11. Flux RSS en ligne de commande

Les flux RSS (Really Simple Syndication) sont un incroyable moyen d’obtenir de l’information à jour à partir des sites internet. De plus, cette information est totalement épurée, puisque aucune publicité, aucun traceur, aucun cookies voir, en ligne de commande, aucune image n’est fournie. Seul le texte compte. Cela ne signifie pas qu’aucune image ne soit disponible (avec beaucoup d’agrégateurs de flux RSS avec interface graphique, les images sont disponibles) puisqu’on peut en demander l’affichage, mais c’est un acte volontaire.

Ainsi, ce type d’outil est-il parfaitement en adéquation avec une informatique basée sur le texte et la ligne de commande.

Je vais donc vous présenter ici un agrégateur en ligne de commande. Il se nomme : newsbeuter. Pour l’installer, un simple :

apt-get install newsbeuter

suffira.

Il faut ensuite préciser inscrire les flux RSS pour newsbeuter. L’installation n’a pas créé chez moi de fichiers de configuration. Il faut donc d’abord créer un répertoire caché qui va contenir ces fichiers :

mkdir ~/.newsbeuter

où ~ est le répertoire personnel et le . signifie qu’il est caché.

Ensuite, on crée deux fichiers. Le premier est une copie du fichier de configuration principal situé dans /etc/newsbeuter. Il se nomme config et contient par défaut :

browser sensible-browser

Pour le créer, on peut utiliser vi.

Ce fichier de configuration permet de définir les couleurs utilisées, par exemple. Malheureusement aucun fichier par défaut n’est fourni. Il faut pour le remplir se reporter à la documentation :

https://newsbeuter.org/doc/newsbeuter.html

Puis, on crée de la même manière, toujours dans le répertoire caché newsbeuter le fichier urls, qui va contenir une adresse de flux par ligne. On peut le créer en ligne de commande, de la manière suivante:

touch urls && echo "https://www.journalduhacker.net/rss\nhttp://feeds.feedburner.com/CarfreeFrance" > urls

où touch crée le fichier urls, && s’assure que la commande touch s’est bien passée, echo fournit un texte que le chevron > place dans urls. Relevez que le texte contient deux adresses de flux qui doivent se situer sur deux lignes différentes dans urls. C’est la raison de la présence du retour de ligne \n entre ces adresses. Enfin, le chevron > remplace le texte qui se trouve dans urls par celui fourni par echo. Pour l’ajouter à des adresse éventuellement déjà présentes, il faut utiliser à la place le double chevron >>.

Voilà, ceci fait, tout est ensuite très simple. Il suffit de lancer newsbeuter dans la console :

newsbeuter -r

La présence de l’argument -r signifie qu’on demande à newsbeuter de rafraîchir le flux au lancement de l’application. Si cela n’est pas désiré, il suffit de le retirer.

Newsbeuter vous présente alors la liste des flux auxquels vous vous êtes syndiqués. Cette liste présente ce qu’on appelle des fils. En les sélectionnant, vous verrez apparaître les messages à la manière de Mutt.

Voici une liste de touches utiles :

  • A : pour marquer tous les messages d’un fil comme lu,
  • C : pour marquer tous les fils comme lu,
  • D : pour les supprimer,
  • ? : pour une aide sur les touches (attention, l’aide est différentes en fonction des modes dans lesquels on se trouve : liste des fils, messages d’un fil ou lecture d’un message,
  • N : pour basculer un article entre lu/non lu.
  • o : pour ouvrir l’article dans le navigateur sans marquer l’article comme lu,
  • O : pour ouvrir l’article dans le navigateur en marquant l’article comme lu,
  • / : ouvrir la recherche,
  • u : Afficher les URLs dans l’article en cours

Tout cela (et d’autres) est très bien indiqué au bas de la fenêtre.

Il est aussi possible de mettre des tag aux articles. En pressant la touche CTRL-E, on fait apparaître une entrée nommée « Drapeaux » en bas de l’écran. On peut alors taper jusqu’à 52 caractères qui constitueront chacun un tag (attention ces tags seront triés et visibles dans l’article ; il n’est donc pas possible de mettre par exemple « important » car les drapeaux seront « aimnoprt »). Ensuite, on peut, dans le fichier de configuration de newsbeuter (~/.newsbeuter/config) attribuer une couleur à l’article en fonction d’un tag en particulier de la manière suivante :

heighlight-article "flags =~ \"i\"" red black

pour que l’ensemble des articles taggués important, avec la lettre i, apparaissent en rouge sur fond noir.

Voilà une très belle application de flux, simple, élégante et efficace. Merci à leurs auteurs.

12. La musique en ligne de commande

Différentes solutions sont disponibles pour écouter de la musique en ligne de commande.

L’une d’entre elle est très connue, il s’agit de mpd. C’est un serveur de fichiers audio qu’il faut coupler avec un client, comme ncmpcpp. En disposant d’un serveur sur lequel tourne mpd, il est alors possible d’écouter de la musique à partir d’un autre ordinateur ne disposant que de ncmpcpp,

Cette solution est cependant plus complexe à mettre en œuvre que celles que je vais décrire ci-dessous et que j’ai découvertes après.

Il s’agit de Cmus et de Moc.

Cmus

L’installation est simple :

apt-get install cmus

Ce qui est un peu compliqué n’est pas la configuration, mais c’est trouver un petit tuto de démarrage. Voici celui que j’ai trouvé sur le site même de cmus :

cmus-tutorial

le site officiel de cmus étant :

site officiel

Ces ressources étant en anglais, je vais faire une petite introduction ci-dessous.

Pour lancer cmus, rien de plus simple que la commande éponyme :

cmus

Vous êtes alors mené à l’écran suivant :

mais absolument vide de toute chanson.

Il faut savoir à ce moment là que les chiffres de 1 à 7 sont des onglets. En voici la liste :

  1. Vue arborescente (c’est le mode présenté à la figure ci-dessus)
  2. Ensemble des pistes
  3. Playlistes
  4. La queue de lecture
  5. Navigateur de fichier
  6. Filtres
  7. Aide

Pour commencer immédiatement, avant de vous jeter sur l’aide (ce qui est un bon réflexe), rendez-vous dans le navigateur de fichiers (pressez la touche 5). Puis, naviguez avec les flèches jusqu’à votre répertoire de musique. Quand vous êtes dessus (pas à l’intérieur), pressez la touche a, qui permet d’ajouter l’ensemble des chansons qui se trouvent dans le répertoire (vous pouvez aussi utiliser cette touche sur un seul fichier). Presque rien ne se produira alors puis le curseur (mise en évidence du répertoire) passera simplement au suivant. Mais en arrière plan, les chansons seront ajoutées (en fait cmus mémorisera seulement leur emplacement, il n’y touchera pas et ne les dupliquera pas). Pour voir si tout s’est bien passé, pressez la touche 1 ou 2 et il devrait maintenant y avoir des éléments.

Ensuite vous pouvez lancer la lecture d’un morceau avec la touche Enter. Mais il faut savoir que pour l’arrêter, c’est la touche v qu’il faut utiliser, au cas ou vous auriez lancé le morceau à fond pendant une discussion avec des amis :-)). Pour lancer la lecture, c’est la touche x qu’il faut utiliser.

La navigation dans les morceaux se fait à l’aide des touches b, pour jouer le suivant, et z, pour jouer le précédent. La touche c permet de mettre en pause/reprendre la lecture.

Attention, la notion de suivant n’est pas celle de suivant dans la liste de la fenêtre de la librairie (touche 2), mais le suivant dans la queue de lecture (touche 3). Pour mettre un morceau en queue de lecture, il faut le sélectionner dans la librairie et presser sur la touche e.

Ensuite la gestion de la queue de lecture se fait dans la fenêtre accessible par la touche 4. Pour monter un morceau dans la queue, il faut utiliser la touche P et pour le descendre la touche p. Pour le supprimer de la queue, il faut utiliser D.

Remarquez que la queue de lecture se vide progressivement. N’y son affichés que les morceaux qui vont être joués. Même celui qui est en train d’être joué n’y figure pas.

Sur la figure ci-dessus, en bas à droite se trouvent six zones. Sur cette figure, seules les trois premières sont ici notées, car les quatre dernières ne sont présentes que si l’élément qui correspond est enclenché. S’il ne l’est pas, il n’est pas présent. À partir de la gauche de ces zones, soit sur la figure où il est noté « all from library » voici la description des indications données :

  1. avec la touche m, vous pouvez basculer de « all from library » -> « artist from library » -> « album from library ». Ces trois choix vont définir comment cmus va poursuivre la lecture.
  2. un séparateur : |
  3.  C : spécifie si, après la lecture d’un morceau, il faut ne plus rien faire ou continuer (C). L’indication C signifie que la lecture va continuer. Pour spécifier l’arrêt, il faut supprimer ce C en pressant SHIFT-C (la touche majuscule suivie de C). En mode librairie, s’il y a une file d’attente, il va passer au morceau suivant dans celle-ci. En mode play-liste, c’est dans celle-ci qu’il va passer au morceau suivant.
  4. F : signifie (Follow) qu’il faut simplement prendre le morceau suivant sur la liste.
  5. R : signifie (Repeat) qu’à la fin de la liste de lecture, cmus va continuer selon l’indication donnée au point 1. En mode library, s’il y a une file d’attente, il ne va pas répéter la fille d’attente qui s’efface progressivement, mais passer à la fin de celle-ci au morceau suivant de la librairie et à la fin la recommencer. Par contre, en mode play-liste, il va répéter la play-liste.
  6. S : signifie (Shuffle) que cmus va choisir aléatoirement un morceau dans la liste de lecture.

La gestion des play-listes est quelque peu complexe. Tout d’abord, il faut savoir que dans la première zone en bas à gauche se trouve le mode de lecture des morceaux, comme expliqué ci-dessus au point 1. Mais, en pressant SHIFT-M, on bascule du mode lecture à partir de la librairie (from library) au mode de lecture à partir de la play-liste (playlist). Le basculement se fait aussi quand on presse ENTER sur l’une des play-liste.

Je vous laisse découvrir le reste avec la documentation jointe et surtout avec la touche d’aide (le chiffre 7).

https://github.com/cmus/cmus/blob/master/Doc/cmus-tutorial.txt

Attention, il faut bien comprendre que cmus reste attaché au terminal et qu’en conséquence, quand vous tuez la commande en cours par Ctrl-c par exemple, ou que vous quittez le terminal, cmus s’arrête. Ne lancez pas cmus avec l’esperluette à la fin, car vous n’auriez plus l’interface disponible. Mais, il existe d’autres possibilités de faire passer en arrière plan des processus … À bon entendeur et pour vous aider :

https://github.com/cmus/cmus/wiki/detachable-cmus

Moc

Ce logiciel est encore plus simple à utiliser que cmus. Il s’installe très simplement de manière très classique sous Debian :

apt-get install moc

Il se lance d’une manière moins évidente :

mocp

À partir de là vous êtes devant la fenêtre suivante :

Le logiciel moc

L’apparence de l’interface étant importante, sachez d’emblée que si vous tapez la touche T, vous accéderez à une liste d’apparence différentes, dont la possibilité de mettre moc en mode de transparence permettant de voir votre fond d’écran à travers lui.

Moc vous présente vos répertoires dans la liste de gauche. Pour lancer la lecture d’un morceau, il suffit de le sélectionner et de taper ENTER. Pour l’arrêter, un s minuscule suffit.

À droite se trouve la playliste. Pour la remplir, il suffit d’y ajouter des morceaux avec la touche a minuscule. Pour lancer la playliste, il faut simplement utiliser la touche tabulation pour passer du panneau de gauche vers celui de droite et vice-versa.

C’est presque tout, car moc est si simple que cela pourrait suffire. Mais évidemment beaucoup d’autres options sont disponibles comme vous pourrez vous en rendre compte en lisant la page de manuel :

man mocp

Mais, suivant l’excellent article qui m’a fait découvrir moc : https://chispa.fr/sima78/index.php?post/2020/12/10/Ecouter-sa-playlist-depuis-un-terminal-avec-Moc, voici les principales commandes :

  • Tab : pour passer de l’explorateur de fichier à la playliste,
  • ENTER : pour lancer un morceau ou entrer dans un répertoire,
  • a : pour ajouter un fichier à la playliste,
  • A : pour ajouter un répertoire à la playliste,
  • C : pour vider la playliste,
  • V : pour sauvegarder la playliste au format m3u,
  • n : pour jouer le morceau suivant,
  • b : pour jouer le morceau précédent,
  • p : pour mettre en pause ou reprendre un morceau,
  • s : pour stopper la lecture,
  • R : pour activer/désactiver le mode de répétition,
  • S : pour activer/désactiver le mode de lecture aléatoire (Shuffle),
  • T : pour sélectionner l’une ou l’autre des apparences disponibles,
  • q : pour quitter l’interface en poursuivant la lecture et
  • Q : pour quitter l’interface en arrêtant la lecture.

Ce qui est intéressant, c’est aussi le mode d’interaction avec Moc quand on a quitté l’interface avec la touche q, c’est-à-dire sans interrompre le serveur de musique. En effet, on peut par exemple mettre en pause par :

mocp -P

Reprendre la lecture (annuler la pause) par :

mocp -U

et utiliser d’autres arguments comme :

  • -f pour jouer le morceau suivant,
  • -r pour jouer le morceau précédent,
  • -i pour des informations sur le morceau en cours,
  • -help pour l’aide et
  • -x pour stopper moc.

Finalement, sous Debian 10, il faut remarquer que le répertoire de configuration de moc, soit :

~/.moc

ne contient pas de fichier de configuration. Pour démarrer moc en mode transparent, par exemple, sans devoir préciser le thème en argument de mocp, un fichier nommé « config » doit se trouver dans .moc. Pour le trouver, il m’a fallu télécharger moc à l’adresse du lien ci-dessous, y trouver config.example.in et le copier dans ~/.moc en changeant son nom par « config ». Puis, il suffit de décommenter la ligne :

XTermTheme = transparent-background

Enfin le site officiel : http://moc.daper.net/

Mémoires vives

Edward Snowden, « l’homme qui a tout risqué pour dénoncer la surveillance globale » est un homme à qui j’aimerais serrer la main et dire « Respect ». Non seulement son histoire est incroyable, son courage hallucinant, mais dans ce livre, il nous prouve qu’il y a derrière son action une réflexion très approfondie sur la surveillance de masse et surtout sur les valeurs qui la définissent.

Son livre est aussi intéressant, car il montre la genèse de son action, comment progressivement des doutes se sont immiscés en lui et les efforts qu’il a fallu pour en reconnaître la valeur. Tout en étant l’histoire d’une vie (bien heureusement pas encore terminée), son récit est une philosophie. Il nous permet de voir, au-delà des techniques d’espionnage, l’esquisse du monde de demain et c’est effrayant.

Caldav-sync sur Fairphone

Un tout petit article pour préciser qu’il est possible de synchroniser ses contacts entre un Fairphone et un NAS Synology.

Sur Synology, si CardDAV Serveur est installé, chaque utilisateur dispose d’un calendrier prédéfini. Or, l’adresse qui permet de le récupérer via l’application Carddav-sync sur le Fairphone, n’est pas évidente.

Sur le Fairphone, après avoir installé Carddav-sync et l’avoir lancé, il suffit de mettre comme serveur (si le nom du synology est déclaré sous familyds.org, par exemple) :

monsyno.familyds.org:8443/addressbooks/users/nomutilisateur/
ou
monsyno.familyds.org:8443/addressbooks/users/nomutilisateur/addressbook

et de renseigner les nom d’utilisateur et mot de passe demandés.

Enfin, dans les contacts, il faut activer le compte Caldav et la synchronisation se fera sans problèmes.

14. Images en ligne de commande : planche de contact

Une fois de plus, la ligne de commande permet de faire des choses extraordinaires.

Pendant longtemps, j’ai cherché des soft permettant de réaliser des planches de contact. Il s’agit de mettre des photos de petites tailles en lignes et colonnes sur une feuille. Pendant un certain temps, Photoprint fut le logiciel que j’ai utilisé pour cela. Il était bien construit et faisait bien ce qu’on lui demandait. Malheureusement, il a disparu des dépôt sous Debian. D’autres existent certainement. De plus, il est possible de réaliser cela directement au niveau de l’impression, même si la taille des vignettes ne peut être fixées si on veut en répartir plusieurs sur la même page.

Ainsi, je me suis tourné vers Image Magick, outils en ligne de commande extraordinairement complet.

Les exemples officiels
La page des montages

Je vais ici présenter un exemple très simple. Il s’agit de mettre quatre images de 2.2×2.2cm en carré sur au milieu d’une page.

Tout d’abord, il faut préparer les images en les réduisant à la bonne taille. On peut le faire avec Image Magick, mais ce n’est pas mon propos.

Ensuite, dans le répertoire contenant les images, il suffit de lancer :

montage image1.jpg image2.jpg image3.jpg image4.jpg -mode Concatenate -tile 2x2 planche.jpg

Le résultat est tout aussi parfait que la simplicité de l’expression ci-dessus.

Planche de vignettes

Nomade des mers

Cet ouvrage est simplement fondamental. Il doit orienter nos vies.

Il est consacré au Low Tech et loin du discours porté sur ces technologies, il s’attarde à recenser des innovations au cœur même de celle-ci. C’est un travail d’ingénieur et il ne faut pas s’y tromper, c’est un énorme travail intellectuel. D’abord par la prise de conscience de leur nécessité, mais surtout parce que si les low tech consomment peu, sont particulièrement bien adaptés à leurs usages et respectent l’environnement, elles nécessitent un immense travail de réflexion préalable. Ce qu’on gagne en adéquation de l’objet avec sa fonction, on le « perd », mais ne faudrait-il pas plutôt dire qu’on le gagne, en temps de cerveau.

En réalité, si on peut s’imaginer que la démarche low tech nous pousse à une réflexion extrême, elle nous engage plutôt sur le temps de la réflexion. À l’opposé des nouvelles technologies qui prônent une idéologie de la vitesse, les low tech obligent à prendre le temps. La conséquence est simple, tout dans les objets fabriqués ainsi est plus adapté à l’Homme.

Lisez donc ce tour du monde de l’intelligence comme si vous faisiez un tour du monde de la connaissance humaine.