L’ordre de l’argent

Un livre fondamental où la critique de l’argent mène à questionner fortement sa nécessité dans un monde où il est roi. Histoire et philosophie de la notion d’argent sont présentées pour montrer que l’argent, loin de rassembler les gens, rompt le lien social qu’un échange sans son intermédiaire crée. C’est pour ne pas devoir rendre qu’on paie et c’est donc pour s’éviter un retour social qu’on le fait. L’argent en tant que tel joue donc un rôle majeur dans le développement de l’individualisme actuel.

D’autres pistes sont évoquées, comme le troc. Mais c’est surtout «le don comme fait social total» qui est mis en avant, comme il se pratique au sein de la famille où il ne viendrait à personne (bien que) de payer la maîtresse ou le maître de maison pour faire à manger. «L’ordre de l’argent» montre qu’il est tout à fait envisageable de généraliser le don comme créateur d’un lien social plus important que la capitalisation de monnaie.

On peut donc s’en passer pour autant que les conditions de vie soient garanties. Mais elles ne doivent pas l’être par l’argent et en ce sens le revenu inconditionnel n’est pas une bonne idée, bien qu’il puisse être une garantie provisoire d’existence, le temps de permettre à chacun de retrouver un lien avec la production de comestibles pour son propre usage et à donner.

Il n’est pas illusoire de pratiquer ainsi. Au moins deux initiatives sont à souligner dans ce domaine : le mouvement des incroyables comestibles et celui des logiciels libres qui tout deux donnent inconditionnellement ce qu’ils produisent. Et dans les deux cas, on sait l’immense création de lien social que ces mouvements ont amenés.

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