Vidéo conférence – violation de domicile

J’écris ce petit billet pour faire part de mon immense étonnement face à la ruée du monde enseignant vers les vidéoconférences pour établir un travail d’enseignement à distance pendant le confinement dû au covid.

Jusqu’à présent, j’ai pensé que le domicile était pour chacun un lieu protégé du regard d’autrui, sauf en cas de circonstances si exceptionnelle qu’un juge devait statuer pour délivrer un mandat d’investigation à des policiers tenus de rendre des comptes quant à leurs fouilles.

À l’annonce de la nécessité d’un enseignement à distance, beaucoup d’enseignants ont décidé de donner des leçons en imposant clairement aux élèves le devoir d’utiliser la vidéo et cela, en période de confinement, dans leur domicile et plus particulièrement dans leur chambre. Certains on même demandé de photographier celle-ci. Tout cela avec la bénédiction implicite des départements de l’instruction publique.

Or, non seulement les outils utilisés, comme Zoom, Skype ou Team, sont des logiciels au code fermé dont aucune garantie de confidentialité n’est donnée, à part la parole de leur propres développeurs, mais leur utilisation étant faite sous l’autorité des enseignants, on peut se demander dans quelle mesure il est possible pour des enfants, des adolescents pour lesquels il est déjà difficile d’échapper à la participation à des réseaux sociaux utilisés par leur camarades, de s’opposer à une autorité scolaire qui s’introduit ainsi dans leur foyer.

Pour moi, la réponse est clairement qu’il ne leur est pas possible de refuser. Et non seulement l’élève ne peut le faire, mais sa famille non plus. Est-il normal qu’un enseignant puisse clairement écouter ce qui se passe dans une famille, se rendre compte des discussion qui s’y déroulent, des propos qui peuvent à tort ou à raison être tenu par chacun et plus encore, s’introduire dans l’intimité de la chambre d’un enfant ou d’un adolescent ?

Il est piquant de constater que des enseignants clamant haut et fort avant le covid la nécessité du respect de la vie privée, ne voient rien à redire à l’obligation qu’il donnent à leurs élèves d’utiliser la vidéo. Car, prétendre qu’ils ont le choix n’est pas honnête.

Pour moi, l’utilisation de logiciels de vidéo-conférence, libres et à plus forte raison propriétaires, est clairement une violation de domicile sans aucune justification.

Car il est totalement possible de réaliser un enseignement à distance sans utiliser la vidéo. De plus des logiciels respectueux des données de connexion ou des messages échangés par leur biais avec les élèves existent, le plus connu étant Moodle.

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