32. Gestion du temps en ligne de commande

La mise-à-jour automatique de l’heure sur un ordinateur est tellement classique qu’on en oublierait qu’elle existe. Par ailleurs, justement puisqu’elle existe, pourquoi s’en charger ? Comme il existe un service (NTP) qui se charge de fournir l’heure à l’ordinateur, pourquoi ne pas le laisser faire ?

Si NTP est un service, il doit pour faire son office, utiliser des serveurs de temps disponible sur internet. Il est donc nécessaire que l’ordinateur ait accès au réseau. Si ce n’est pas le cas, l’heure ne sera pas mise à jour. Pour des ordinateurs comprenant une petite pile (la plupart d’entre eux) ou des smartphones constamment branchés sur la batterie, ce n’est qu’après beaucoup de temps que l’heure va prendre quelque retard, puis le quartz intégré à la machine permet aujourd’hui une précision importante.

Par contre, sur certains ordinateurs non munis d’une pile, comme le raspberrypi, si vous l’éteignez, l’horloge s’arrête. En le rallumant sans connexion, l’heure ne sera donc pas correcte.

Une distribution intéressante pour faire de l’astronomie avec un raspberrypi directement sur le télescope permettant d’utiliser la raspicam au foyer (avec un télescope comme le pikon, par exemple) est Astroberry. Cette distribution crée un point d’accès wifi permettant de mettre en place un VPN pour accéder au raspberrypi depuis un portable. Généralement, le réseau internet n’est pas disponible lors d’observations hors de chez soi (le réglage de l’heure via son smartphone ne sera pas abordé ici). Il est donc nécessaire d’effectuer un réglage manuel. Avec Astroberry, on peut le faire avec une interface graphique. Mais, Astroberry nécessite un raspberrypi 3 ou 4. Si on préfère un raspberrypi 0, consommant bien moins de ressources énergétiques (on peut utiliser raspivid sur TCP pour voir les images de la caméra sur un portable et raspistill pour faire les photos), il est nécessaire de s’y connecter via ssh, c’est-à-dire en ligne de commande. Ainsi, en astronomie, avec un raspberrypi 0, le réglage manuel de l’heure peut être nécessaire régulièrement.


Pratiquement, la gestion du temps passait il y a peu par les commandes suivantes permettant notamment de gérer l’accès à un ou des serveurs ntp :

date et ntpdate

Aujourd’hui, avec systemd, un autre outil permet ce type de réglages :

timedatectl

C’est un outil de systemd, à l’instar de systemctl, disponible avec celui-ci. Voici quelques commandes intéressantes :

Activation – désactivation du réglage automatique

timedatectl set-ntp false
timedatectl set-ntp true

Réglage de la zone

timedatectl set-timezone Europe/Zurich

Réglage de la date et de l’heure

timedatectl set-time 'A-M-J HH:MM:SS'
timedatectl set-time 'A:M:J HH:MM:SS'
timedatectl set-time 'A-M-J'
timedatectl set-time 'HH:MM:SS'

Configuration du serveur de temps dans le fichier de configuration /etc/systemd/timesyncd.conf

[Time]
NTP=
FallbackNTP=0.arch.pool.ntp.org 1.arch.pool.ntp.org 2.arch.pool.ntp.org 3.arch.pool.ntp.org/

puis réactiver ntp, comme vu plus haut.

Enfin, vous pouvez consulter les réglages en cours avec :

timedatectl status

Ce qui devrait vous retourner quelque chose comme :

Local time: lun 2021-08-23 08:50:33 CEST
           Universal time: lun 2021-08-23 06:50:33 UTC
                 RTC time: n/a
                Time zone: Europe/Zurich (CEST, +0200)
System clock synchronized: yes
              NTP service: active
          RTC in local TZ: no

Voilà. Timedatectl permet donc le réglage d’un client ntp.

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