Informatique millionnaire

Les services gérant l’informatique du canton de Neuchâtel ont demandé un crédit de 50 millions de francs suisse pour se moderniser.
Dans un canton en pleine crise financière qui demande à tous ses autres services de restreindre leur dépenses, c’est tout simplement incroyable.
D’autant plus incroyable que le canton refuse de prendre en compte les économies potentielles liées à l’utilisation de logiciels libres, comme l’abandon de MicrosoftOffice au profit de LibreOffice à l’école primaire ainsi qu’au secondaire où il est totalement inutile.

Les conséquences de cet impôt informatique inique sont nombreuses. Discrètement, on diminue le nombre de classes au lycée par exemple, on remet en question la formation à plein temps dans les écoles techniques où on pousse les élèves dans les entreprises en formation duale, on restreint le nombre d’élèves admis, etc. Alors que l’attaque financière contre le département de l’instruction publique est très importante, l’informatique se permet un énorme crédit.

Incontestablement, l’informatique (d’une multinationale monopolistique) remplace des fonctionnaires et notamment des enseignants. Le résultat en est une diminution du nombre d’élèves ayant accès aux études, ce qui constitue une politique clairement élitiste. On peut dire alors que Microsoft disqualifie.

Parallèlement à cela, l’immense ignorance en informatique des fonctionnaires, enseignants compris, leur font prendre ces dépenses presque comme une fatalité naturelle. Beaucoup sont tout simplement incapables de remettre en question les choix faits, tant ils ignorent que d’autre possibilités existent. Certains se refusent à faire ce qu’ils demandent à leurs élèves, évoluer vers d’autres outils quelque peu différents et beaucoup moins onéreux.

On est loin de réactions ludittes contre les machines, mais tout de même le raz le bol est là. Mais certainement l’histoire officielle retiendra une grogne incompréhensible contre le « progrès » sans vouloir comprendre qu’une mécanisation au seuls profit des classes dirigeantes et au mépris des hommes ne peut être admise.