Enseignement à distance

Une faible proportion d’enseignants utilisent vraiment des moyens informatiques autres que le traitement de texte. Même les présentations sur un beamer sont relativement rares.

Mais sont-elles vraiment nécessaires, direz-vous ? Qu’apportent à elles de plus qu’un tableau noir ?

Pour les arts visuels, elles offrent certainement un plus lié à la gestion des images. De même que pour l’astrophysique ou la géographie où les images sont vecteurs d’informations essentielles.

Dans l’enseignement, il existe beaucoup de types de vecteurs d’informations : les cours ou polycopiés dans lesquels se trouvent des exercices, des liens ou images de référence, des tests formatifs, des vidéos, des fichiers de modèle de tous types, des événements avec date et résumé ou compte rendu …

La plupart du temps l’accès à ces informations n’est pas garantie, ni en contenu, ni en tout temps. Par exemple, certains enseignants refusent tout simplement de donner leurs corrigés ou les donnent après un certain temps ou oublient de le faire. Les élèves quant à eux les perdent, les prêtent sans les récupérer, ne les ont pas au bon moment … Sauf à ne pas les donner, aucun reproche n’est à faire, le constat est simplement là d’une réelle difficulté d’accès pérenne à l’information.

L’une des solutions à ce problème est l’utilisation d’un système d’enseignement à distance. Mais, l’outil fait peur au corps enseignant. Comment peut-on penser enseigner à distance ? Est-ce vraiment faisable ?

Pourtant, sans aucunement prétendre remplacer l’enseignant, un tel système peut l’aider considérablement. Car remettre des cours et exercices aux élèves, les retrouver pour ceux qui les ont égarés, rappeler les liens vers une documentation pertinente déjà citée, rappeler toute forme d’échéance oubliée et parfois contestée par les élèves, se remémorer soi-même ce qu’on a déjà distribué, etc, ne sont pas les tâches les plus intéressantes qu’un enseignant doit réaliser. On peut en faire le reproche aux élèves de devoir les répéter sans cesse, mais si on ne veut pas un jour devoir s’en faire le reproche pour soi-même, il faut admettre déléguer ces taches à un système qui va les prendre en charge à notre place.

Et alors, au contraire de perdre une partie de la maîtrise de son
enseignement, cela nous permettra d’avoir plus de temps pour mieux le réaliser.

L’un des systèmes particulièrement bien abouti, très stable, libre, gratuit et utilisé par de très nombreuses écoles, du secondaire aux Écoles Polytechniques en passant par l’Université permettant la mise à disposition automatique et pérenne des informations évoquées ci-dessus se nomme Moodle. Passé quelques temps d’apprentissage de l’outil, il devient une aide incontournable pour tout enseignant un peu curieux.

Informatique au lycée

Le canton de Neuchâtel vient de prendre la décision d’exigences supplémentaires par rapport aux autres branches pour le français, l’allemand, les mathématiques et l’option spécifique, revenant ainsi sur les décisions liées à la nouvelle maturité.

Pourquoi ces branches ? Elles sont très importantes direz-vous. En tout cas bien plus que l’informatique, domaine dans lequel beaucoup d’enseignants et visiblement de politiques brillent par des compétences plus que minimales. Au lycée, l’informatique n’est à la plupart jamais enseignée. Et ne parlons pas d’informatique dans les branches, car si on en tiens compte, on pourrais ne plus enseigner le français pour lui-même. Avec la langue natale, l’informatique est aujourd’hui la branche qui sera la plus utile aux élèves.

Deux périodes par semaine pendant deux ans pour quelques élèves, il s’agit de l’option complémentaire, c’est totalement insuffisant !

Vus les enjeux, ce sont non seulement une option spécifique d’informatique, mais aussi des cours de discipline fondamentale dans cette branche qui sont absolument nécessaires.

Puissance

Pour utiliser un traitement de texte ou un tableur, aller sur internet, consulter ses mails voir même faire du traitement d’image de taille raisonnable en fonction des besoins de la plupart des gens, nul besoin d’un ordinateur, d’une tablette ou d’un téléphone dernier cri.

En particulier dans les écoles ou la puissance n’est très clairement généralement pas nécessaire. La durée de vie des machines peut donc être très longue, y compris pour les tablettes. Dix ans est un minimum.

Or, la frénésie de consommation de la plupart des gens, enseignants compris, les conseils irresponsables des vendeurs de matériel, voir les politiques scandaleuses de remplacement de téléphones pour maintenir des abonnements, montrent que la puissance physique coûteuse passe bien après la puissance numérique qu’on voudrait nous faire croire virtuelle.

On amende pour le non respect de la circulation, pourquoi ne pas amender les fabriquant d’excès de puissance ?

Logiciels libres

Ma liberté s’arrête là où celle des autres commence.

Plus généralement que les logiciels libres tous les mouvements liés au savoir libre montrent que

ma liberté commence avec celle des autres

Il est intéressant de noter qu’autoriser l’accès au code source d’un programme a été une idée révolutionnaire il y a encore très peu de temps, que montrer aux autres ce qu’on fait ne vas pas encore de soit. La raison ? L’autre qui restreint ma liberté de le faire ?
La réponse des tenant du libre : sois assuré que ta liberté sera préservée. Nous on exerce notre liberté en te permettant d’accéder à notre savoir pratiquement sans conditions.
Radical et lumineux, il s’agit d’une libre décision qui renverse les priorités. D’abord ta liberté, comme ensuite la mienne. Et tout le monde y gagne.
Révolutionnaire.

Réparation

Réparer, re-parer, être à nouveau paré pour continuer à fonctionner. Ce n’est jamais revenir à l’état antérieur.
Pour une machine, changer une pièce qui lui permet de retrouver sa fonction ne signifie pas la remettre en l’état précédent puisque introduire une nouvelle pièce la fragilise de l’incertitude amenée par son histoire. Elle est peut-être plus fragile que la précédente. Mais surtout changer signifie jeter l’ancienne. Faire un déchet.
Pour un logiciel, réparer, debuger, enlever le bug, à l’évidence ne signifie pas revenir en arrière, au contraire. C’est évoluer vers mieux semble-t-il. Mais est-ce vraiment le cas ? Car réparer, re-parer, c’est aussi, plus souvent que pour la machine, redonner du lustre, aller plus loin que la réparation, mettre à jour, augmenter les fonctionnalités. Cela dans le temps et la version.
Pour une personne, le temps s’impose. La matière, vivante, aussi. Temps et matière vivante effacent la version et empêchent aussi le retour à l’original, la réparation véritable. On ne répare jamais totalement une fracture, on garde toujours la trace d’une humiliation.
Autant en informatique que dans l’enseignement, on ne répare rien. On évolue. Une sauvegarde limite les dégâts, un redoublement en fait.