3. Comment relever ses mails en ligne de commande

Dans la première partie, on a vu comment installer et configurer les outils nécessaires pour relever ses mails en ligne de commande. Essentiellement, il s’agit de fetchmail et Mutt.

Ainsi, pour relever ses mails, on utilise la suite de commandes suivantes :

fetchmail -kv -m "/usr/bin/procmail -d %T" & mutt -y

Pour rappel, succinctement, fetchmail/procmail va relever les mails et les distribuer dans les boites aux lettres (k laisse les messages sur le serveur, v rend fetchmail verbeux et m les envoie à procmail pour le tri). Puis, on lance mutt (y pour avoir les boites aux lettres).

Il faut maintenant apprendre à utiliser mutt.

De manière générale, si à la ligne de commande correspond un réel gain de temps, il est évident qu’il faut en apprendre la philosophie. Avec elle, lire attentivement, posément, est un impératif. Mémoriser des équivalents claviers est nécessaire, même s’il ne faut pas en exagérer la difficulté. Avec des interfaces graphiques la mauvaise réactivité permet de trouver normal de devoir parcourir les menus presque au ralenti. En ligne de commande , comme tout va plus vite, on a parfois l’impression d’exigences plus élevées. Ce n’est pas le cas évidemment et si comme avec tout logiciel il faut un certain temps pour être à l’aise, il n’est pas nécessaire de le faire rapidement et d’envisager de tout connaître.

On va donc ici donner quelques manipulations simples pour s’en sortir au mieux. Ensuite, à chacun de rechercher les fonctions que son usage réclame. La maxime RTFM (read the fucking manuel) sera donc de mise.

Lorsque mutt est lancé avec l’option -y, on arrive directement sur les différentes boites aux lettres.

Relevons cependant quelques éléments pratiques qui pourraient poser des problèmes :

  • Pour effacer des messages, il suffit de les marquer de la lettre « D » en pressant la touche <d> sur le message sélectionné. C’est simple. Mais, il faut relever que quand le message est marqué « D », il n’est plus possible de le sélectionner. Annuler l’effacement semble donc problématique. La solution est de se positionner dans la liste des messages sur le message suivant en date qui n’a pas été effacé et de presser la touche <u>. Ainsi, le message effacé ne le sera plus.
  • Quand on lance mutt par la commande <mutt -y>, on obtient la liste des boîtes aux lettres. Quand on a choisi d’en consulter une et qu’on est sur la liste des messages qu’elle contient, pour revenir aux boîtes aux lettres, il suffit de presser la touche y.

Voici enfin une liste des équivalents claviers qui permettent de gérer au mieux vos mails :


? pour obtenir de l’aide

t pour modifier la liste des destinataires,
c pour modifier la liste des personnes en Cc,
b pour modifier la liste des personnes en Bcc,
s pour modifier le sujet,
e pour rééditer le message,
a pour attacher des fichiers au mail,
p pour accéder aux fonctions de cryptage et de signature de GnuPG (voir ci-dessous),
q pour annuler l’envoi du mail,
y pour envoyer le mail.
r pour répondre à l’expéditeur du mail sélectionné,
g pour répondre à l’expéditeur et aux autres destinataires du mail sélectionné,
Tab pour aller au mail non lu suivant,
v pour faire la liste des fichiers attachés d’un mail puis s pour les détacher et les enregistrer sur le disque dur,
h pour afficher/cacher le message avec tous ses headers,
f pour transférer le mail sélectionné à quelqu’un,
d pour marquer le mail comme devant être effacé,
u pour annuler le marquage d’effacement,
F pour marquer/démarquer le message comme important, i.e. afficher un point d’exclamation au niveau du message,

a pour ajouter ou éditer l’entrée de l’expéditeur du message dans le carnet d’adresse,

$ pour réactualiser la boîte mail (effacer les messages marqués comme devant être effacés et afficher les messages qui viennent d’arriver),
G pour aller directement à la liste des boites mails,
o pour trier les messages de la boîte mail : il propose alors le choix entre un tri par date, par expéditeur, par destinataire, par sujet, par discussion (tri normal), etc…
w pour mettre un flag sur un message : il propose alors une liste des flags (cela permet notamment de remettre un message comme non-lu en remettant le flag N),
W pour enlever un flag ; par exemple W suivi de N marque comme lu le message,

q pour quitter Mutt.

Pour ajourner un message, il faut l’enregistrer, soit :wq dans vi et ensuite utiliser la touche P. Attention, pas p minuscule, qui chiffre le message, mais sa majuscule. Pour le rééditer composez simplement un message avec la touche m et il vous sera demandé si vous voulez reprendre le message, voir vous seront présentés les messages ajournés à choisir.

8. Installer un shell particulier : zsh

Après avoir installé terminator, un émulateur de terminal, on peut vouloir utiliser un shell particulier, différent de bash. Nous allons voir ici comment installer et configurer quelque peu un autre shell que bash, le shell zsh.

Sous debian des paquets sont disponibles. Il s’agit de :

zsh zsh-common zsh-syntax-highlighting zsh-theme-powerlevel9k

qu’il faut installer avec apt-get.

Ensuite, on va installer un framework permettant de gérer la configuration de zsh :

sh -c "$(curl -fsSL https://raw.github.com/robbyrussell/oh-my-zsh/master/tools/install.sh)"

Cela va installer un fichier ~/.zshrc dans lequel il faut choisir le thème que nous allons utiliser : powerlevel9k. On le fait par :

echo 'source /usr/share/powerlevel9k/powerlevel9k.zsh-theme' >> ~/.zshrc

et on recharge le fichier de configuration de zsh :

source ~/.zshrc

Si cela ne devait pas fonctionner, une autre manière d’installer le thème powerlevel9k et de le rapatrier par :

git clone https://github.com/bhilburn/powerlevel9k.git ~/.oh-my-zsh/custom/themes/powerlevel9k

Puis d’installer les fontes powerline par :

apt-get install fonts-powerline

et d’indiquer l’utilisation du thème dans le fichier ~/.zshrc par :

ZSH_THEME="powerlevel9k/powerlevel9k"

tout en n’oubliant pas de re-sourcer ce fichier :

source ~/.zshrc

On peut ensuite installer la coloration syntaxique par :

git clone https://github.com/zsh-users/zsh-syntax-highlighting.git $(ZSH_CUSTOM:-~/.oh-my-zsh/custom)/plugins/zsh-syntax-highlighting

et en déclarant le plugin dans le fichier ~/.zshrc :

plugins=( ... zsh-syntax-highlighting ... )

Enfin, pour que les indications du shell ne se trouvent pas sur la même ligne que ce qu’on va taper, il faut réaliser un passage automatique de la ligne en ajoutant au fichier de configuration de zsh (~/.zshrc) la ligne suivante :

POWERLEVEL9K_PROMPT_ON_NEWLINE=true

Beaucoup d’autres possibilités de configuration sont possibles. Une introduction intéressante a été donnée dans le numéro 217 de Linux Magazine de juillet-août 2018.


Une petite parenthèse non liée à Zsh, mais très pratique est de configurer le shell pour une utilisation de type vi. Par défaut Zsh n’active pas le mode vi. Pour savoir si ce mode est actif, il suffit de taper :

set -o

Cela permet de voir les option du shell. Si vi est à on, il est déjà activé. Sinon, vous pouvez l’activer avec :

set -o vi

Après activation, il faut savoir que comme sous vi, deux modes existent :

  • le mode insertion et
  • le mode commande.

Pour passer de l’un à l’autre les touches ESC et i peuvent être utilisée. Pressez ESC pour passer en mode commande. Alors les touches j et k permettent la navigation dans l’historique. Pour revenir en mode insertion, pressez la touche i. Les touche I, A, … propres à vi sont actives.

Pour plus d’information voir l’excellent Programmation shell sous Unix/Linux sh, ksh, bash de Christine Deffaix Rémy, pp. 100-101.

Reste que le mode vi semble désactiver la recherche arrière par CTRL R et avant par CTRL S. Celle-ci étant indispensable, peut-être est-il plus sage de ne pas activer le mode vi.

4. Terminator pour la ligne de commande

Pour générer ses mails, naviguer, mettre de l’ordre dans ses fichiers et plus encore en ligne de commande, il faut un bon émulateur de terminal. Terminator est connu pour permettre une configuration très souple et particulièrement bien adaptée à un tel travail.

Je vais ici présenter l’essentiel de ce qui est nécessaire pour pouvoir travailler confortablement avec cet outil.

Après installation par la commande :

apt-get install terminator

il faut passer par le menu de configuration. On lance donc terminator par le menu et on choisit ses « Préférences » par click droit sur celui-ci.

Ensuite, dans le menu global, sous « État de la fenêtre : », on choisit « Maximisé ». Ainsi, terminator s’ouvrira en mode plein écran.

Puis, on change l' »Arrière plan » du « Profil » par « Défaut », pour le mettre en mode « Transparent » à 0.7, soit avec 30% de transparence.

Avec un écran relativement grand, on peut demander à terminator de créer trois émulateurs au démarrage. Pour cela, on commence par ajouter/scinder nos émulateurs à l’aide des options de « Division » du menu contextuel sous le click droit. On configure donc notre fenêtre terminator comme on l’entend. Puis, toujours dans les préférences, on enregistre cette disposition comme celle par défaut dans le menu « Dispositions ». Attention, il ne faut pas ajouter une disposition, mais simplement presser le bouton enregistrer alors que la configuration par défaut est sélectionnée.

Quelques commandes intéressantes :

  • Ctrl-L : efface la fenêtre, c’est-à-dire remet au haut de la fenêtre l’invite de commande. Mais vous ne perdez pas l’historique.
  • Reset : réinitialise le terminal. Vous effacez donc ici l’historique de la session.
  • Ctrl-Shift-E : divise verticalement la fenêtre.
  • Ctrl-Shift-O : divise horizontalement la fenêtre.
  • Alt-→ : donne le focus à l’onglet terminator de droite (← : de gauche, etc.).
  • Ctrl-Shift-P : focus sur l’onglet précédent (Previous).
  • Ctrl-Shift-N : focus sur l’onglet suivant (Next).
  • Ctrl-Shift-W : ferme l’onglet courant.

Et voilà, c’est simple, mais la configuration des dispositions peut s’avérer difficile par ajout. À vous de faire vos expériences.

5. Gérer ses fichiers en ligne de commande

Les navigateurs de fichiers utilisent des commandes texte pour permettre une gestion graphique des fichiers. Il est parfaitement possible de gérer ses fichiers directement dans un émulateur de terminal en ligne de commande pure. Entre les deux se trouvent Midnight Commander, mc pour les intimes, ou Ranger des gestionnaires de fichier en ligne de commande. Quelle différence avec une gestion directement dans la console ?

Midnight Commander

Fondamentalement, le principe de fonctionnement de mc repose sur sa présentation des fichiers dans deux volets gauche et droite. Il ne faut pas perdre cela de vue. Par ailleurs, en lieux et place de commandes texte, les touches F1, … ou même la souris prennent un rôle important.

En bas de la fenêtre, se trouvent des nombres correspondant chacun au touches F1, F2, … avec en regard un mot introduisant leur rôle. Par exemple, <1 Aide> fait comprendre que la touche <F1> permet d’obtenir l’aide. Ainsi aussi, <F2> donne accès à un menu permettant différentes opérations sur les fichiers, <F3> lance un visualiseur de fichier prédéfini, <F4> lance un éditeur de texte prédéfini sur le fichier sélectionné, <F5> copie un fichier d’un volet à l’autre (il faut au préalable sélectionner la destination dans le volet opposé à celui où est sélectionné le fichier), <F6> coupe colle un fichier sélectionné dans le volet opposé ou le renomme si on spécifie un autre nom, <F7> crée un répertoire, <F8> supprime un fichier ou un répertoire, <F9> bascule entre la barre de menu et les volets, <F10> permet de quitter les menus sélectionnés ou mc lui-même.
On peut aussi accéder à ces fonctions à l’aide de la souris.

Tout en haut, se trouvent les menus <Gauche>, <Fichier>, <Commande>, <Options> et <Droite> dont chaque élément est clairement décrit par son nom. C’est évidemment là que se trouvent les avantages de mc sur la ligne de commande pure.
Par exemple, dans le menu fichier se trouve un item «Chmod» permettant de modifier les droits des fichiers à la souris en cliquant simplement sur une liste très explicite.
Je vous laisse découvrir le reste.

Finalement, la ligne de commande est toujours accessible juste au-dessus de la barre des fonctions F1, …

Ranger

Il s’agit ici d’un gestionnaire de fichier remarquable par sa simplicité. Même s’il est configurable différemment, l’idée est de présenter l’arborescence à trois niveaux. Au centre, une colonne avec le répertoire dans lequel on se trouve, à gauche les fichier ou dossiers du répertoire supérieur et à droite ceux du répertoire inférieur. C’est tout. Aucun bandeau supplémentaire.

Pour agir sur les fichier ou dossiers sélectionnés, deux méthodes sont possibles :

  • une touche de fonction ou un équivalent clavier ou
  • la touche deux-points (:) qui donne un accès direct à la ligne de commande dans le répertoire de travail.

Dans le premier cas, il faut connaître les associations de touches-actions. Elles sont décrites dans le document ci-dessous fourni sur le site de Ranger.

Les touches spécifiques à Ranger

Quant à la seconde manière d’agir, elle nous relie directement au terminal et je ne vais pas décrire ici les commandes qui lui sont spécifiques.

Par contre, celle-ci permet d’accéder à des fonctions spécifique à Ranger. Un unique exemple suffira. Comment afficher dans Ranger les fichiers cachés ? Simplement en modifiant au vol la préférence du navigateur correspondant à l’affichage de ces fichiers. Pour cela, il faut passer en ligne de commande à l’aide de la touche deux-points (:) et écrire :

:set show_hidden true

:set show_hidden false

pour afficher ou cacher les fichiers cachés.

Il existe cependant un raccourci permettant de faire cela plus facilement :

CTRL h

Il s’agit d’une bascule : un pression et on voit les fichiers cachés, une autre et ils disparaissent

Reste à dire que Ranger dispose d’équivalents claviers qui ne dépayseront pas les utilisateurs de vi, ce qui est une très bonne chose.

Par exemple, pour couper/copier/coller des fichiers d’un répertoire à un autre, il suffit de les sélectionner avec la barre d’espace, puis pour les couper taper dd ou pour les coller taper yy, d’aller dans le répertoire de destination et de taper pp.

Pour choisir quel logiciel utiliser pour ouvrir un fichier, il suffit de presser la touche r et Ranger proposera tous les logiciels disponibles pour ce type de fichier dans un menu déroulant.

Ranger permet aussi de mémoriser un raccourci vers un dossier. Pour cela, il faut se placer DANS le dossier en question, c’est-à-dire qu’il doit se trouver dans la colonne de gauche et qu’on doit voir au milieu les fichiers qu’il contient. Ensuite, il faut presser la touche m suivie d’une autre touche. Par exemple : mz. La touche z sera alors associée au répertoire en question. Pour s’y rendre ensuite, il suffit d’utiliser l’apostrophe : ‘ ou ` de la manière suivante : ‘z. Ensuite, pour revenir directement au répertoire d’origine, il suffit d’utiliser deux apostrophes successifs (pas des guillemets  » !) :  ».

Pour configurer les applications par défaut lancées par ranger (mais vous pouvez toujours obtenir une liste d’applications pour le fichier sélectionné avec la touche r), il faut configurer le fichier ~/config/rifle.conf. Par exemple, pour lancer le visualiseur d’images en ligne de commande Feh, il faut déplacer la ligne :

mime ^image, has feh, X, flag f = feh -- "$@"

au haut des commandes de type mime ^image. Car, c’est la première commande qui est celle par défaut.On l’aura compris, pour lancer une commande ranger il faut taper deux-points (:) et pour lancer un programme directement dans la ligne de commande, soit on passe par une demande de shell à ranger :

:shell

soit on utilise le point d’exclamation (!).

Une application intéressante du ! est qu’on peut écrire :

:shell texmaker monfichier.tex &

car, l’ouverture d’un fichier avec r et un programme, ne détache pas celui-ci de ranger. Il est donc impossible de revenir à ranger en laissant le programme tourner en arrière plan. Quand on quitte ranger, le programme s’interrompt. Avec l’esperluette (&) de la commande précédente, on détache le programme (ici texmaker) de ranger et on peut continuer à utiliser ranger parallèlement.

Il est aussi intéressant de savoir qu’on peut ouvrir un fichier en root à l’aide du flag r :

:open_with r vim

et comme le raccourci pour :open_with est r, on pourrait écrire :

r r vim

De plus, on peut aussi ouvrir un fichier dans une nouvelle console avec le flag t :

:open_with t vim

Remarquez ici l’absence de tiret. Il aurait aussi été possible d’écrire :

:shell -t vim fichier

Enfin, une commande extrêmement pratique. Plutôt que d’utiliser r pour ouvrir avec un programme particulier un fichier, on peut utiliser l (la lettre l, comme lulu) pour ouvrir un fichier selon son extension. Ce qui est très intéressant, c’est que avec vim, le fichier s’ouvre directement dans le terminal dans lequel on a lancé ranger. Vim remplace donc provisoirement ranger et quand on le quitte on revient à ranger. C’est TOP.


Pour faire de vi l’éditeur de texte lancé par défaut depuis ranger, il faut simplement changer la variable d’environnement que ranger utilise par défaut pour savoir quel éditeur utiliser, dans votre ~./bash.rc ou 

export $EDITOR=vi

et si vous voulez le faire au niveau de ranger, remplacer $EDITOR par vi dans les lignes :

#mime ^text, label editor = ${VISUAL:-$EDITOR} -- "$@"
mime ^text, label editor = ${VISUAL:-vi} -- "$@"
#!mime ^text, label editor, ext xml|json|csv|tex|py|pl|rb|js|sh|php = ${VISUAL:-$EDITOR} -- "$@"
!mime ^text, label editor, ext xml|json|csv|tex|py|pl|rb|js|sh|php = ${VISUAL:-vi} -- "$@"

comme cela est fait ci-dessus (les lignes commentés par # sont les lignes originales).


Une option intéressante permet de présenter chaque répertoire autant de fois qu’il contient d’élément avec à chaque fois, après un slash, l’un de ses éléments. Cela augmente considérablement le nombre d’éléments, évidemment, mais permet de mieux voir le contenu. Il faut pour cela taper :

:flat 1

et pour revenir au mode normal :

:flat 0

Liens intéressant :

Ranger LE navigateur de fichier en mode terminal

https://www.digitalocean.com/community/tutorials/installing-and-using-ranger-a-terminal-file-manager-on-a-ubuntu-vps

6. Naviguer en ligne de commande

Le pas a réaliser pour se mettre à naviguer sur le net en ligne de commande est grand. Cela pour deux raisons. La première est qu’on imagine difficilement de le faire sans images. La seconde est que beaucoup de site ne sont clairement pas adaptés à ce type d’accès.

Pourtant, en ligne de commande, la navigation est si rapide qu’il est très agréable de le faire. J’aimerais ici montrer que bien souvent l’utilisation d’un autre type de navigateur est inutile. Dans un premier temps, il ne s’agit pas de se passer systématiquement d’un navigateur classique, mais de découvrir le réel plaisir qu’on peut avoir en ligne de commande. Nous aborderons plus tard les cas où cette navigation est assez difficile pour qu’un autre navigateur soit nécessaire.

Le navigateur que nous allons utiliser est Lynx. Pour l’installer, il suffit de faire un petit :

apt-get install lynx

Ensuite, pour lancer la navigation, on peut simplement écrire :

lynx www.duckduckgo.com

pour se rendre directement sur un site ou simplement lynx, sans arguments. Dans ce cas, il faut alors taper la lettre <g> pour pouvoir entrer une url et s’y rendre par un <return>.

La navigation est aisée en utilisant soit les flèches haut-bas pour se rendre dans un champ  de recherche, comme sur duckduckgo.com ou se déplacer dans des liens, soit la flèche gauche pour revenir à un moteur de recherche après la visite d’un site ou la flèche droite pour accéder au site à partir d’un lien.


Le premier point nécessaire à une utilisation efficace d’un navigateur est de disposer de signets.

Lynx dispose d’un mécanisme d’ajout de signets. Il suffit de presser la touche <a>. On a alors deux choix possibles :

  • la touche nous mène à ajouter l’url du document en consultation et
  • la touche nous mène à ajouter l’url du lien dans lequel se trouve le curseur.

Il suffit ensuite d’accepter ou de donner un nouveau nom au signet pour qu’il soit enregistré dans un fichier de signet unique. C’est le comportement par défaut avec le mode de multi-bookmark de lynx désactivé (OFF).

Mais il est possible d’activer deux modes permettant une gestion plus fine des signets. Il s’agit des modes STANDARD et ADVANCED.

Le choix de ces modes se fait dans les options de lynx. On se rend dans celles-ci en pressant la touche <o>. À la ligne :

Signets multiples : [OFF / STANDARD / ADVANCED]

on peut choisir le mode désiré.

En mode STANDARD, lynx offre l’accès à 26 fichiers de signets correspondant aux 26 lettres de l’alphabet. Chaque fichier doit avoir un nom et une url pointant vers lui. Pour les définir, dans les options il faut cliquer sur «Aller au menu signets multiples» en regard du texte «Revoir / Éditer les fichiers signets», puis choisir la lettre sous laquelle on veut le fichier et spécifier son nom, par exemple «Moteurs de recherche», et son url, par expemple, «./.signetsLynx/recherche.html». Le «./» est nécessaire si le(s) fichier(s) de signets est/sont dans un répertoire ici caché (.). Il n’est pas nécessaire de faire le fichier au préalable.

Alors, pour ajouter un signet, on procède comme dans le mode OFF, sauf qu’après l’ajout <a>, il faut spécifier la lettre du fichier de signets.

Je vous laisse découvrir par vous-même le mode ADVANCED.


Finalement, pour utiliser les signets, c’est la touche <v> qu’il faut simplement presser pour accéder à l’unique fichier de signets en mode OFF. On peut alors, en mode STANDARD, choisir les fichier des signets désirés en pressant la touche correspondante.

Voilà pour cette petite introduction à Lynx. Bonne navigation.

Mot de passe raspberry perdu

Si vous avez perdu le mot de passe de votre raspberrypi, voici une méthode pour le récupérer.

La première chose à faire est d’accéder au fichier :

/etc/passwd

en sortant la carte sd du raspberry et en la mettant soit dans un adaptateur sd-usb, soit directement dans un ordinateur permettant d’utiliser une carte sd.

On peut alors avoir accès aux trois partitions de la carte et trouver le fichier en question (en cherchant un peu).

Dans ce fichier, il faut trouver la ligne :

pi:x: ...

et effacer le x de la ligne (mais pas les : de chaque côté), de manière à obtenir :

pi:: ...

On a ainsi effacé le mot de passe demandé pour la connexion en ligne de commande du raspberrypi. Il faut bien entendu ne pas oublier d’enregistrer.

Puis on éjecte la carte sd, on la remet dans le raspberry et on le démarre.

Si c’est l’interface en ligne de commande qui apparaît, on peut alors se connecter directement sous le compte pi, sans mot de passe. Si c’est l’interface graphique qui apparaît, ce n’est pas possible. Il faut alors utiliser les touches <Ctrl><Alt><F1> pour obtenir l’invite en ligne de commande et se connecter sur le raspberry sous le compte pi, sans mot de passe.

Le mot de passe pour la ligne de commande est donc maintenant vide, mais pas celui permettant de se connecter graphiquement. Cependant, on est maintenant connecté en ligne de commande sur le raspberry. On peut donc maintenant utiliser l’utilitaire de configuration du raspberry en entrant :

sudo raspi-config

Il va alors apparaître différentes options en ligne de commande permettant la configuration du raspberry, dont le changement du mot de passe. En choisissant celle-ci et en entrant deux fois le nouveau mot de passe, on peut changer définitivement celui-ci.

Il suffit alors de quitter la console par un « exit », puis de retrouver l’interface graphique par <Ctrl><Alt><F7 ou F8> et vous connecter. Si la console grahique n’est pas présente, redémarrez simplement.

Voilà. En vous souhaitant bonne chance dans vos manipulations, enjoy.