Librem 5 et localisation

Je suis toujours en admiration vis-à-vis de la capacité de certains hommes à gérer la différence. Ici, il s’agit de différences linguistiques : la gestion des langues sur un système d’exploitation.

À priori, le problème est simple : on veut que son ordinateur ou téléphone parle comme nous. Prenons le français par exemple. On peut croire qu’il suffit d’indiquer à sa machine que notre langue est le français pour que tout soit réglé. Mais le problème n’est pas si simple. Voici ce que le Librem propose dans son panneau des préférences, sous « Pays et langue » :

Il y a non seulement la langue, mais divers formats, c’est-à-dire différentes variantes de la langue française. Ici on a la langue française avec une variante suisse (mais cela pourrait être du canadien, par exemple). Les variantes sont importantes non seulement pour des spécificités linguistiques, mais pour la gestion des claviers. Je dis « des », car non seulement la convergence va impliquer l’utilisation d’un clavier physique qui doit être correctement configuré (ici un clavier suisse romand : QWERTZ), mais aussi pour la configuration du clavier virtuel. Avec le Librem, pas moins de trois claviers virtuels sont nécessaires : le clavier suisse, le clavier français et un clavier virtuel dit de « Terminal » qui permet d’utiliser au mieux une console avec des flèches directionnelles et une touche « esc », notamment.

Dès le départ, le Librem demande la configuration de la langue. Or, le problème que j’ai rencontré est qu’après avoir spécifié le français suisse, j’ai voulu retirer l’anglais. Ce fut une mauvaise idée, puis alors toutes les langues qui m’étaient connues ont soudainement disparu. Ce genre de bugs est classique et il peut être difficile d’y remédier sous Android par exemple. Sous PureOS, les commandes propre à un système d’exploitation tels que Debian, permettent de le faire sans difficultés en reconfigurant les locales. Ainsi, un très classique :

sudo dpkg-reconfigure locales

permet de re-générer les locales souhaitées et de spécifier la locale principale (ici le français suisse en UTF8 : fr_CH-UTF8). Mais pour sélectionner les locales au clavier, encore faut-il savoir qu’un clavier de terminal est disponible à gauche de la touche d’espace du clavier virtuel. De plus, non seulement il faut bien savoir qu’il ne faut pas supprimer l’anglais, mais pas non plus le français, car le clavier virtuel suisse romand ne dispose pas de caractères accentués, pour une raison encore inconnue.

Une fois cela fait, il faut finalement ne pas oublier de mettre le clavier suisse romand tout en haut des sources de saisie et qu’il est possible qu’il se déplace parfois vers le bas lors d’un redémarrage.

Tout cela ne fut pas bien problématique pour moi qui suis habitué à régler ces problèmes en ligne de commande, mais cela peut constituer une difficulté pour un néophyte. Une fois tout cela bien configuré, il faut reconnaître que les claviers virtuels sont agréables, ni trop grands ni trop petits, qu’on ne peut rapidement plus se passer du clavier du terminal et qu’en mode de convergence (voir l’article éponyme) le clavier physique fonctionne parfaitement. Relevons aussi que le clavier du terminal et présent par défaut et qu’il est très convainquant, contrairement aux différents claviers de terminaux sous Android qui embarquent quasiment tous des traceurs et sont souvent peu praticables. Par contre, évidemment le swipe n’est pas au rendez-vous.

Laisser un commentaire