La fin de l'éducation

La fin de l’éducation ? Commencements …

Un livre extraordinaire. Au cours d’une carrière d’enseignants, on comprend petit à petit que l’éducation apprend essentiellement aux élèves à obéir. Des sentiments confus, des étonnements, une conscience progressivement plus claire de ce que l’éducation en-classe les élèves dans les préjugés des enseignants, les rend dépendant des maîtres, ne les autonomises pas, appraîssent avec l’expérience de l’enseignement. Ce livre en expose les raisons si clairement qu’on a l’impression qu’il met des mots sur ces sentiments.

« De nos jours, dans le monde entier, l’éducation tend vers chaque fois plus de contrôle : d’avantage de tests, d’examens et de certifications. Il semble que, de plus en plus souvent, ce soient même l’évaluation et la certification qui déterminent l’enseignement. »

Ce n’est pas normal. L’éducation par la contrainte ne fait rien apprendre, elle éduque. Apprendre c’est tout autre chose. C’est vivre.

Les briseurs de machines

Les briseurs de machines

Trop d’ingénieurs pensent la technique innocente. Ce livre montre au contraire à quel point elle est fortement liée avec l‘éthique et la politique. Rarement discussion sur les enjeux des techniques n’a aussi clairement montré qu’on ne peut les concevoir ailleurs qu’au centre des politiques de tout temps.

La technique n’est pas innocente.

De tout temps des gens ont osés dire qu’ils n’étaient pas d’accord avec la production même de certaine techniques. Ce livre leur rend hommage.

Histoire

Un nombre très important de parcours scolaires s’expliquent bien par l’histoire et les conditions de vie des élèves. Autrement dit par le contexte dans lequel ils se trouvent. Cela semble évident. Pourtant si le « il ne veut rien faire » s’entend souvent, le « il ne peut rien faire » ne l’est jamais.

Parcours scolaires … comportements, attitude face aux disciplines et très probablement bien plus jusqu’à la compréhension des matières, tout est fondamentalement lié aux expériences de vie des élèves.

La physique montre clairement que les modèles aristotéliciens redoutablement efficaces dans la vie courante imprègnent profondément les conceptions physiques des élèves à tel point qu’ils refusent de les remettre en question. Pourquoi en serait il autrement ailleurs ?

Aucun élève ne « veut rien faire ». Tous veulent bien faire, chacun dans un contexte différent.

Le difficile travail de l’enseignant est donc de faire évoluer ce contexte dans la tête de l’élève et surtout pas de le dévaloriser car il est très efficient. Personne ne peut dévaloriser la pensée de Newton, parce que la relativité en a montré les erreurs. Il faut remarquer sa pertinence et simplement souligner ses limites.

Encore faut-il connaître ce contexte. Pour cela, les parents sont une aide inestimable. Pas seulement pour les comportements, mais dans les matières mêmes, par l’intermédiaire de leurs passions. Ils doivent être intégrés à tous les niveaux de l’enseignement et pas comme faire valoir ou justificatif autoritaires des sanctions prises par les autorités scolaires. Mais au coeur même de l’enseignement. Ils ne le sont pas. Ils doivent l’être. C’est difficile, mais nécessaire.

Enseignement à distance

Une faible proportion d’enseignants utilisent vraiment des moyens informatiques autres que le traitement de texte. Même les présentations sur un beamer sont relativement rares.

Mais sont-elles vraiment nécessaires, direz-vous ? Qu’apportent à elles de plus qu’un tableau noir ?

Pour les arts visuels, elles offrent certainement un plus lié à la gestion des images. De même que pour l’astrophysique ou la géographie où les images sont vecteurs d’informations essentielles.

Dans l’enseignement, il existe beaucoup de types de vecteurs d’informations : les cours ou polycopiés dans lesquels se trouvent des exercices, des liens ou images de référence, des tests formatifs, des vidéos, des fichiers de modèle de tous types, des événements avec date et résumé ou compte rendu …

La plupart du temps l’accès à ces informations n’est pas garantie, ni en contenu, ni en tout temps. Par exemple, certains enseignants refusent tout simplement de donner leurs corrigés ou les donnent après un certain temps ou oublient de le faire. Les élèves quant à eux les perdent, les prêtent sans les récupérer, ne les ont pas au bon moment … Sauf à ne pas les donner, aucun reproche n’est à faire, le constat est simplement là d’une réelle difficulté d’accès pérenne à l’information.

L’une des solutions à ce problème est l’utilisation d’un système d’enseignement à distance. Mais, l’outil fait peur au corps enseignant. Comment peut-on penser enseigner à distance ? Est-ce vraiment faisable ?

Pourtant, sans aucunement prétendre remplacer l’enseignant, un tel système peut l’aider considérablement. Car remettre des cours et exercices aux élèves, les retrouver pour ceux qui les ont égarés, rappeler les liens vers une documentation pertinente déjà citée, rappeler toute forme d’échéance oubliée et parfois contestée par les élèves, se remémorer soi-même ce qu’on a déjà distribué, etc, ne sont pas les tâches les plus intéressantes qu’un enseignant doit réaliser. On peut en faire le reproche aux élèves de devoir les répéter sans cesse, mais si on ne veut pas un jour devoir s’en faire le reproche pour soi-même, il faut admettre déléguer ces taches à un système qui va les prendre en charge à notre place.

Et alors, au contraire de perdre une partie de la maîtrise de son
enseignement, cela nous permettra d’avoir plus de temps pour mieux le réaliser.

L’un des systèmes particulièrement bien abouti, très stable, libre, gratuit et utilisé par de très nombreuses écoles, du secondaire aux Écoles Polytechniques en passant par l’Université permettant la mise à disposition automatique et pérenne des informations évoquées ci-dessus se nomme Moodle. Passé quelques temps d’apprentissage de l’outil, il devient une aide incontournable pour tout enseignant un peu curieux.

Informatique au lycée

Le canton de Neuchâtel vient de prendre la décision d’exigences supplémentaires par rapport aux autres branches pour le français, l’allemand, les mathématiques et l’option spécifique, revenant ainsi sur les décisions liées à la nouvelle maturité.

Pourquoi ces branches ? Elles sont très importantes direz-vous. En tout cas bien plus que l’informatique, domaine dans lequel beaucoup d’enseignants et visiblement de politiques brillent par des compétences plus que minimales. Au lycée, l’informatique n’est à la plupart jamais enseignée. Et ne parlons pas d’informatique dans les branches, car si on en tiens compte, on pourrais ne plus enseigner le français pour lui-même. Avec la langue natale, l’informatique est aujourd’hui la branche qui sera la plus utile aux élèves.

Deux périodes par semaine pendant deux ans pour quelques élèves, il s’agit de l’option complémentaire, c’est totalement insuffisant !

Vus les enjeux, ce sont non seulement une option spécifique d’informatique, mais aussi des cours de discipline fondamentale dans cette branche qui sont absolument nécessaires.