L’invention des déchets urbains

Un ouvrage d’une qualité remarquable. Non seulement par le sérieux de son contenu, mais par l’importance de son sujet.

Le début du XIXe siècle est caractérisé par l’absence de la notion de déchet en raison d’une vision incroyablement écologique du cycle des matières qui, étant alors essentiellement organiques, sortent de la ville pour y revenir par les comestibles.

Ce cycle est brisé par l’apparition des engrais chimiques qui vont remettre en question l’utilisation des matières rejetées par la ville en direction des champs. La résistance à cet abandon du recyclage existera durant la fin du siècle et le début du suivant. Mais le cercle sera rompu essentiellement par un changement de vision du cycle écologique des matières biologiques au profit d’un cycle intégrant une dégradation de celles-ci vers des déchets minéraux.

On y apprends aussi l’histoire du papier à travers les chiffonniers et la dégradation progressive de leur conditions de travail par l’apparition des poubelles et celles beaucoup plus récentes des décharges, des incinérations et des stations d’épurations.

La conclusion fait le point de ce que ces histoires devraient permettre de remettre en question dans notre façon de voir les déchets humains et urbains et elle montre l’aveuglement qui est caractéristique de notre époque.

C’est un ouvrage exceptionnel de clarté, de mise en lumière, d’importance qui n’est semble-t-il malheureusement (et on peut imaginer pourquoi) plus édité. N’hésitez donc pas à vous le procurer en bibliothèque, car il contient des informations qui vont certainement changer votre vie.

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