Réparation

Réparer, re-parer, être à nouveau paré pour continuer à fonctionner. Ce n’est jamais revenir à l’état antérieur.
Pour une machine, changer une pièce qui lui permet de retrouver sa fonction ne signifie pas la remettre en l’état précédent puisque introduire une nouvelle pièce la fragilise de l’incertitude amenée par son histoire. Elle est peut-être plus fragile que la précédente. Mais surtout changer signifie jeter l’ancienne. Faire un déchet.
Pour un logiciel, réparer, debuger, enlever le bug, à l’évidence ne signifie pas revenir en arrière, au contraire. C’est évoluer vers mieux semble-t-il. Mais est-ce vraiment le cas ? Car réparer, re-parer, c’est aussi, plus souvent que pour la machine, redonner du lustre, aller plus loin que la réparation, mettre à jour, augmenter les fonctionnalités. Cela dans le temps et la version.
Pour une personne, le temps s’impose. La matière, vivante, aussi. Temps et matière vivante effacent la version et empêchent aussi le retour à l’original, la réparation véritable. On ne répare jamais totalement une fracture, on garde toujours la trace d’une humiliation.
Autant en informatique que dans l’enseignement, on ne répare rien. On évolue. Une sauvegarde limite les dégâts, un redoublement en fait.

Une réflexion sur “Réparation

  1. Ton billet est intéressant parce qu il souligne le paradoxe de l’approche ou l’on cherche à la fois à baliser et en même temps à libérer les pratiques : jolie injonction paradoxale ! La pratique des blogs ne rentrent pas dans les petites cases pédagogiques qui rassurent et qui butent sur les paradigmes qui la sous-tend ! C’est pas compliqué : tout est à ré-imaginer !

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