Nomade des mers

Cet ouvrage est simplement fondamental. Il doit orienter nos vies.

Il est consacré au Low Tech et loin du discours porté sur ces technologies, il s’attarde à recenser des innovations au cœur même de celle-ci. C’est un travail d’ingénieur et il ne faut pas s’y tromper, c’est un énorme travail intellectuel. D’abord par la prise de conscience de leur nécessité, mais surtout parce que si les low tech consomment peu, sont particulièrement bien adaptés à leurs usages et respectent l’environnement, elles nécessitent un immense travail de réflexion préalable. Ce qu’on gagne en adéquation de l’objet avec sa fonction, on le « perd », mais ne faudrait-il pas plutôt dire qu’on le gagne, en temps de cerveau.

En réalité, si on peut s’imaginer que la démarche low tech nous pousse à une réflexion extrême, elle nous engage plutôt sur le temps de la réflexion. À l’opposé des nouvelles technologies qui prônent une idéologie de la vitesse, les low tech obligent à prendre le temps. La conséquence est simple, tout dans les objets fabriqués ainsi est plus adapté à l’Homme.

Lisez donc ce tour du monde de l’intelligence comme si vous faisiez un tour du monde de la connaissance humaine.

La contamination du monde : l’histoire de la pollution, contre histoire de l’industrialisation

Petit frère de :

Teechno-critiques Du refus des machines à la contestation des technosciences

il en est aussi la conséquence logique. Et l’histoire montre les même comportement des puissants, loin d’œuvrer à une industrialisation menant l’Homme dans le bonheur d’outils adaptés à ses besoins, qui contournent leur propres lois, discréditent la contestation ou disqualifient jusqu’aux pouvoirs publics, conscients des atteintes à l’environnement que représentent certaines pratiques industrielles, qui parfois s’opposent à eux.

Cela fait clairement penser à l’attitude des autorités suisse remettant à une fabrique de tabacs le soin d’évaluer la pollution due aux nanoparticules.

Un ouvrage encore une fois remarquable, qu’il est tout aussi indispensable de lire que sont grand frère.

La siliconisation du monde

« L’irrésistible expansion du libéralisme numérique »

C’est à une histoire du développement des idées et idéologies du numérique que nous invite l’auteur. Le réquisitoire est complet et extrêmement bien documenté et la culpabilité indéniable. Pourtant, malgré cette évidence, de telles analyses sont tellement à l’opposé des discours propagandistes actuels sur l’informatique qu’elle dessinent indirectement une opposition évidemment irréconciliable entre deux mondes.

À l’heure de la surveillance de masse, une histoire du développement des idéologies qui l’ont permise était absolument nécessaires et en faire le lien avec l’histoire des techniques permet de marquer clairement que la technologie n’est pas neutre.

Des proposition d’action sont faites en fin d’ouvrage, mais on peut regretter qu’un second tome ne leur soit pas consacré tant aujourd’hui il est nécessaire de stopper cette siliconisation galopante et d’en réduire l’impact environnemental, tout en adaptant nos technologies pour que l’Homme puisse en reprendre le contrôle.

Techno-critiques

« Du refus des machines à la contestation des technosciences »

Un ouvrage époustouflant qui brise l’idée même du progrès technique, mais surtout celle que son acceptation s’est faite naturellement. Évidemment les luddites sont mentionnés, mais on y apprend que de tout temps la contestation des machines a été non seulement présente, mais très active. On y apprends aussi comment les pouvoirs ont tout fait pour la contourner, pour la discréditer, voir pour la mater.

Évidemment cela éclaire d’un jour cruel l’avenir de nos propres contestations, contre le machinisme de la vitesse automobile, contre le machinisme informatique que les pouvoirs imposent avec tous les systèmes de télécommunications, comme la 5G par exemple.

C’est un ouvrage fondamental, qu’il est indispensable de lire, tout comme son petit frère du même auteur :

La contamination du monde : l’histoire de la pollution, contre histoire de l’industrialisation

L’empreinte digitale

« Culture humaniste et technologie »

L’outrance numérique est là. Ce beau petit ouvrage nous invite à revisiter la culture dans le nombre, serais-je tenté de dire. Les incroyables possibilités offertes pas la numérisation peuvent-elles être au cœur d’un humanisme ou sont-elles ontologiquement porteuse de déshumanisation ? L’auteur est linguiste et s’il comprend parfaitement l’intérêt qu’on peut porter aux langages informatiques, ne peut que s’interroger sur un tout numérique sans réflexion sur ses buts, sans critique de ses débordements.

Terre L’histoire de notre planète

Un superbe ouvrage des « Presses polytechniques et universitaires romandes ». Un thème qui peut paraître un peu bateau que le vaisseau spatial dans lequel nous nous trouvons. Mais, c’est le résumé d’une incroyable quantité de connaissances que constitue cet ouvrage remarquable. Tout y passe, de la physique à la biologie en passant par la géologie. Une telle quantité de connaissances aurait pu faire plonger ce livre dans l’indigestion de matières chacune à elle seule constituant un monde en soi. Mais, non, c’est avec ravissement qu’on parcourt des temps incommensurablement long pour l’Homme sans que les pages ne le soient.