10. Redimensionner en ligne de commande

Pour redimensionner un lot d’images en ligne de commande, on peut utiliser ffmpeg. Ce paquet (à installer sur votre système) dispose d’une commande nommée :

mogrify

Cette commande remplace les fichiers sources par les fichiers modifiée, à moins qu’on lui spécifie un chemin particulier à l’aide de l’option path :

mogrify -resize 50% -quality 80 -path mon_dossier *.jpg

Cette commande diminue la taille des images du répertoire courant par deux, les compresse à 80% et les place dans le répertoire mon_dossier.

Il faut relever qu’on peut spécifier la taille en pixels : -resize 800×600 par exemple.

On peut aussi modifier la résolution

convert -units PixelsPerInch -density 300 image.jpg

Finalement, on peut utiliser une autre commande ffmpeg pour obtenir des informations sur l’image :

identify -verbose image.jpg | grep Quality

Sans le -verbose, on obtient moins d’informations et le pipe (|) sur grep permet la recherche sur le mot Quality.

Voilà, évidemment un man sur mogrify ou ffmpeg vous en dira plus.

3. Comment relever ses mails en ligne de commande

Dans la partie 2, on a vu comment installer et configurer les outils nécessaires pour relever ses mails en ligne de commande. Essentiellement, il s’agit de fetchmail et Mutt.

Ainsi, pour relever ses mails, on utilise la suite de commandes suivantes :

fetchmail -kv -m "/usr/bin/procmail -d %T" & mutt -y

Pour rappel, succinctement, fetchmail/procmail va relever les mails et les distribuer dans les boites aux lettres (k laisse les messages sur le serveur, v rend fetchmail verbeux et m les envoie à procmail pour le tri). Puis, on lance mutt (y pour avoir les boites aux lettres).

Il faut maintenant apprendre à utiliser mutt.

De manière générale, si à la ligne de commande correspond un réel gain de temps, il est évident qu’il faut en apprendre la philosophie. Avec elle, lire attentivement, posément, est un impératif. Mémoriser des équivalents claviers est nécessaire, même s’il ne faut pas en exagérer la difficulté. Avec des interfaces graphiques la mauvaise réactivité permet de trouver normal de devoir parcourir les menus presque au ralenti. En ligne de commande , comme tout va plus vite, on a parfois l’impression d’exigences plus élevées. Ce n’est pas le cas évidemment et si comme avec tout logiciel il faut un certain temps pour être à l’aise, il n’est pas nécessaire de le faire rapidement et d’envisager de tout connaître.

On va donc ici donner quelques manipulations simples pour s’en sortir au mieux. Ensuite, à chacun de rechercher les fonctions que son usage réclame. La maxime RTFM (read the fucking manuel) sera donc de mise.

Lorsque mutt est lancé avec l’option -y, on arrive directement sur les différentes boites aux lettres.

Relevons cependant quelques éléments pratiques qui pourraient poser des problèmes :

  • Pour effacer des messages, il suffit de les marquer de la lettre « D » en pressant la touche <d> sur le message sélectionné. C’est simple. Mais, il faut relever que quand le message est marqué « D », il n’est plus possible de le sélectionner. Annuler l’effacement semble donc problématique. La solution est de se positionner dans la liste des messages sur le message suivant en date qui n’a pas été effacé et de presser la touche <u>. Ainsi, le message effacé ne le sera plus.
  • Quand on lance mutt par la commande <mutt -y>, on obtient la liste des boîtes aux lettres. Quand on a choisi d’en consulter une et qu’on est sur la liste des messages qu’elle contient, pour revenir aux boîtes aux lettres, il suffit de presser la touche y.

Voici enfin une liste des équivalents claviers qui permettent de gérer au mieux vos mails :


? pour obtenir de l’aide

t pour modifier la liste des destinataires,
c pour modifier la liste des personnes en Cc,
b pour modifier la liste des personnes en Bcc,
s pour modifier le sujet,
e pour rééditer le message,
a pour attacher des fichiers au mail,
p pour accéder aux fonctions de cryptage et de signature de GnuPG (voir ci-dessous),
q pour annuler l’envoi du mail,
y pour envoyer le mail.
r pour répondre à l’expéditeur du mail sélectionné,
g pour répondre à l’expéditeur et aux autres destinataires du mail sélectionné,
Tab pour aller au mail non lu suivant,
v pour faire la liste des fichiers attachés d’un mail puis s pour les détacher et les enregistrer sur le disque dur,
h pour afficher/cacher le message avec tous ses headers,
f pour transférer le mail sélectionné à quelqu’un,
d pour marquer le mail comme devant être effacé,
u pour annuler le marquage d’effacement,
F pour marquer/démarquer le message comme important, i.e. afficher un point d’exclamation au niveau du message,

a pour ajouter ou éditer l’entrée de l’expéditeur du message dans le carnet d’adresse,

$ pour réactualiser la boîte mail (effacer les messages marqués comme devant être effacés et afficher les messages qui viennent d’arriver),
G pour aller directement à la liste des boites mails,
o pour trier les messages de la boîte mail : il propose alors le choix entre un tri par date, par expéditeur, par destinataire, par sujet, par discussion (tri normal), etc…
w pour mettre un flag sur un message : il propose alors une liste des flags (cela permet notamment de remettre un message comme non-lu en remettant le flag N),
W pour enlever un flag ; par exemple W suivi de N marque comme lu le message,

q pour quitter Mutt.

8. Installer un shell particulier : zsh

Après avoir installé terminator, un émulateur de terminal, on peut vouloir utiliser un shell particulier, différent de bash. Nous allons voir ici comment installer et configurer quelque peu un autre shell que bash, le shell zsh.

Sous debian des paquets sont disponibles. Il s’agit de :

zsh zsh-common zsh-syntax-highlighting zsh-theme-powerlevel9k

qu’il faut installer avec apt-get.

Ensuite, on va installer un framework permettant de gérer la configuration de zsh :

sh -c "$(curl -fsSL https://raw.github.com/robbyrussell/oh-my-zsh/master/tools/install.sh)"

Cela va installer un fichier ~/.zshrc dans lequel il faut choisir le thème que nous allons utiliser : powerlevel9k. On le fait par :

echo 'source /usr/share/powerlevel9k/powerlevel9k.zsh-theme' >> ~/.zshrc

et on recharge le fichier de configuration de zsh :

source ~/.zshrc

Si cela ne devait pas fonctionner, une autre manière d’installer le thème powerlevel9k et de le rapatrier par :

git clone https://github.com/bhilburn/powerlevel9k.git ~/.oh-my-zsh/custom/themes/powerlevel9k

Puis d’installer les fontes powerline par :

apt-get install fonts-powerline

et d’indiquer l’utilisation du thème dans le fichier ~/.zshrc par :

ZSH_THEME="powerlevel9k/powerlevel9k"

tout en n’oubliant pas de re-sourcer ce fichier :

source ~/.zshrc

On peut ensuite installer la coloration syntaxique par :

git clone https://github.com/zsh-users/zsh-syntax-highlighting.git $(ZSH_CUSTOM:-~/.oh-my-zsh/custom)/plugins/zsh-syntax-highlighting

et en déclarant le plugin dans le fichier ~/.zshrc :

plugins=( ... zsh-syntax-highlighting ... )

Enfin, pour que les indications du shell ne se trouvent pas sur la même ligne que ce qu’on va taper, il faut réaliser un passage automatique de la ligne en ajoutant au fichier de configuration de zsh (~/.zshrc) la ligne suivante :

POWERLEVEL9K_PROMPT_ON_NEWLINE=true

Beaucoup d’autres possibilités de configuration sont possibles. Une introduction intéressante a été donnée dans le numéro 217 de Linux Magazine de juillet-août 2018.

4. Terminator pour la ligne de commande

Pour générer ses mails, naviguer, mettre de l’ordre dans ses fichiers et plus encore en ligne de commande, il faut un bon émulateur de terminal. Terminator est connu pour permettre une configuration très souple et particulièrement bien adaptée à un tel travail.

Je vais ici présenter l’essentiel de ce qui est nécessaire pour pouvoir travailler confortablement avec cet outil.

Après installation par la commande :

apt-get install terminator

il faut passer par le menu de configuration. On lance donc terminator par le menu et on choisit ses « Préférences » par click droit sur celui-ci.

Ensuite, dans le menu global, sous « État de la fenêtre : », on choisit « Maximisé ». Ainsi, terminator s’ouvrira en mode plein écran.

Puis, on change l' »Arrière plan » du « Profil » par « Défaut », pour le mettre en mode « Transparent » à 0.7, soit avec 30% de transparence.

Avec un écran relativement grand, on peut demander à terminator de créer trois émulateurs au démarrage. Pour cela, on commence par ajouter/scinder nos émulateurs à l’aide des options de « Division » du menu contextuel sous le click droit. On configure donc notre fenêtre terminator comme on l’entend. Puis, toujours dans les préférences, on enregistre cette disposition comme celle par défaut dans le menu « Dispositions ». Attention, il ne faut pas ajouter une disposition, mais simplement presser le bouton enregistrer alors que la configuration par défaut est sélectionnée.

Et voilà, c’est simple, mais la configuration des dispositions peut s’avérer difficile par ajout. À vous de faire vos expériences.

5. Gérer ses fichiers en ligne de commande

Les navigateurs de fichiers utilisent des commandes texte pour permettre une gestion graphique des fichiers. Il est parfaitement possible de gérer ses fichiers directement dans un émulateur de terminal en ligne de commande pure. Entre les deux se trouvent Midnight Commander, mc pour les intimes, ou Ranger des gestionnaires de fichier en ligne de commande. Quelle différence avec une gestion directement dans la console ?

Midnight Commander

Fondamentalement, le principe de fonctionnement de mc repose sur sa présentation des fichiers dans deux volets gauche et droite. Il ne faut pas perdre cela de vue. Par ailleurs, en lieux et place de commandes texte, les touches F1, … ou même la souris prennent un rôle important.

En bas de la fenêtre, se trouvent des nombres correspondant chacun au touches F1, F2, … avec en regard un mot introduisant leur rôle. Par exemple, <1 Aide> fait comprendre que la touche <F1> permet d’obtenir l’aide. Ainsi aussi, <F2> donne accès à un menu permettant différentes opérations sur les fichiers, <F3> lance un visualiseur de fichier prédéfini, <F4> lance un éditeur de texte prédéfini sur le fichier sélectionné, <F5> copie un fichier d’un volet à l’autre (il faut au préalable sélectionner la destination dans le volet opposé à celui où est sélectionné le fichier), <F6> coupe colle un fichier sélectionné dans le volet opposé ou le renomme si on spécifie un autre nom, <F7> crée un répertoire, <F8> supprime un fichier ou un répertoire, <F9> bascule entre la barre de menu et les volets, <F10> permet de quitter les menus sélectionnés ou mc lui-même.
On peut aussi accéder à ces fonctions à l’aide de la souris.

Tout en haut, se trouvent les menus <Gauche>, <Fichier>, <Commande>, <Options> et <Droite> dont chaque élément est clairement décrit par son nom. C’est évidemment là que se trouvent les avantages de mc sur la ligne de commande pure.
Par exemple, dans le menu fichier se trouve un item «Chmod» permettant de modifier les droits des fichiers à la souris en cliquant simplement sur une liste très explicite.
Je vous laisse découvrir le reste.

Finalement, la ligne de commande est toujours accessible juste au-dessus de la barre des fonctions F1, …

Ranger

Il s’agit ici d’un gestionnaire de fichier remarquable par sa simplicité. Même s’il est configurable différemment, l’idée est de présenter l’arborescence à trois niveaux. Au centre, une colonne avec le répertoire dans lequel on se trouve, à gauche les fichier ou dossiers du répertoire supérieur et à droite ceux du répertoire inférieur. C’est tout. Aucun bandeau supplémentaire.

Pour agir sur les fichier ou dossiers sélectionnés, deux méthodes sont possibles :

  • une touche de fonction ou un équivalent clavier ou
  • la touche deux-points (:) qui donne un accès direct à la ligne de commande dans le répertoire de travail.

Dans le premier cas, il faut connaître les associations de touches-actions. Elles sont décrites dans le document ci-dessous fourni sur le site de Ranger.

Les touches spécifiques à Ranger

Quant à la seconde manière d’agir, elle nous relie directement au terminal et je ne vais pas décrire ici les commandes qui lui sont spécifiques.

Par contre, celle-ci permet d’accéder à des fonctions spécifique à Ranger. Un unique exemple suffira. Comment afficher dans Ranger les fichiers cachés ? Simplement en modifiant au vol la préférence du navigateur correspondant à l’affichage de ces fichiers. Pour cela, il faut passer en ligne de commande à l’aide de la touche deux-points (:) et écrire :

:set show_hidden true

:set show_hidden false

pour afficher ou cacher les fichiers cachés.

Il existe cependant un raccourci permettant de faire cela plus facilement :

CTRL h

Il s’agit d’une bascule : un pression et on voit les fichiers cachés, une autre et ils disparaissent

Reste à dire que Ranger dispose d’équivalents claviers qui ne dépayseront pas les utilisateurs de vi, ce qui est une très bonne chose.

Par exemple, pour couper/copier/coller des fichiers d’un répertoire à un autre, il suffit de les sélectionner avec la barre d’espace, puis pour les couper taper dd ou pour les coller taper yy, d’aller dans le répertoire de destination et de taper pp.

Une dernière chose à savoir, pour choisir quel logiciel utiliser pour ouvrir un fichier, il suffit de presser la touche r et Ranger proposera tous les logiciels disponibles pour ce type de fichier dans un menu déroulant. TOP.

Lien intéressant : Ranger LE navigateur de fichier en mode terminal

6. Naviguer en ligne de commande

Le pas a réaliser pour se mettre à naviguer sur le net en ligne de commande est grand. Cela pour deux raisons. La première est qu’on imagine difficilement de le faire sans images. La seconde est que beaucoup de site ne sont clairement pas adaptés à ce type d’accès.

Pourtant, en ligne de commande, la navigation est si rapide qu’il est très agréable de le faire. J’aimerais ici montrer que bien souvent l’utilisation d’un autre type de navigateur est inutile. Dans un premier temps, il ne s’agit pas de se passer systématiquement d’un navigateur classique, mais de découvrir le réel plaisir qu’on peut avoir en ligne de commande. Nous aborderons plus tard les cas où cette navigation est assez difficile pour qu’un autre navigateur soit nécessaire.

Le navigateur que nous allons utiliser est Lynx. Pour l’installer, il suffit de faire un petit :

apt-get install lynx

Ensuite, pour lancer la navigation, on peut simplement écrire :

lynx www.duckduckgo.com

pour se rendre directement sur un site ou simplement lynx, sans arguments. Dans ce cas, il faut alors taper la lettre <g> pour pouvoir entrer une url et s’y rendre par un <return>.

La navigation est aisée en utilisant soit les flèches haut-bas pour se rendre dans un champ  de recherche, comme sur duckduckgo.com ou se déplacer dans des liens, soit la flèche gauche pour revenir à un moteur de recherche après la visite d’un site ou la flèche droite pour accéder au site à partir d’un lien.


Le premier point nécessaire à une utilisation efficace d’un navigateur est de disposer de signets.

Lynx dispose d’un mécanisme d’ajout de signets. Il suffit de presser la touche <a>. On a alors deux choix possibles :

  • la touche nous mène à ajouter l’url du document en consultation et
  • la touche nous mène à ajouter l’url du lien dans lequel se trouve le curseur.

Il suffit ensuite d’accepter ou de donner un nouveau nom au signet pour qu’il soit enregistré dans un fichier de signet unique. C’est le comportement par défaut avec le mode de multi-bookmark de lynx désactivé (OFF).

Mais il est possible d’activer deux modes permettant une gestion plus fine des signets. Il s’agit des modes STANDARD et ADVANCED.

Le choix de ces modes se fait dans les options de lynx. On se rend dans celles-ci en pressant la touche <o>. À la ligne :

Signets multiples : [OFF / STANDARD / ADVANCED]

on peut choisir le mode désiré.

En mode STANDARD, lynx offre l’accès à 26 fichiers de signets correspondant aux 26 lettres de l’alphabet. Chaque fichier doit avoir un nom et une url pointant vers lui. Pour les définir, dans les options il faut cliquer sur «Aller au menu signets multiples» en regard du texte «Revoir / Éditer les fichiers signets», puis choisir la lettre sous laquelle on veut le fichier et spécifier son nom, par exemple «Moteurs de recherche», et son url, par expemple, «./signetsLynx/recherche.html». Le «./» est nécessaire si le(s) fichier(s) de signets est/sont dans un répertoire.

Alors, pour ajouter un signet, on procède comme dans le mode OFF, sauf qu’après l’ajout <a>, il faut spécifier la lettre du fichier de signets.

Je vous laisse découvrir par vous-même le mode ADVANCED.


Finalement, pour utiliser les signets, c’est la touche <v> qu’il faut simplement presser pour accéder à l’unique fichier de signets en mode OFF. On peut alors, en mode STANDARD, choisir les fichier des signets désirés en pressant la touche correspondante.

Voilà pour cette petite introduction à Lynx. Bonne navigation.