurs du système, exécutez (sous root) :

vim-addons -w install latex-suite

vim-addons est fourni par le paquet vim-addons-manager, jetez un coup d’œil à sa page de manuel pour plus d’informations.

En plus, vous devez mettre les lignes suivantes :

filetype plugin on
set grepprg)grep\ -nH\ $*
filetype indent on
let g:tex_flavor='latex'

dans ~/.vimrc (ou /etc/vim/vimrc sous root) pour une pleine utilisation. Pour plus d’informations sur ces lignes, type : « :help ls_1 » dans vim (après avoir activé ce plugin avec vim-addons).

Il est nécessaire d’activer le plugin, car la structure permettant de le gérer sera alors créée dans le répertoire ~/.vim/

En plus de cela, d’autres problèmes peuvent apparaître. Étonnamment, après l’activation du plugin, le caractère « é » n’était plus actif. Il était simplement impossible de le taper. Cela était dû au mappage de l’équivalent clavier utilisé par vim-latex pour mettre la commande \item de l’environnement itemize. Pour régler ce problème, il a fallu mettre la ligne suivante dans ~/.vimrc :

imap <buffer> <leader>it <Plug>Tex_InsertItemOnThisLine

comme cela est très bien décrit sur la page de FAQ de vim-latex :

http://vim-latex.sourceforge.net/index.php?subject=faq&title=FAQ#faq-viewing

Signalons enfin que tout au long de mes recherches, un fichier était souvent cité pour des modifications. Il s’agit de ~/.vim/tex.vim. Sous debian ce fichier n’existe pas à cet endroit. De plus, il existe dans ~/.vim/compiler et dans ~/.vim/indent. Enfin, les commandes à modifier n’étaient pas présentes dans ces deux fichiers. Je n’ai découvert le véritable fichier de configuration dans lequel celles-ci se trouvaient qu’en allant dans :

~/vim/ftplugin/latex-suite/texrc

C’est ce fichier qui permet la configuration du plugin vim-latex, mais il faut le savoir.

Utilisation

L’utilisation de vim-latex est relativement simple. En effet, vim détecte l’extension de votre fichier .tex pour modifier son comportement. Ainsi, en créant un fichier test.tex, par exemple, et en y insérant une structure de fichier LaTeX, vous pourrez constater avec plaisir que celle-ci est reconnue. En y mettant cependant quelques section, en enregistrant et quittant le fichier et en le rouvrant, vous aurez cependant la surprise de ne plus retrouver votre code. À l’intérieur de celui-ci seront présents des caractères « + » mis en évidence. C’est le pliage du code. Celui-ci étant activé par défaut, on peut être surpris, surtout si on ne sait pas comment le déplier.

Pour cela, il suffit de mettre le curseur dans la ligne où se trouve le code plié et, en mode normal de vim, de presser za. C’est une bascule. Donc pour replier le code précédemment déplié, il suffit de refaire za. Pour déplier l’ensemble du code, il faut presser zR en mode normal. Pour replier tout le code, toujours en mode normal, il suffit de presser zM.

Beaucoup d’autres commandes vont faciliter la vie pendant l’écriture en LaTeX. Le manuel les décrivant est à l’adresse :

http://vim-latex.sourceforge.net/documentation/latex-suite-quickstart/index.html

Compilation

Pour votre première compilation, il faut naturellement être attentif à avoir placé votre fichier source (.tex) dans un répertoire pour éviter de disperser les nombreux fichier qui vont apparaître.

Après cela, la compilation se fait très simplement en utilisant en mode normal la commande :

\ll

Vous verrez alors apparaître une fenêtre de compilation qui si celle-ci se déroule bien, se refermera rapidement. Une compilation en DVI aura été réalisée. Pour en voir le résultat, il faut utiliser \lv.

Si des erreurs apparaissent, vous verrez votre terminal se diviser en deux parties. L’une contiendra les erreurs et l’autre le code. Vous pourrez alors corriger le code et recompiler pour faire disparaître la fenêtre de compilation.

Configuration de la compilation

Par défaut la compilation produit à partir du code source un fichier DVI. La production de documents utilisant Gnuplot par exemple nécessitant d’une part Gnuplot et d’autre part une compilation en postscript, on peut préciser la chaîne de compilation utilisée par vim-latex dans le fichier ~/.vim/ftplugin/latex-suite/texrc. Il s’agit en réalité d’un lien vers /usr/share/vim/addons/ftplugin/latex-suite/texrc. Or, ce fichier est amené à être mis-à-jour. Il ne faut donc pas l’utiliser directement, mais le copier dans le répertoire personnel à la place de son lien. Pour cela, renommez le lien, puis copiez le fichier en lui donnant comme propriétaire et groupe celui de l’utilisateur.

La structure de compilation choisie est DVI → PS → PDF. Pour le faire comprendre à vim-latex, dans ce fichier, il faut trouver la section « Rules : specifications of programs for compiling and viewing ». Dans celle-ci figurent les lignes suivantes :

if has('macunix')
    TexLet g:Tex_DefaultTargetFormat = 'pdf'
else
    TexLet g:Tex_DefaultTargetFormat = 'pdf'
endif

Selon les plateformes, Mac ou (else) autre, assurez-vous d’abord que le fichier final est est en PDF. C’est ce type de fichier que la commande \lv appellera.

Ensuite, il faut définir la chaîne de compilation. Un peu plus bas, se trouvent les deux lignes suivantes :

TexLet g:Tex_MultipleCompileFormats = 'dvi'
" TexLet g:Tex_FormatDependency_ps = 'ps'

Le premier indique s’il est possible qu’il faille compiler plusieurs fois le fichier et le second comment s’il faut compiler en ps, par exemple (ici le commentaire (« ) indique que la compilation en ps n’est pas requise). Dans notre cas, ces deux fichiers doivent contenir :

TexLet g:Tex_MultipleCompileFormats = 'dvi,ps,pdf'
TexLet g:Tex_FormatDependency_ps = 'dvi,ps,pdf'

La première ligne vous permettra d’éviter de devoir valider après la compilation de chaque fichier. La seconde est la chaîne de compilation choisie.

Plus bas se trouvent les règles de compilation (Compiler Rules). Il s’agit de définir l’appel des logiciels en charge de chaque étape de compilation. Pour la compilation LaTeX, il faut la commande :

TexLet g:Tex_CompileRule_dvi = 'latex -enable-write18 -shell-escape -interaction=nonstopmode -file-line-error-style $*'

Les deux premiers arguments de la commande latex ont ici été ajoutés pour permettre l’utilisation de Gnuplot. C’est cette commande qui est utilisée par défaut pour une compilation en DVI.

Puis, il faut spécifier la commande postscript :

TexLet g:Tex_CompileRule_ps = 'dvips -Ppdf -o $*.ps $*.dvi'

où l’argument -Ppdf pourrait être retiré, car il récupère la configuration de l’imprimante pour optimiser la sortie postscript.

Enfin, il faut spécifier la commande pdf :

TexLet g:Tex_CompileRule_pdf = 'ps2pdf $*.ps'

Ainsi, la compilation se fera automatiquement vers DVI → PS → PDF.

Relevez que si celle-ci ne devait pas permettre le bon visualiseur PDF, il vous faudrait spécifier celui-ci dans la partie qui suit, nommée Viewer rules avec :

TexLet g:Tex_ViewRule_pdf = 'okular'

par exemple.

Enfin, un petit problème est survenu qui rendait désagréable la compilation. Par défaut, l’enregistrement du document ne se faisait pas avant celle-ci, au lancement de la commande \ll. On peut comprendre que certains préfèrent qu’il en soit ainsi. Mais un autre comportement devrait être possible sans qu’il nécessite une utilisation complexe de vim. Or, pour le régler, ce que j’ai pu trouver tout au long de mes recherches pour le faire est de placer les deux lignes suivantes dans mon ~/.vimrc :

autocmd FileType tex call Tex_MakeMap('<leader>ll', ':update!<CR>:call Tex_RunLaTeX()<CR>', 'n', '<buffer>')
autocmd FileType tex call Tex_MakeMap('<leader>ll', '<ESC>:update!<CR>:call Tex_RunLaTeX()<CR>', 'v', '<buffer>')

Je ne commente pas ces lignes qui sont certainement parfaitement évidentes pour tout le monde 🙂 … Reste qu’elle fonctionnent parfaitement.

Utilisation avancée

Verbosité

Tout d’abord, il est possible de régler ne niveau de détection des erreurs grâce à la commande :

:TCLevel numero

Par défaut le numéro 3 permet un niveau moyen de verbosité. En augmentant le niveau, on affiche moins d’erreurs. Pour n’afficher aucune erreur, le niveau à choisir est le numéro 7. Pour afficher toutes les erreurs, le niveau est le 0 ou l’utilisation du mot (sans guillemets) : strict.

En réalité, en définissant le niveau, on choisit les warning à ne pas ignorer. Dans le fichier .vim/ftplugin/latex-suite/texrc, se trouvent les lignes suivantes :

TexLet g:Tex_IgnoreWarnings =
\"Underfull\n".
\"Overfull\n".
\"specifier changed to\n".
\"You have requested\n".
\"Missing number, treated as zero.\n".
\"There were undefined references\n".
\"Citation %.%# undefined"

TexLet g:Tex_IgnoreLevel = 7

En choisissant le niveau 7, on décide de passer sur l’ensemble de tous ces avertissements.

Si, on désire que les avertissements de références définies plusieurs fois ne soient pas pris en compte, on peut ajouter la ligne :

\'Label %.% multiply defined.'

En laissant la variable g:Tex_IgnoreLevel à 7, comme la numérotation commence à 0, cela signifie les erreurs de définition multiple des labels ne seront pas prises en compte, puisque on va ignorer les 7 premières lignes. Pour que celles-ci soient à nouveau prises en compte, il faut donc passer le niveau 6 par défaut. Ainsi, en utilisant la commande :

:TCLevel 7

on élimine les erreurs de labels définis de manière multiple.

Commandes prédéfinies

Un exemple est particulièrement parlant, celui des figures. Pour obtenir facilement une structure de figure, en mode édition de texte, il suffit de taper directement : EFI. La structure qui apparaît alors est la suivante :

\begin{figure}[<+htpb+>]
    \centering
    \includegraphics{<+file+>}
    \caption{<+caption text+>}
    \label{fig:<+label+>}
\end{figure}<++>

On y voit une structure commune de figure avec des éléments à remplir qui se nomment des «Place-Holder». Il s’agit d’endroits où se trouvent les balises <+ et +> entourant un mot. À l’aide de Ctrl J, on peut passer d’un place-holder à l’autre pour remplir ces champs par ce qui est demandé. C’est très efficace. Quand tout est fini, le dernier place-holder sélectionné disparaît.

Une autre commande prédéfinie permet d’obtenir l’environnement d’équations. Il s’agit d’EEQ.

Ci-dessous le manuel de référence :

http://vim-latex.sourceforge.net/documentation/latex-suite-quickstart/

18. Processus en avant/arrière plan

Ce thème de la gestion de la ligne de commande est quelque peu plus complexe que les autres. Il est déroutant, car les raisons pour lesquelles on devrait s’y intéresser ne sont pas évidentes et il peut sembler à priori qu’elles sont même contre productives. Car, même la ligne de commande suppose l’utilisation de fenêtres graphiques. Généralement, lancer un terminal consiste à ouvrir la fenêtre d’un environnement graphique lui correspondant. Par exemple, on lance Terminator à partir du bureau LXQT ou LXDE. Un terminal apparaît donc finalement comme un simple programme particulier, à l’instar d’un navigateur qu’on lance depuis son interface graphique. Pour visiter un site internet, il ne viendrait cependant plus aujourd’hui à l’idée de lancer une instance de Firefox par site visité. Si ce fut le cas au début du net, aujourd’hui on utilise des onglets. Un navigateur apparaît donc comme un programme capable de faire plusieurs choses en même temps et cela sans qu’il soit nécessaire de le quitter.

En un sens, la gestion des processus s’apparente à la gestion des onglets d’un navigateur. Quelles sont les raisons qui poussent à l’utilisation d’onglets dans un navigateur ? On peut en voir plusieurs :

  • on peut changer de site et donc de travail sans fermer celui qui est en cours,
  • on peut grouper des tâches selon des ensembles cohérents de travaux,
  • on peut faire communiquer certains onglets et bénéficier des réglages déjà prédéfini,
  • on peut mieux gérer les problèmes de place dan la fenêtre.

Pour justifier l’intérêt qu’on peut porter à l’étude de la gestion des processus, de la même manière on peut reprendre les points ci-dessus en y ajoutant le fait que celle-ci est très importante dans deux cadres différents :

  • l’utilisation de commandes distantes comme celle de ssh et
  • l’utilisation d’un ordinateur sans aucune interface graphique.

Avant de se lancer dans les différentes méthodes de gestion des processus, remarquez qu’un terminal comme Terminator permet l’ouverture de plusieurs terminaux dans la même fenêtre et même le passage de chaqu’un d’eux en « avant plan », à l’aide de l’équivalent clavier Maj-Ctrl-X (voir l’article http://www.cvgg.org/wordpress/blog/4-terminator-pour-la-ligne-de-commande/). Plus, Terminator permet une gestion de groupement de terminaux, d’onglets, etc, qui est très puissante, mais n’est fonctionnel que dans le cadre de ce programme.


La première commande à connaître est la classique « esperluette ». Classiquement, lorsqu’on lance un programme en ligne de commande en invoquant son seul nom, on bloque le terminal qui attends l’affichage d’informations venant de celui-ci.

Pour rendre la main au terminal et faire passer la commande en arrière plan, il suffit de la terminer par une esperluette :

Texmaker &

Le terminal retourne alors entre crochets le numéro du processus en arrière plan de la console et le numéro d’identification du processus PID permettant de le tuer.

Deux problèmes persistent cependant :

  • les messages et les erreurs de la commande continuent à arriver dans la console dans laquelle on travaille sur de novelles commandes et
  • si on ferme le terminal, la commande en arrière plan est tuée.

Pour résoudre le premier problème, il suffit de rediriger les messages et les erreurs soit sur un fichier, soit à la poubelle :

Texmaker 1>/dev/null 2>/dev/null

Ci-dessus, on a redirigé la sortie standard (1>) et l’erreur standard (2>) vers la poubelle.

Pour résoudre le second problème, il faut abandonner l’esperluette.


La commande « nohup » résous automatiquement les deux problèmes ci-dessus. Elle envoie automatiquement la sortie de la commande dans un fichier nommé nohup.out et elle permet de fermer le terminal sans que la commande ne soit tuée. Attention, un Ctrl-C la tue.

Mais, malheureusement, on ne récupère pas le terminal. On peut donc fermer la fenêtre du terminal sans que l’application ne soit fermée, mais elle est alors complètement détachée du terminal.


Il est donc préférable d’avoir recours à des déplacements des processus en avant et arrière plan. Pour cela, il faut pouvoir arrêter et redémarrer les processus. En effet, il est nécessaire qu’un processus soit en mode pause pour pouvoir le déplacer.

Pour mettre un processus qui fonctionne déjà alors qu’il n’a pas été mis en arrière plan par l’action de l’esperluette, on a recours à :

Ctrl-Z

Par l’action de cet équivalent clavier, on stoppe le processus provisoirement et on rend la console à son utilisateur. Il peut alors passer le processus en arrière plan tout en le redémarrant par la commande :

bg

pour background. Le processus fonctionne alors en arrière plan, comme s’il avait été lancé directement en arrière plan par l’esperluette. Mais, il reste lié à la console et est tué si on la ferme.

Pour récupérer le processus en avant plan, il suffit d’utiliser la commande « fg » pour foreground ou si plusieurs commandes sont en arrière plan la commande suivie de son numéro dans la console :

fg %1

On voit qu’aucune de ces solutions ne sont totalement satisfaisantes, car soit on ne récupère pas la console, soit le processus se termine avec celle-ci.

Pour une solution plus complète, voyons maintenant « screen ».

Vidéo conférence – violation de domicile

J’écris ce petit billet pour faire part de mon immense étonnement face à la ruée du monde enseignant vers les vidéoconférences pour établir un travail d’enseignement à distance pendant le confinement dû au covid.

Jusqu’à présent, j’ai pensé que le domicile était pour chacun un lieu protégé du regard d’autrui, sauf en cas de circonstances si exceptionnelle qu’un juge devait statuer pour délivrer un mandat d’investigation à des policiers tenus de rendre des comptes quant à leurs fouilles.

À l’annonce de la nécessité d’un enseignement à distance, beaucoup d’enseignants ont décidé de donner des leçons en imposant clairement aux élèves le devoir d’utiliser la vidéo et cela, en période de confinement, dans leur domicile et plus particulièrement dans leur chambre. Certains on même demandé de photographier celle-ci. Tout cela avec la bénédiction implicite des départements de l’instruction publique.

Or, non seulement les outils utilisés, comme Zoom, Skype ou Team, sont des logiciels au code fermé dont aucune garantie de confidentialité n’est donnée, à part la parole de leur propres développeurs, mais leur utilisation étant faite sous l’autorité des enseignants, on peut se demander dans quelle mesure il est possible pour des enfants, des adolescents pour lesquels il est déjà difficile d’échapper à la participation à des réseaux sociaux utilisés par leur camarades, de s’opposer à une autorité scolaire qui s’introduit ainsi dans leur foyer.

Pour moi, la réponse est clairement qu’il ne leur est pas possible de refuser. Et non seulement l’élève ne peut le faire, mais sa famille non plus. Est-il normal qu’un enseignant puisse clairement écouter ce qui se passe dans une famille, se rendre compte des discussion qui s’y déroulent, des propos qui peuvent à tort ou à raison être tenu par chacun et plus encore, s’introduire dans l’intimité de la chambre d’un enfant ou d’un adolescent ?

Il est piquant de constater que des enseignants clamant haut et fort avant le covid la nécessité du respect de la vie privée, ne voient rien à redire à l’obligation qu’il donnent à leurs élèves d’utiliser la vidéo. Car, prétendre qu’ils ont le choix n’est pas honnête.

Pour moi, l’utilisation de logiciels de vidéo-conférence, libres et à plus forte raison propriétaires, est clairement une violation de domicile sans aucune justification.

Car il est totalement possible de réaliser un enseignement à distance sans utiliser la vidéo. De plus des logiciels respectueux des données de connexion ou des messages échangés par leur biais avec les élèves existent, le plus connu étant Moodle.

19. Calendrier en ligne de commande

Ce que je voulais c’est la possibilité de mettre/retirer ou voir des événements sur mes calendriers. La recherche d’applications ne fut pas très longue, car une solution s’est imposée d’elle-même : calendar-cli. En effet, est mentionné sur la page de calendar-cli une alternative (gcalendar-cli) dont le g ne me satisfaisait pas (g ne signifiant pas Gnome, mais Goo…). De plus, la philosophie du projet calendar-cli :

The philosophy behind calendar-cli is slightly different, calendar-cli is supposed to be a simple cli-based caldav+ical client. No synchronization, no local storage.

étant simplement parfaite et le fait que celui-ci soit programmé en python m’a définitivement convaincu.

J’ai donc décidé de l’installer.

Le premier problème rencontré a été du à l’utilisation de python3. En effet, selon :

https://static.cinay.xyz/2016/05/calendar-cli-ligne-de-commande.html

il est nécessaire d’installer icalendar, caldav et tzlocal. Or, il existe phython3-icalendar, python3-caldav et python3-tzlocal dans les dépôts. J’ai donc installé tout cela et au premier lancement de calendar-cli me suis vu retourner une erreur liée à l’absence d’une méthode de tzlocal. En inspectant le fichier source, la première chose qui m’a frappé était l’appel à python2 en première ligne. J’ai donc installé python-icalendar, python-caldav et python-tzlocal et cette erreur à disparu.

On verra plus tard que la migration à python3 est en cours.

L’installation ne se fait pas via les dépôts puisqu’il n’y existe pas. Mais sur le second site mentionné ci-dessus, les instructions sont claires :

cd ~/scripts git clone https://github.com/tobixen/calendar-cli

Création d’un lien nommé calendarcmd

sudo ln -s /home/yannick/scripts/calendar-cli/calendar-cli.py /usr/local/bin/calendarcmd

Le fichier de configuration ~/.config/calendar.conf au format json

nano ~/.config/calendar.conf
{ "default": 
  { "caldav_url": "http://foo.bar.example.com/caldav/", 
    "caldav_user": "luser",
    "caldav_pass": "insecure"
  }
}

Les droits sur le fichier de configuration

chmod 0600 ~/.config/calendar.conf

Claires, parfaitement fonctionnelles, mais on en trouve une critique sur le site du projet (premier lien ci-dessus), puisqu’il est conseillé d’utiliser calendar_url pour spécifier l’adresse du calendrier spécifique d’un utilisateur et n’utiliser caldav_url que pour l’adresse du site fournissant les calendriers. Pour Framasoft, par exemple, cela donne :

{ "default":
{ "caldav_url": "https://framagenda.org/remote.php/dav/calendars/",
"calendar_url": "machin@truc.chose/personnel/",
"caldav_user": "nom_utilisateur",
"caldav_pass": "mdp"
},
"professionnel":
{ "caldav_url": "https://framagenda.org/remote.php/dav/calendars/",
"calendar_url": "machin@truc.chose/professionnel/",
"caldav_user": "nom_utilisateur",
"caldav_pass": "mdp"
}
}

Vient ensuite la phase de tests. La commande à lancer est, on l’aura compris : calendarcmd. Mais, quelle est la structure des ses arguments ? Deux exemples sont donnés. Le premier pour ajouter un événement :

calendarcmd calendar add '2016-05-18 11:45:00+2h' 'Test calendrier en ligne de commande'

Tout s’est bien passé. L’événement ajouté, s’est retrouvé comme par miracle sur mon calendrier.

Le second pour voir les événements depuis une date donnée :

calendarcmd calendar agenda --from-time=2016-05-17 --agenda-days=14

Une erreur s’est alors produite :

Traceback (most recent call last):
File "/usr/local/bin/calendarcmd", line 945, in <module>
main()
File "/usr/local/bin/calendarcmd", line 942, in main
ret = args.func(caldav_conn, args)
File "/usr/local/bin/calendarcmd", line 480, in calendar_agenda
events_ = find_calendar(caldav_conn, args).date_search(dtstart, dtend, expand=True)
TypeError: date_search() got an unexpected keyword argument 'expand'

Ici, un digression est nécessaire. La simplicité de cette erreur permettant de ne pas trop s’allonger ici, je me permet de la mettre en valeur pour montrer que l’accès au code source est indéniablement un plus dans ce genre de cas.

La lecture du retour d’erreur est claire : ligne 480 dans le code de la commande calendarcmd se trouve une erreur liée à un argument inattendu : expand. Évidemment, il faut savoir lire et prendre le temps de le faire. De plus, il faut se rappeler que la commande calendarcmd est un lien vers calendar-cli.py (voir ci-dessus). C’est donc dans ce fichier qu’il faut chercher.

À la ligne 480 se trouve :

events_ = find_calendar(caldav_conn, args).date_search(dtstart, dtend, expand=True)

et le problème vient du dernier argument de la méthode date_search de l’objet find_calendar. Évidemment, il est facile de simplement le supprimer, vu que « got an unexpected keyword argument ‘expand’ » dit clairement que python ne comprends pas celui-ci. Le problème est qu’il est parfois risqué de lancer une méthode en lui retirant un argument qui pourrait alors être par défaut différent de celui qui était donné. Enfin, par prudence, avant de le supprimer j’ai tenté de trouver la signature de la méthode (c’est-à-dire la spécification de l’ensemble des arguments qu’il utilise). Mais encore fallait-il savoir où chercher en d’autres termes, à quel module appartenait la méthode date_search où l’objet find_calendar.

À force de recherches, je suis tombé sur la documentation de caldav :

https://pythonhosted.org/caldav/caldav/objects.html#caldav.objects.Calendar.date_search

et y ai trouvé la méthode :date_search(start, end=None, compfilter=’VEVENT’) avec la description des paramètres :

  • start = datetime.today().
  • end = same as above.
  • compfilter = defaults to events only. Set to None to fetch all calendar components.

Le dernier paramètre n’étant pas expand et la valeur par défaut de compfilter étant pour récupérer tous les éléments du calendrier, supprimer le dernier argument devait être possible. Je l’ai donc fait et tout a très bien fonctionné.


Ainsi, les deux commandes de base :

calendarcmd calendar add '2016-05-18 11:45:00+2h' 'Test calendrier en ligne de commande'
calendarcmd calendar agenda --from-time=2016-05-17 --agenda-days=14

s’utilisent maintenant sans difficultés. Attention, la première va fournir en retour d’un ajout réussi, un uid d’événement (un nombre unique) qui est nécessaire pour éventuellement le supprimer (voir ci-dessous).

Pour la gestion de multiples calendriers, il suffit d’ajouter –config-section=professionnel :

calendarcmd calendar --config-section=professionnel agenda --from-time=2016-05-17 --agenda-days=14

pour obtenir les événements du calendrier professionnel. Pour en retirer :

calendarcmd calendar delete --event-uid=l_uid_de_l_evenement

Malheureusement, le retrait d’évènements par date n’est pas encore implémenté.

Pour trouver des événements et les supprimer, il faut leur uid. La commande suivante permet de les obtenir :

calendarcmd calendar --config-section=professionnel agenda --event-template "{dtstart} {summary} {uid}"

Elle retourne les événements du calendrier spécifié avec leur date de départ, le texte de commentaire et l’uid.

0. Ligne de commande

Mis en avant

Suite à mon article sur la nécessité d’une autre informatique, beaucoup moins dépendante des interfaces graphiques et aux antipodes de la vidéo et suite aux nombreux autres articles que j’ai rédigés sur différents aspects d’une informatique en ligne de commande, voici un petit tour d’horizon de ce qu’il est possible de faire de cette manière :

  1. Pourquoi relever ses mails en ligne de commande
  2. Comment relever ses mails en ligne de commande 1
  3. Comment relever ses mails en ligne de commande 2
  4. Terminator pour la ligne de commande
  5. Gérer ses fichiers en ligne de commande
  6. Naviguer en ligne de comande
  7. Lynx, midnight commander et mutt transparents dans terminator
  8. Installer un shell particulier : zsh
  9. Gestion du temps et des tâches en ligne de commande
  10. Redimensionner en ligne de commande
  11. Flux RSS en ligne de commande
  12. De la musique en ligne de commande
  13. GNUpg en ligne de commande
  14. Images en ligne de commande : planche de contact
  15. Carnet d’adresse en ligne de commande
  16. Mutt avancé en ligne de commande
  17. Covid eo 19
  18. Processus en avant/arrière plan
  19. Calendrier en ligne de commande
  20. Suivi de poids en ligne de commande
  21. Météo en ligne de commande
  22. Éditer du texte en ligne de commande
  23. Email, mon amour
  24. Vim et LaTeX
  25. Vit et taskwarrior
  26. Git introduction
  27. Git et les branches
  28. Code is Education
  29. Images en ligne de commande : imagemagick

Écrire n’est pas un métier, c’est une envie

Covid eo 19

Cet article a pour but de souligner les conséquences informatiques démesurées de la crise sanitaire que nous vivons. En particulier dans l’enseignement.

Si quelques voix s’élèvent aujourd’hui pour en rendre la mesure plus juste, il me semble que le manque d’analyse et de retenue dans l’utilisation des technologies qui nous sont proposées va avoir de lourdes conséquences sur l’avenir.

Les raisons qui m’ont poussé l’abandon de la voiture étant les mêmes que celles qui me poussent à lancer cet appel, j’aimerais dire ici toute l’absurdité que je conçoit dans l’utilisation d’un tel moyen de transport inefficace. Dans un monde qui met le rendement presque au-dessus de toute valeur, comment comprendre en effet une immense majorité des déplacements dans un objet de plusieurs tonnes sur quelques kilomètres pour ramener du pain par exemple, généralement pour déplacer une unique personne de moins de cent kilogrammes. Comment comprendre l’utilisation d’un tel véhicule alors qu’on évoque plus depuis longtemps la pandémie de morts qui lui est liée, tant en raison de la pollution et des accidents qu’en raison de la diminution de l’activité physique qu’elle induit.

Comme avec l’automobile, la crise actuelle nous fait perdre tout sens de la mesure. Elle dirige nos actions vers des facilités qui cachent leurs coûts. Les immenses efforts consentis aujourd’hui pour généraliser la vidéo comme moyen de communication évident entre les gens ressemblent fortement à la publicité faite pour inscrire la voiture dans cette même perspective. Autour d’un feu, des amis se rencontrent grace à leur voiture en arrière plan. L’image est aujourd’hui incomplète ou désuète. Il y manque les smartphones connectés en 5G sur Microsoft Team.

Le streaming, la publicité, les traceurs constituent aujourd’hui l’immense majorité du trafic réseau et ainsi, l’immense majorité de la pollution qui lui est lié. Or, à l’instar des voitures, la question du rendement de ces pratiques se pose. Pour moi, déplacer une information par un canal vidéo, c’est comme déplacer du pain dans un 4×4. Dans les trois domaines que je connais, la physique, l’informatique et les mathématiques, la quasi totalité des vidéos disponibles présente une information qui tiendrait sur une page de texte et qui est clairement très en deçà de ce que peut fournir un texte. Par ailleurs, le travail nécessaire pour construire des vidéos de qualité est simplement hors de portée de la plupart des gens. On ne s’improvise pas scénariste, metteur en scène, cameraman et monteur facilement.

Ainsi, si l’information transmise par les vidéos est souvent très pauvre, son coût est très important.

En terme de stockage d’abord. Il est évident qu’à vingt-cinq images par seconde, la photographie est clairement disqualifiée. Et les prodiges accomplis par les ingénieurs pour obtenir toujours de plus grandes capacités, s’apparentent le plus souvent à un incitation à ne plus réfléchir à ce qu’on fait, exactement comme dans le cas de la taille des automobiles où le « au cas où » règne. Or, aujourd’hui ce stockage à des coûts énergétiques non négligeables.

En terme de flux ensuite, puisque le streaming de toute nature (vidéo on demand, visio conférence, …) est un énorme consommateur de bande passante qui sollicite tellement les infrastructures (serveurs, routeurs, clients, …) que notre environnement s’en trouve modifié. L’implantation d’antennes de grande capacité devient indispensable à l’acheminement de ce flux de données qui, je l’affirme ici, s’apparente plus à du bruit qu’à de l’information.

En terme de protection des données aussi, puisque non seulement l’arrivée des images dans la maison livre aux multinationales (les GAFAM, dont Microsoft fait partie) des informations sensibles sur nos modes de vie, sur les conversations de tiers non prévenus dans la maison, sur des éléments de mobilier sans aucun doute facilement reconnus par des programmes de reconnaissance d’objets. Comme l’ont montré l’espionnage par le logiciel Zoom détournant sans accord préalable des données au profit de Facebook et l’affaire Snowden, tous les acteurs fournissant des logiciels dont personne ne peut contrôler le code, ont des intérêts certains à récolter nos données. De plus, un élève n’est jamais en situation de refuser un entretien par visioconférence demandé par une autorité comme un enseignant. Comme souvent celui-ci se déroule dans la chambre même de l’élève, s’il utilise son ordinateur personnel ou son smartphone, tant le lieu de vie d’une personne est … personnel, c’est un regard totalement injustifié porté sur son intimité par quelqu’un qui le force à se montrer. Cela n’est pas admissible.

Enfin, de tous les points de vue, demander à des élèves d’utiliser des applications en vue de vidéo conférence, me paraît être une très mauvaise idée. Ces applications s’apparentent à des réseaux sociaux, avec tous leur défauts, auxquels on force les jeunes à adhérer. Microsoft l’a très bien compris et la promotion faite par les services techniques pour des applications comme Team, qui laisse supposer que Moodle, logiciel gratuit, libre et qui peut être autohébergé et donc parfaitement auditable par un préposé à la sécurité des données, tant du point de vue de ses conditions d’utilisation que du code source qu’il utilise, ne satisferait pas à ces même conditions, n’est simplement pas acceptable.

La nécessité d’un enseignement à distance ne doit pas se faire au détriment des intérêts des élèves. Leur demander d’installer des applications fermées, dont on ne peut assurer qu’elles ne contiennent pas de traceurs n’est pas admissible. Faire autrement signifie donc un retour aux standards : les navigateurs web, Firefox en particulier. C’est la seule manière, hors l’utilisation de logiciels totalement libres, de pouvoir tenter de s’assurer, en tant que client d’un service, qu’on n’est pas pisté. C’est la seule manière d’avertir les élèves du risque indéniable que ces applications font planer sur leurs vies et des moyens de s’en prémunir. Pour les enseignants, c’est la seule manière d’être honnête vis à vis de leurs élèves et de ce point de vue, mais de de plein d’autres aussi, Moodle est clairement un système d’enseignement à distance à privilégier.

Enfin, à l’instar des tenants des vidéos-conférences qui étudient à la loupe toutes les fonctionnalités de leur applications, comme le font les automobilistes pour leur machines polluantes, pour en réduire les « petits » inconvénients, il me semble nécessaire non seulement d’exprimer clairement l’inutilité du recours à la vidéo dans l’immense majorité des cas, mais la nécessité de faire la promotion du texte, moyen de transport de l’information par excellence du point de vue du rendement.

C’est la raison pour laquelle, je propose sur ce site, de l’information pour faire de l’informatique en ligne de commande. Informatique qui n’est certainement pas de moins bonne qualité pour cette raison, faut-il le préciser.