Présentation du Librem 5

Introduction

Cet article inaugure une série d’articles consacré au Librem 5, le téléphone de la société Purism (https://puri.sm/products/librem-5/) brièvement décrit sur Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Librem_5.

Il s’agit d’un téléphone libre, utilisant le système d’exploitation PureOS, un dérivé direct de Debian. Je l’ai reçu le 17 mars 2021, après une prè-commande de 3 ans. Il est intéressant de souligner ce fait, par comparaison avec le taux de changement des téléphones qui est de cet ordre de grandeur et celui des ordinateurs qui est aujourd’hui un peu plus long, sans l’être beaucoup plus. Cela n’a pas été un problème pour moi étant donné que le contenu et les objectifs du projet étaient évidemment bien plus important que l’immédiateté de la possession.

Hardware

La première impression fut que ce téléphone était lourd. Mon téléphone précédent est un Fairphone 2 tournant sous /e/OS dont l’écran est plus petit et il est bien plus léger. Ma femme ayant un Fairphone 3 d’une grandeur comparable au Librem 5, comparaison faite, les deux sont aussi lourds. Du point de vue de la forme, de la masse et de la taille, le Librem 5 est donc très semblable à un Fairphone 3.

Un important problème est rapidement survenu. La batterie étant chargée à moins de 20%, j’ai voulu le mettre en charge immédiatement. Or, malgré une nuit complète, il a été finalement totalement déchargé. Après avoir testé différents câbles USBC, je me suis résolu à tester le chargeur fourni. Impossible de le faire fonctionner. C’est en utilisant l’alimentation de mon Raspberrypi que le Librem s’est mis à charger. Malgré une alimentation à 3 ampères, il a fallu une autre nuit pour qu’il soit totalement chargé.

Là se sont arrêtés mes problèmes de hardware. Mais j’ai pu constater alors que des problèmes liés à la batterie pouvaient exister et que plusieurs méthodes de résolution sont évoquées dans la documentation : https://docs.puri.sm/

Software

Venons-en maintenant à la saga des problèmes logiciels. Je ne dis pas « saga » par ironie, car pour moi le chemin est plus important que le but et j’espère que cette saga va continuer tant j’apprécie être confronté à toute sorte de défis techniques.

Avant toute chose, il faut bien comprendre ce qu’est le Librem. L’immense majorité des téléphones fonctionnent aujourd’hui sous Android. Même si le noyau est linux, Android utilise Java pour fonctionner. Or, Java est lourd et souvent inutile. Le Librem est un téléphone très original, car il se passe de Java. Au même titre que le Raspberrypi, le Librem fonctionne sur ARM nativement. De plus, ce téléphone est vraiment libre. Le pilote de sa carte graphique est par exemple libre, ce qui n’est pas la moindre des choses. Enfin, il est l’héritier de la branche Debian des distributions linux. Cela signifie qu’on a accès à l’ensemble des logiciels prévus pour Debian, Mint ou Ubuntu. Cela en fait un téléphone au potentiel exceptionnel. Reste qu’il n’est pas facile de reporter tout cela sur un téléphone, surtout du point de vue des interfaces graphiques dont les dimensions sont très souvent prévues pour de plus grands écrans et du point de vue de l’interaction tactile. En effet, quand un logiciel s’adapte correctement à l’écran d’un téléphone, cela ne veut pas dire que le clique droit ou que l’appui long soit correctement implémenté. Beaucoup de problèmes de ce type restent donc à régler. Mais, remarquez que même si ceux-ci ont été et sont encore nombreux, le résultat est déjà aujourd’hui largement supérieur à mes attentes, surtout avec la « Convergence » (possibilité d’utiliser mon téléphone comme un ordinateur normal) et je suis enchanté de mon investissement.

Conclusion

Le librem 5 n’est pas un téléphone à mettre entre toutes les mains, car il faut une bonne expérience de linux et de la ligne de commande pour affronter les principaux problèmes qui se présentent encore. Si l’objectif est l’utilisation de ce téléphone uniquement comme tel, un Fairphone avec /e/OS est bien plus adapté à l’heure actuelle. Par contre, pour en faire un véritable ordinateur de bureau qui soit simultanément un téléphone, il est déjà très réussi.

Dans la suite des articles que je vais consacrer au Librem 5, je vais aborder les principaux problèmes que j’ai rencontrés, ce qui permettra de mettre en évidence les faiblesses actuelles du téléphone qu’il faut bien évidemment reconnaître, mais aussi les point forts de l’ordinateur et de son système d’exploitation PureOS.

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